Test - Revosim de Nacon : l'écosystème sim racing qui se cherche encore
Un volant direct drive 9 Nm, une boîte hybride, un frein à main et une collaboration Aston Martin : Revosim a tout d'un écosystème complet. Mais à quel prix, et surtout pour combien de temps ?
Le sim racing est un marché qui ne cesse de s'élargir, et avec lui, le nombre d'acteurs proposant du matériel de plus en plus accessible. Dans ce contexte, Nacon a lancé Revosim, sa propre gamme dédiée à la simulation automobile, construite autour d'une base à retour de force de 9 Nm en direct drive.
L'écosystème, initialement limité à un bundle base-volant-pédalier, s'est depuis enrichi d'une boîte de vitesses hybride, d'un frein à main à cellule de charge, d'une pédale d'embrayage et d'un kit de personnalisation développé en partenariat avec l'écurie Aston Martin Aramco de Formule 1. Sur le papier, la promesse est celle d'un ensemble cohérent, pensé pour couvrir tous les styles de conduite, du circuit au rallye.
Nous avons pu tester l'ensemble de la gamme Revosim dans sa configuration la plus complète : le bundle RS Pure (base, volant, pédalier frein-accélérateur), la pédale d'embrayage, le shifter hybride, le frein à main load cell, ainsi que le kit de personnalisation Aston Martin Aramco avec les palettes carbone et les gants de pilotage. Ce test porte donc sur l'intégralité de l'offre actuelle.
Ce qu'on a aimé
La qualité de construction, sans compromis visible
Le premier contact avec le bundle RS Pure ne laisse aucune ambiguïté : la base pèse lourd, et pas par accident. Entièrement construite en aluminium, elle dissipe efficacement la chaleur générée par le moteur direct drive, ce qui évite la surchauffe lors de longues sessions. Le volant standard de 30 cm se fixe sur la base par un mécanisme de verrouillage rapide, et sa surface en cuir synthétique perforé procure une bonne prise en main.
Les pédaliers frein et accélérateur sont eux aussi en métal brossé, et résistent sans broncher aux coups de freins appuyés. La résistance des pédales est modulable grâce à des élastomères interchangeables fournis en trois duretés différentes.
Côté accessoires, la boîte de vitesses affiche la même rigueur : peinture noire mate épaisse, châssis intégralement métallique, aucun jeu perceptible dans la structure principale. Le frein à main reprend ce même niveau de finition, avec un grip solide et un boîtier en aluminium massif.
Un retour de force convaincant sur les titres compatibles
Avec ses 9 Nm de couple, la base RS Pure délivre un retour de force qui change réellement la manière d'appréhender la conduite simulée.
Sur les titres ayant bénéficié d'une implémentation SDK dédiée (F1 23, F1 24, F1 25, Assetto Corsa Competizione, iRacing entre autres), les informations transmises par le volant sont précises et immersives : passage sur un vibreur, perte d'adhérence, résistance en virage serré.
Ces sensations améliorent concrètement la lecture de la piste et, sur le long terme, la régularité de conduite. Le retour de force se configure via l'application PC ou l'application mobile connectée en Bluetooth, ce qui permet des ajustements à la volée depuis le téléphone, même en cours de session.
La boîte hybride : un shifter qui fait le travail en mode H
Le Revosim Hybrid Gearbox, vendu à 299,90 €, propose neuf positions (huit rapports et une marche arrière) commutables entre mode H et mode séquentiel via un simple bouton latéral, sans démontage ni manipulation fastidieuse.
En mode H, les verrouillages sont fermes et précis, avec un côté mécanique bien marqué qui renforce l'immersion. La dureté du levier est réglable via une vis Allen accessible sans démontage.
Deux pommaux sont fournis d'origine : un en aluminium massif et un avec revêtement mousse, adaptés respectivement au mode H et au mode séquentiel. Une bague de protection empêche les passages accidentels en marche arrière ou en 7e/8e rapport. Le switch H/séquentiel, comparé au système de tirettes latérales de la concurrence (notamment chez Fanatec), s'avère nettement plus pratique au quotidien.
Le kit Aston Martin : une personnalisation bien pensée
Le kit de personnalisation Aston Martin Aramco est proposé à 129,90 € sans gants et 149,90 € avec. Il comprend le cerclage de volant F1 de 30 cm en caoutchouc, des palettes de changement de rapport en fibre de carbone, un capot central magnétique aux couleurs de l'écurie, des inserts décoratifs pour la base, des touches de remplacement colorées et un set de stickers d'identification. L'installation ne requiert qu'une clé hexagonale incluse et une dizaine de minutes. Le capot magnétique se retire et se repositionne sans outil, et dissimule proprement les vis de montage.
Le volant F1 offre une prise en main différente du cerclage standard : les deux poignées positionnées à 9h et 15h, combinées à une rotation limitée à 180°, le rendent particulièrement adapté aux jeux de circuit. Les boutons essentiels (ERS, bias de freinage) restent accessibles au pouce sans modifier la position des mains.
