Test - Razer Tartarus V2 Pro : le retour du roi

Le Razer Tartarus V2 Pro modernise en profondeur le concept de pavé de jeu analogique dédié grâce à des commutateurs optiques de pointe et un vrai stick directionnel magnétique, au prix d'un investissement lourd.

Le Razer Tartarus V2 Pro est un keypad gaming conçu pour concentrer les commandes sous une seule main. Ce format, qui remplace une partie du clavier sans chercher à le faire disparaître, s’adresse notamment aux amateurs de MMO friands de raccourcis et aux joueurs qui veulent libérer de l’espace pour déplacer leur souris.

Cette nouvelle version modernise un concept qui n’avait pas connu de véritable renouvellement depuis plusieurs années : elle troque le pavé directionnel pour un stick analogique TMR, adopte des switches optiques analogiques de deuxième génération et ajoute un repose-poignet réglable.

Le tout est proposé à 219,99 €. C'est clairement un outil spécialisé, riche en réglages, qui demande de trouver ses marques et de consacrer du temps à sa configuration.

Assets TartarusV2Pro KV1 1920x1080

Ce qu’on a aimé

Les switches analogiques réglables offrent une grande latitude

Les 27 touches principales sont équipées de switches optiques analogiques Gen-2 dont le point d’activation se règle entre 0,1 et 4 mm par incréments de 0,1 mm. Au réglage par défaut, la force d’activation est d’environ 40 g. En pratique, cette plage permet de décider à quelle profondeur une commande se déclenche, plutôt que de dépendre d’un point fixe.

Le Rapid Trigger permet, lui, de réarmer une touche dès qu’elle remonte, sans attendre qu’elle ait parcouru toute sa course. C’est particulièrement utile pour enchaîner des frappes rapides ou alterner des commandes de déplacement. Une rangée de LED indique la profondeur d’enfoncement et aide à visualiser le point d’activation choisi, une fonctionnalité très gadget sur le long terme, mais particulièrement appréciable pour les premières configurations.

Les touches sont en PBT double injection, avec une texture qui les distingue au toucher. Le périphérique prend également en charge Snap Tap, Snap Flex, Dynamic Keystroke et Dual-Keypress Priority, des fonctions bien connues des utilisateurs de la gamme Razer destinées à attribuer plusieurs comportements à une touche ou à gérer la priorité entre commandes (Snap Tap donne la priorité à la dernière touche enfoncée parmi deux touches opposées, tandis que Snap Flex permet d’associer une action à l’enfoncement d’une touche et une autre à son relâchement. Dynamic Keystroke peut déclencher jusqu’à quatre actions à différents moments de la pression et du relâchement. Dual-Keypress Priority permet de définir laquelle de deux touches opposées prévaut, ou d’ignorer la seconde tant que la première reste enfoncée).

Assets razer tartarus v2 pro hero video ezgif

Le Tartarus V2 Pro dispose aussi d’un éclairage Razer Chroma RGB par touche et d’un polling rate pouvant atteindre 8 000 Hz. Ce chiffre correspond à la fréquence à laquelle le périphérique transmet son état à l’ordinateur. Une fréquence élevée réduit le délai entre deux rapports, mais elle n’est pas indispensable à tous les joueurs et peut solliciter davantage le processeur sur une machine ancienne.

Le stick TMR remplace avantageusement le pavé directionnel

Le changement le plus visible par rapport aux anciennes générations se trouve sous le pouce. Le pavé directionnel cède la place à un stick analogique TMR, qui apporte une commande plus naturelle pour naviguer dans des menus ou contrôler une caméra. Il peut être configuré en mode analogique, en quatre directions ou en huit directions, et trois capuchons interchangeables sont fournis : concave court, concave long et convexe court.

Une fois le périphérique installé, mis à jour et configuré dans Synapse, nous n’avons pas relevé de problème de fonctionnement avec le stick. Sa position, en revanche, est fixe. L’angle et l’emplacement de la main doivent donc correspondre à cette disposition : si le pouce tombe mal ou si la position devient inconfortable, il n’est pas possible de déplacer le stick pour l’ajuster à la main.

Assets razer tartarus v2 pro wristrest video ezgif

Le repose-poignet réglable améliore les possibilités de placement

La prise en main du Tartarus V2 Pro peut sembler étrange, surtout si l’on n’a pas utilisé de périphérique de ce type depuis longtemps. Le repose-poignet réglable en profondeur et latéralement aide à trouver une disposition qui fonctionne, et le réglage mérite qu’on y consacre du temps plutôt que de juger le périphérique après quelques minutes.

Avec des mains parmi les plus petites de notre entourage, nous avons pu atteindre l’ensemble des touches sans difficulté une fois les angles, la position du poignet et les axes ajustés. Ce résultat ne garantit pas que la géométrie conviendra à toutes les morphologies, mais il montre que les petites mains ne sont pas automatiquement exclues. Les touches principales sont disposées en grappe, tandis que le pouce accède au stick et aux boutons latéraux.

