Test - Netgear Nighthawk M7 Pro : la 5G en vadrouille
Dans le train, en ville ou loin des antennes, le Nighthawk M7 Pro promet une connexion mobile rapide et endurante. Nous l’avons utilisé dans des conditions variées, avec des résultats parfois très éloignés de la fiche technique.
Il y a des produits dont l’intérêt se comprend mieux une fois qu’on en a besoin. Un routeur mobile fait partie de ceux-là : dans un train, un logement qui attend encore la fibre ou un bureau où le Wi-Fi partagé rame, avoir son propre réseau peut changer la journée. Le Netgear Nighthawk M7 Pro MR7450 veut tenir ce rôle, en réunissant modem 5G, Wi-Fi 7 et batterie amovible dans un boîtier qu’on peut emporter. Il ne s’agit pas simplement de partager la connexion du téléphone : le routeur devient un point d’accès autonome, capable de relier plusieurs appareils sans monopoliser le smartphone.
La proposition est ambitieuse, et la fiche technique aussi. Le modem Qualcomm Snapdragon X75 prend en charge la 5G Sub-6 et la 4G LTE. Netgear avance un débit descendant maximal de 6 Gbit/s, à comprendre comme un plafond théorique dépendant notamment du réseau de l’opérateur, de l’agrégation de porteuses et de la réception. Ce n’est pas le débit qu’on doit s’attendre à mesurer dans son salon ou dans un train. En pleine zone urbaine, nous avons relevé jusqu’à 620 Mbit/s en téléchargement et 120 Mbit/s en envoi. Dans la campagne bretonne, loin des antennes, les performances étaient nettement plus faibles.
À cette connexion mobile s’ajoute un réseau Wi-Fi 7 tri-bande, sur les fréquences 2,4, 5 et 6 GHz. Le M7 Pro peut accueillir jusqu’à 64 appareils, avec un débit théorique de classe BE5800 et des canaux pouvant atteindre 320 MHz sur la bande 6 GHz. Ces chiffres décrivent les capacités du réseau local, pas une promesse de débit Internet : si la liaison 5G est lente, le Wi-Fi 7 ne peut pas la rendre miraculeusement plus rapide. La bande 6 GHz est en outre réservée à un usage intérieur, et son activation dépend de l’alimentation secteur.
Le boîtier carré mesure 105 × 105 × 21,5 mm et pèse 280 g avec sa batterie. Il se transporte sans difficulté dans un sac, mais le mot « mobile » ne signifie pas ici « aussi discret qu’un téléphone ». On le pose sur une table, près d’une fenêtre ou sur une tablette de train, plutôt qu’on ne l’oublie dans une poche. L’écran tactile LCD de 2,8 pouces permet de consulter la connexion et de régler les fonctions courantes. Pour aller plus loin, on peut utiliser l’interface Web. L’appareil possède aussi un port Ethernet 2,5 Gbit/s, un port USB-C et deux prises d’antenne externe TS9.
Ce qu’on a aimé
Une vraie connexion de travail, à condition d’être au bon endroit
En zone urbaine, nos pointes à 620 Mbit/s en téléchargement et 120 Mbit/s en envoi donnent une idée du potentiel du M7 Pro quand le réseau suit. À ces vitesses, une visioconférence, le transfert de fichiers volumineux ou le travail sur des documents partagés ne posent pas de problème particulier.
Dans un logement temporaire, le routeur peut alimenter plusieurs appareils, sans obliger chacun à passer par un partage de connexion téléphonique. Il a aussi l’avantage de pouvoir être placé au meilleur endroit pour capter le réseau, par exemple près d’une fenêtre, tandis que l’ordinateur reste installé à son poste.
Mais dès qu’on quitte les zones bien couvertes, le résultat change : au milieu de la campagne bretonne, nos débits étaient nettement inférieurs.
Dans les transports, un réseau à soi plutôt qu’un Wi-Fi public aléatoire
Le train est un bon rappel de ce qu’un routeur mobile peut apporter, mais aussi de ce qu’il ne contrôle pas. Le réseau cellulaire traverse des zones de couverture inégale, et les débits fluctuent au fil du trajet.
Le M7 Pro peut basculer entre 5G et 4G selon ce qui est disponible ; tant que le signal reste exploitable, il fournit un réseau Wi-Fi privé pour l’ordinateur et le téléphone. Dans les situations de déplacement où le Wi-Fi public est absent; risqué, instable ou saturé, cette indépendance est appréciable.
La qualité du service reste toutefois liée à l’opérateur et aux antennes le long du parcours : le routeur ne crée pas de couverture là où il n’y en a pas.
Une meilleure séparation entre le téléphone et les autres appareils
Avec un partage de connexion, le téléphone fait à la fois office de modem, de routeur et d’appareil personnel.