Les gants, en matière suédée sur la paume et respirants au dos, sont compatibles avec les écrans tactiles, ce qui permet d'interagir avec l'application dashboard sans les retirer.
Un écosystème cohérent en termes de connectivité
Tous les accessoires (frein à main, boîte de vitesses, pédale d'embrayage) se connectent soit directement à la base via des câbles RJ12 dédiés, soit de façon autonome en USB-C sur le PC, ce qui offre une flexibilité appréciable pour les configurations sans base Revosim. Le frein à main dispose également d'une pince de table incluse dans la boîte, contrairement à de nombreux concurrents qui la vendent séparément.
Les options de fixation rigide sont également nombreuses : trous M6 pré-filetés, rainures compatibles avec des profilés 80/20, deux clamps fournis pour la boîte de vitesses. Le logiciel PC est clair, centralise les mises à jour matérielles et logicielles, et permet la gestion des courbes d'axe pour le frein à main et l'embrayage, ainsi que le throttle blip automatique à la rétrogradation, une fonctionnalité rarement intégrée directement dans le logiciel d'une base.
Ce qu'on n'est pas sûrs d'avoir aimé
Les palettes carbone : vraiment plus réactives, ou juste plus jolies ?
Le kit Aston Martin inclut des palettes de remplacement en fibre de carbone, présentées comme une évolution par rapport aux palettes métalliques d'origine.
Nous avons eu la nette impression d'un retour plus vif, d'une réponse plus franche à chaque changement de rapport. Mais objectivement, aucune mesure ne permet de le confirmer : le capteur est identique, la course mécanique aussi. Il est tout à fait possible que ce ressenti soit un effet placebo lié au toucher différent du matériau et à la satisfaction visuelle d'avoir de "vraies" palettes carbone entre les mains.
À ce stade, nous posons la question sans pouvoir y répondre.
Le mode séquentiel du shifter : convaincant avec le bon pommeau
En mode séquentiel, la boîte se comporte différemment selon le pommeau utilisé. Avec le levier long fourni, le débattement est important et le ressenti trop souple, ce qui nuit à la précision des rétrogradations rapides.
En revanche, avec le pommeau rond standard, le mode séquentiel retrouve une bonne tenue : les retours sont clairs, le côté mécanique est présent. La plage de réglage de la dureté a cependant une limite : si on serre trop la vis Allen, le levier finit par bloquer en position basse ou haute en séquentiel et ne revient plus automatiquement. Il faut donc doser, ce qui réduit la marge de personnalisation vers le haut de la plage.
En résumé : le mode séquentiel fonctionne bien, mais uniquement avec le pommeau rond, et avec un réglage de dureté maintenu en deçà du maximum.
Un logiciel PC qui demande un peu de patience
Une fois installé, le logiciel PC nécessite parfois un ou deux redémarrages avant de reconnaître correctement le matériel connecté. Le logiciel lui-même est fonctionnel et clair, mais il est minimaliste : les options de réglage sont limitées à l'essentiel, sans profondeur particulière pour les utilisateurs souhaitant affiner finement leur configuration. Rien de rédhibitoire, mais un parcours d'installation qui mériterait d'être simplifié pour les nouveaux venus.
La compatibilité console : pas encore là
À ce jour, la gamme Revosim est exclusivement compatible PC (Windows), Android et iOS. Une compatibilité avec les consoles (PlayStation et Xbox) est annoncée pour de futures bases, mais aucune date n'est communiquée. Pour les sim racers souhaitant utiliser Revosim sur console, c'est donc un investissement à reporter, ou à reconsidérer en fonction de l'évolution de la gamme.
Ce qu'on a moins aimé
Le frein à main : trop mou, quels que soient les réglages
C'est probablement le point qui déçoit le plus dans cet écosystème.
Le frein à main RS Pure Load Cell est vendu 179,90 €, positionné donc comme un produit intermédiaire sérieux. Son capteur à cellule de charge supporte jusqu'à 150 kg, sa construction est solide, et le changement des élastomères ou du ressort se fait sans outil grâce au capot magnétique.
Mais dans les faits, que ce soit avec le ressort d'origine, l'élastomère souple ou l'élastomère ferme inclus dans la boîte, le frein à main reste trop mou.
On peut le tirer à fond avec deux doigts sans rencontrer de résistance significative. Ce manque de fermeté contraste directement avec le feeling solide de la poignée en aluminium, et rend l'accessoire peu convaincant pour le rallye ou le drift, précisément les usages qui justifient son achat.
Les détrompeurs de la boîte en mode H : une imprécision qui surprend
En mode H, la boîte de vitesses donne globalement satisfaction, mais un défaut de conception gêne régulièrement : les canaux de guidage (détrompeurs) sont trop courts. Concrètement, le levier n'est guidé que dans la toute dernière partie de sa course, ce qui laisse un jeu important en milieu de déplacement.