Les profils embarqués couvrent plusieurs configurations de jeu

Le Tartarus V2 Pro dispose de 31 commandes programmables et peut conserver jusqu’à trois profils embarqués. Chaque profil accepte jusqu’à huit keymaps, soit un maximum annoncé de 24 configurations. Des commandes distinctes permettent de passer d’une disposition à l’autre, ce qui évite de reconstruire entièrement l’affectation des touches lorsqu’on alterne entre différents jeux. Les profils enregistrés restent utilisables sans Synapse une fois leur configuration sauvegardée dans le périphérique.

Assets razer tartarus v2 pro keymaps desktop

Ce qu’on n’est pas sûrs d’avoir aimé

La prise en main demande un temps d’adaptation

À la première utilisation, le positionnement d’un keypad à une main peut paraître déroutant, notamment si l’on revient à ce format après dix ou quinze ans sans en avoir utilisé. Les doigts ne retrouvent pas nécessairement leurs repères habituels et la position du pouce ne va pas de soi. Il faut régler le repose-poignet, essayer plusieurs angles et prendre le temps de déplacer la main avant de décider si l’ensemble convient. Une fois ces ajustements faits, toutes les touches sont accessibles, même avec de petites mains.

Cela n’efface pas la contrainte de départ : la disposition reste particulière, et les réglages ne pourront pas convenir à toutes les morphologies. Le stick TMR, en particulier, ne peut pas être réorienté ni déplacé. La prise en main dépend donc autant de l’habitude acquise que de la capacité de chacun à trouver une position qui ne force pas le pouce.

Assets 71dNhuizQ2L

Les fonctions avancées exigent une configuration minutieuse

Le grand nombre de commandes et d’options donne de la liberté, mais il faut configurer chaque élément avant de profiter pleinement du périphérique. Entre les 31 commandes, les points d’activation réglables, Rapid Trigger, les profils, les keymaps et les fonctions de déclenchement associées à la pression ou au relâchement, les possibilités peuvent vite devenir difficiles à parcourir.

Il faut également décider quels jeux méritent une configuration dédiée et quelles commandes sont réellement utiles sous la main gauche. Les profils embarqués permettent ensuite de conserver des réglages sans laisser le logiciel ouvert, mais la création et l’ajustement des profils passent par Synapse.

Cette étape demande de la patience, surtout pour les personnes qui découvrent le format du keypad et n’ont pas encore de disposition familière à reproduire.

Assets 61RggosbmfL

Ce que l’on a moins aimé

Synapse reste le passage obligé, avec ses lourdeurs

Nous n’avons jamais été convaincus par Synapse, et le Tartarus V2 Pro ne nous fait pas changer d’avis.

Le logiciel offre les options nécessaires pour programmer les commandes, régler les switches et organiser les profils, mais sa version installée peut se montrer gourmande en ressources, au point de peser sur les performances bien davantage que certains logiciels concurrents.

L’abondance de fonctions ne signifie pas que chaque réglage soit disponible ou facile à exploiter comme on le souhaiterait. Une fois les profils sauvegardés, le matériel peut fonctionner sans Synapse, ce qui limite la dépendance au quotidien. Mais il faut tout de même passer par le logiciel pour construire et modifier les configurations. Sur un produit qui mise autant sur la personnalisation, cette étape reste un défaut concret.

Assets 71P4Va9pNvL

Le prix de 219,99 € réserve le produit à un public convaincu

À 219,99 €, le Tartarus V2 Pro coûte aussi cher que certains claviers gaming complets. La nouvelle version apporte des changements réels : switches analogiques de deuxième génération, stick TMR, repose-poignet plus ajustable, profils embarqués et polling jusqu’à 8 000 Hz.

Le prix reste néanmoins difficile à justifier uniquement par la qualité intrinsèque du matériel. Les matériaux et la construction ne donnent pas l’impression que le coût est dicté par des composants particulièrement onéreux, et le périphérique répond à un usage spécifique plutôt qu’à un besoin partagé par tous les joueurs.

Nous le voyons davantage comme un renouvellement attendu pour les personnes déjà habituées à une précédente version du Tartarus que comme un achat à conseiller à celles et ceux qui souhaitent simplement découvrir le concept.

Assets 712dsHUF1GL

Crache ta gorgone, Myrhdin

Le Razer Tartarus V2 Pro est une évolution substantielle d’un keypad destiné à un public bien précis.

Son stick TMR, ses switches analogiques réglables, ses fonctions avancées et son repose-poignet modulable offrent de nombreuses possibilités, à condition d’accepter une prise en main différente et de consacrer du temps à la configuration. Nous apprécions l’évolution du stick par rapport à un simple pavé directionnel, sans oublier que sa position fixe peut exclure les mains qui ne s’y adaptent pas. Le tarif de 219,99 € et les lourdeurs de Synapse pèsent aussi dans la balance.

Pour les habitués du format, qui ne se voient pas revenir à un clavier traditionnel pour leurs commandes de jeu, la mise à jour a des arguments concrets. Pour les autres, l’investissement sera difficile à tenter à l’aveugle.

Ce test a été réalisé par Myrhdin avec un produit fourni par le constructeur. Sa rédaction n'est le fruit d'aucune transaction financière entre le rédacteur ou JeuxOnLine et le constructeur ou les entreprises le représentant.

Réactions


Personne n'a encore réagi. Soyez le premier.