Le M7 Pro décharge le smartphone de ce rôle et crée un réseau commun pour l’ordinateur, la tablette ou d’autres équipements. Cette séparation évite de garder le téléphone sollicité pendant toute une journée de travail et permet de laisser le routeur à un emplacement favorable à la réception.
Le constructeur annonce jusqu’à 64 appareils connectés, même si un usage courant en mobilisera beaucoup moins (typiquement pour nous, on en a rarement dépassé 5 - 2 laptops, 2 téléphones et un hypotétique autre appareil de divertissement). Pour plusieurs appareils professionnels, ou pour un logement temporairement dépourvu de connexion fixe, cette capacité donne de la marge.
Une connectique adaptée
Le port Ethernet 2,5 Gbit/s est un vrai plus pour un routeur mobile. Il permet de relier un ordinateur ou un autre équipement par câble, ce qui peut être utile quand on veut éviter une liaison Wi-Fi ou intégrer le M7 Pro à un réseau existant.
Le port USB-C sert notamment à l’alimentation et au partage USB. Enfin, les deux connecteurs d’antenne TS9 permettent de brancher des antennes externes dans les situations où la réception intérieure est médiocre : comme de coutume, elles ne sont pas fournies et coûtent leur pesant de cacahuètes.
Cette connectique est plus proche de celle d’un équipement réseau sérieux que d’un simple hotspot de poche. Elle ne garantit pas une meilleure connexion à elle seule, mais donne davantage de possibilités pour adapter l’installation.
Un écran tactile qui évite de sortir l’ordinateur pour chaque réglage
L’écran couleur de 2,8 pouces rend le routeur moins opaque qu’un boîtier sans interface. On peut consulter son état et accéder rapidement aux réglages courants directement depuis l’appareil.
La configuration initiale est simple : on insère une carte SIM ou on active l'eSIM propriétaire proposée par Netgear, on vérifie les paramètres du réseau Wi-Fi, puis le routeur se connecte au réseau mobile. Pour l’administration plus détaillée, l’interface web reste disponible. Nous avons également utilisé l’application mobile sans difficulté.
L’écran, l’application et l’interface web donnent donc plusieurs portes d’entrée, selon ce qu’on souhaite régler.
Une batterie remplaçable, et des résultats qui racontent mieux l’usage que la promesse
La batterie de 5 040 mAh est amovible. Ce détail compte davantage sur un appareil mobile que sur un routeur de bureau : on peut remplacer la batterie ou en emporter une seconde plutôt que de chercher une prise dès que la charge faiblit.
Netgear annonce jusqu’à 13 heures, mais nos mesures ont varié avec les conditions de réception : environ 8 heures au milieu d’une zone isolée, 10 heures dans un petit village et 12 heures en ville. Le chiffre de 13 heures reste donc un maximum annoncé, pas une durée à prendre comme acquise partout.
Le routeur peut aussi fonctionner branché en USB-C, ce qui le rend utilisable comme connexion fixe temporaire sans dépendre de la batterie toute la journée.
Ce qu’on n’est pas sûrs d’avoir aimé
Les 6 Gbit/s sont un plafond de laboratoire, pas une attente raisonnable au quotidien
Il y a une grande différence entre le maximum théorique du modem et un débit mesuré sur un réseau mobile réel.
Pour approcher les 6 Gbit/s annoncés, il faudrait réunir une couverture particulièrement favorable, des bandes compatibles, l’agrégation de porteuses adéquate et une antenne peu chargée. Nos 620 Mbit/s en téléchargement sont déjà un bon résultat en ville, mais restent très loin de ce plafond.
La baisse observée dans la campagne bretonne rappelle que la réception et l’infrastructure locale pèsent davantage que la puissance théorique du modem.
Le Wi-Fi 7 est prêt pour les appareils compatibles, mais pas tous les appareils le sont
Le M7 Pro peut diffuser du Wi-Fi 7 sur trois bandes, mais cela ne veut pas dire que chaque téléphone, ordinateur ou console profitera de toutes ses capacités. Il faut des appareils compatibles, et le débit Internet demeure limité par la connexion mobile.
De plus, le routeur ne peut utiliser que deux bandes Wi-Fi simultanément. La bande 6 GHz dépend en outre de l’alimentation secteur, ce qui la contraint à une utilisation intérieure ou tout du moins pas très nomade.
Pour un parc d’appareils récents et une connexion mobile rapide, le Wi-Fi 7 laisse de la marge ; avec des équipements plus anciens ou un réseau 5G lent, les gains seront moins visibles.
L’autonomie dépend autant du lieu que de l’usage
Nos trois mesures, de 8 heures dans une zone très isolée à 12 heures en ville, montrent que l’autonomie n’est pas une valeur fixe.
Le routeur consomme dans un contexte où la qualité du réseau peut beaucoup varier : quand le signal est difficile à capter, la liaison mobile peut devenir plus exigeante, tandis que l’activité des appareils connectés et les réglages Wi-Fi jouent également leur rôle.