Le résultat : en voulant passer rapidement de la 2e à la 3e, on attrape la 5e. Cela demande une adaptation consciente de la conduite, et une certaine douceur dans les passages de rapports, ce qui va un peu à l'encontre de l'immersion recherchée, surtout en session de rallye où on a naturellement tendance à claquer les vitesses.
La bague de protection des rapports extrêmes : une finition perfectible
La bague qui condamne l'accès à la marche arrière et aux 7e/8e rapports est elle aussi en métal, ce qui est positif sur le principe. Mais elle présente un léger jeu dans sa fabrication, et vibre de façon audible et perceptible à chaque passage de rapport.
Ce n'est pas un claquement mécanique agréable, mais plutôt un cliquetis parasite qui rappelle une pièce mal ajustée. Le phénomène s'amplifie en mode séquentiel. Ce bruit n'empêche pas d'utiliser la boîte, mais il dérange sur le long terme et détonne avec le niveau de finition global du produit.
L'absence de quick-swap entre cerceaux de volant
Le passage du cerclage standard au cerclage Aston Martin F1 nécessite de dévisser les six vis de fixation du moyeu, d'installer le nouveau cerclage, puis de revisser l'ensemble. Cela prend quelques minutes avec la clé hexagonale fournie, mais ce n'est pas un échange à la volée.
Pour un utilisateur qui alterne entre des jeux de circuit (où le volant F1 est adapté) et des jeux de rallye ou de camion (où il ne l'est pas du tout, sa rotation limitée à 180° étant un handicap réel), l'absence d'un mécanisme de quick-swap magnétique ou par simple pression est un frein pratique concret. D'autres constructeurs proposent des systèmes d'échange en quelques secondes sans outil.
Un écosystème propriétaire dans un contexte financier préoccupant
C'est le point qui demande le plus de transparence vis-à-vis des acheteurs potentiels. Nacon, maison mère de Revosim, a déclaré sa cessation de paiements le 25 février 2026. Le Tribunal de commerce de Lille Métropole a ouvert une procédure de redressement judiciaire le 2 mars 2026, et quatre filiales du groupe ont à leur tour déposé leur bilan le 23 mars. À ce jour, aucun repreneur n'a été annoncé publiquement pour la branche Revosim.
Ce contexte est d'autant plus important que l'écosystème Revosim est entièrement propriétaire : les accessoires ne communiquent nativement qu'avec la base RS Pure, les mises à jour firmware dépendent logiquement de Nacon, et le SDK nécessaire aux studios pour implémenter correctement le retour de force est distribué par l'entreprise.
En cas de liquidation ou de rachat sans reprise de l'activité logicielle, les produits continueraient probablement à fonctionner dans leur état actuel, mais sans évolution, sans support et sans garantie de compatibilité avec les futurs jeux. C'est un risque réel, difficile à ignorer pour un investissement qui peut facilement dépasser les 700 à 1 000 €.
Crache ton vroum-vroum, Myrhdin
Revosim est un écosystème qui, dans ses grandes lignes, tient ses promesses matérielles. La base direct drive 9 Nm est solide, le retour de force est convaincant sur les jeux compatibles, la boîte de vitesses se défend honorablement en mode H, et le kit Aston Martin apporte une couche de personnalisation visuelle et ergonomique appréciable pour les amateurs de F1. Ce n'est pas du matériel de façade.
Mais "tenir ses promesses" n'est pas suffisant pour un écosystème qui demande un engagement financier conséquent et qui présente, au stade actuel, des lacunes que ses concurrents ont depuis longtemps résolues : un frein à main trop mou pour les usages auxquels il est destiné, des détrompeurs de boîte qui demandent une adaptation de conduite, une gestion du retour de force en retrait sur les jeux sans implémentation SDK. Et surtout, une maison mère en redressement judiciaire, dont l'avenir reste incertain au moment où nous écrivons ces lignes. On souhaite de tout notre coeur que l'activité puisse continuer au regard duu premier jet encourageant des équipes, mais on a aussi conscience des réalités économiques actuelles.
Si vous cherchez un premier vrai volant direct drive avec un bon rapport qualité-prix et que vous jouez exclusivement sur des titres figurant dans la liste des compatibilités officielles, le bundle RS Pure mérite d'être considéré. Mais si vous envisagez l'écosystème complet avec frein à main et boîte, il est difficile, en toute honnêteté, de recommander l'investissement sans mentionner ce contexte. Plusieurs alternatives existent, sur du matériel plus mature, de marques dont la pérennité est moins incertaine. Nacon et ses équipes ont fait un travail sérieux. C'est d'autant plus dommage.
Ce test a été réalisé par Myrhdin avec un produit fourni par le constructeur. Sa rédaction n'est le fruit d'aucune transaction financière entre le rédacteur ou JeuxOnLine et le constructeur ou les entreprises le représentant.
| Activités | concepteur de produits électroniques |
|---|---|
| Création |
2014 (France) |
| Pays d'origine | France |
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14:24
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8 avril 2026
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6 mai 2025
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6 mai 2025
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16 juillet 2024














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