La durée annoncée de 13 heures est donc à lire comme une limite atteignable dans des conditions favorables. Pour une journée de travail complète hors de la ville, il est prudent de prévoir une alimentation USB-C ou une batterie de rechange. Heureusement, la batterie se retire sans transformer l’appareil en objet à usage unique.
Le format se transporte, mais il ne se fait pas oublier
Avec 280 g et 10,5 cm de côté, le routeur trouve sa place dans un sac de travail, mais n’a pas la légèreté ni le format d’un accessoire qu’on glisse sans y penser dans une poche. Le poids est sensible dans une veste, et le boîtier carré occupe une place réelle sur une tablette de train ou un petit bureau.
C’est le compromis d’un appareil qui embarque écran, batterie amovible, antennes internes et ports physiques. Il se prête bien à une utilisation posée, à proximité d’une fenêtre ou d’une prise, moins à ceux qui veulent un appareil qu’ils garderont constamment sur eux.
Ce que l’on a moins aimé
Des fonctions réseau absentes pour les utilisateurs exigeants
Le M7 Pro ne propose pas de WPS, et ne dispose pas de serveur ou de client VPN intégré, à l'inverse par exemple du Mudi 7 que nous testions dernièrement.
Connecter un appareil reste possible en passant par les identifiants du réseau ou un QR code, mais on perd le raccourci de configuration offert par WPS.
L’absence de VPN intégré est plus importante pour les utilisateurs qui veulent faire passer le trafic de tout leur réseau mobile par un tunnel sécurisé, sans régler chaque appareil séparément. Il faudra alors recourir à un autre routeur ou configurer le VPN sur les équipements concernés.
Le MR7450 offre des modes de fonctionnement utiles, comme le partage USB, le point d’accès et le répéteur Wi-Fi, mais ne remplace pas un routeur complet pour tous les besoins avancés.
Pas d’eSIM, il faut une nano-SIM
Le Nighthawk M7 Pro ne permet pas de se passer d’une carte physique : il faut insérer une nano-SIM pour le connecter au réseau mobile. C’est une contrainte pour les personnes qui comptent utiliser un forfait eSIM ou changer d’opérateur sans manipuler de carte.
Le routeur reste utilisable avec une SIM classique, mais il est particulièrement étonnant de ne pas voir ce modèle premium proposer a minima les options propriétaires eSIM de Netgear qui sont disponibles sur des modèles plus entrée de gamme comme le Nighthawk M7 MH7150. On sait tous que ce n'est jamais l'offre la plus intéressante, mais l'absence de cette option est relativement surprenante.
Un prix qui impose de savoir pourquoi on l’achète
Le prix de vente maximum conseillé atteint 999,99 €, mais le tarif réellement payé peut être bien inférieur : le routeur est proposé à 799,99 € sur le site de Netgear et sur Amazon, et il est même passé sous les 750 € quelques semaines auparavant. Cette différence est suffisamment importante pour qu’il soit utile de comparer le prix au moment de l’achat plutôt que de s’arrêter au tarif conseillé.
Même en promotion, le M7 Pro reste un investissement conséquent. Son intérêt est plus facile à défendre si l’on travaille souvent en déplacement, si l’on a besoin d’une connexion mobile pour plusieurs appareils ou si l’on doit remplacer temporairement une ligne fixe. Pour un usage occasionnel, le partage de connexion d’un smartphone coûtera beaucoup moins cher.
Crache ton aigle de nuit, Myrhdin
Le Nighthawk M7 Pro est un routeur mobile qui peut vraiment rendre service quand on travaille loin de sa box, mais il ne fait pas disparaître les aléas du réseau mobile.
En ville, nous avons relevé jusqu’à 620 Mbit/s en téléchargement et 120 Mbit/s en envoi ; dans la campagne bretonne, les débits étaient bien plus faibles. Côté batterie, nos résultats vont de 8 heures en zone isolée à 12 heures en ville, contre jusqu’à 13 heures annoncées. L’écran tactile, l’application mobile fonctionnelle dans notre usage, la batterie amovible et les ports Ethernet et TS9 donnent de vrais arguments pratiques.
En face, il faut accepter le poids, quelques absences côté réseau et un tarif élevé, même lorsque les promotions le font descendre sous les 800 €.
Nous le voyons surtout comme un outil pour les personnes qui ont un besoin régulier de connexion mobile, et pas comme une façon coûteuse de consulter ses courriels en vacances.
Ce test a été réalisé par Myrhdin avec un produit fourni par le constructeur. Sa rédaction n'est le fruit d'aucune transaction financière entre le rédacteur ou JeuxOnLine et le constructeur ou les entreprises le représentant.
| Activités | concepteur de produits électroniques |
|---|---|
| Création |
1996 (États-Unis d'Amérique) |
| Pays d'origine | États-Unis d'Amérique |
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13:23
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5 février 2021
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12 octobre 2020
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20 août 2020









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