Test - Kingston Dual Portable SSD : la clé USB vitaminée qui jongle entre ports
Le Kingston Dual Portable SSD propose une double connectique USB-A et USB-C dans un format ultra-compact. Une solution nomade qui vise polyvalence et rapidité, mais qui doit composer avec certaines limites.
Kingston frappe un grand coup dans l'univers du stockage portable avec son Dual Portable SSD, un produit qui refuse de choisir son camp. Ni vraie clé USB, ni SSD externe traditionnel avec câble, ce format hybride intègre directement deux connecteurs : un USB-A d'un côté, un USB-C de l'autre.
L'objectif affiché est simple : offrir une compatibilité universelle sans dépendre d'un adaptateur ou d'un câble, tout en conservant les performances d'un SSD moderne. Pour les utilisateurs qui jonglent quotidiennement entre plusieurs machines (PC fixe, MacBook, smartphone Android, tablette), cette approche évite l'accumulation de dongles et simplifie drastiquement les transferts de fichiers.
Le produit se décline en trois capacités (512 Go, 1 To et 2 To) et promet jusqu'à 1 050 Mo/s en lecture et 950 Mo/s en écriture grâce à sa mémoire 3D NAND et son interface USB 3.2 Gen 2. Reste à vérifier si cette miniaturisation extrême et cette polyvalence ne sacrifient pas trop sur l'autel des performances soutenues et de la praticité quotidienne.
Ce qu'on a aimé
Une double connectique qui change vraiment la donne
La présence simultanée d'un port USB-A et d'un port USB-C transforme radicalement l'expérience d'usage au quotidien. Fini le temps où il fallait transporter un câble USB-C vers USB-A pour connecter son SSD externe sur une vieille tour de bureau, puis chercher un adaptateur pour le brancher ensuite sur un ultraportable récent. Ici, on retourne simplement le SSD pour passer d'un type de connexion à l'autre.
Cette bascule instantanée fonctionne aussi bien entre un PC Windows et un MacBook qu'entre un ordinateur et un smartphone Android compatible OTG, voire une tablette iPad Pro équipée en USB-C. Les tests multi-plateformes confirment une compatibilité native avec Windows, macOS, Linux, Android et iPadOS sans nécessiter le moindre pilote ou logiciel tiers. La polyvalence va jusqu'à permettre des sauvegardes Time Machine directes sur Mac sans configuration complexe.
Des performances initiales très convaincantes
Le Kingston Dual Portable SSD délivre des résultats proches des promesses constructeur. Les mesures Blackmagic enregistrent près de 1 000 Mo/s en lecture séquentielle et environ 950 Mo/s en écriture, des chiffres qui placent ce produit bien au-dessus des anciennes clés USB 3.0 plafonnant autour de 100-150 Mo/s.
En usage réel, le transfert d'un dossier de plusieurs gigaoctets démarre effectivement à ces vitesses maximales tant que le cache SLC n'est pas saturé. Pour copier une photothèque de 20 Go ou une collection de fichiers vidéo moyennement volumineux, les débits restent stables et élevés pendant plusieurs dizaines de secondes, offrant un gain de temps significatif par rapport aux solutions de stockage amovible traditionnelles.
Les performances en accès aléatoire 4K sont également satisfaisantes, rendant l'utilisation du SSD confortable même pour naviguer dans une arborescence complexe ou lancer des applications légères stockées directement dessus.
Un format réellement nomade
Avec moins de 15 grammes sur la balance et ses dimensions de 7 x 3 x 1 cm (oui, on arrondit, faites pas suer), le Kingston Dual Portable SSD se fait littéralement oublier dans une poche de jean ou un compartiment de sacoche. Le boîtier en aluminium anodisé apporte une touche de robustesse appréciable sans alourdir l'ensemble, et la finition mate limite les traces de doigts.
Ce gabarit ultra-compact permet de transporter 512 Go, 1 To ou même 2 To sans le moindre câble supplémentaire, là où un SSD externe classique impose de trimballer son cordon USB-C et parfois un adaptateur. Pour les déplacements professionnels ou les sessions de travail nomades, cette absence totale de fil constitue un avantage pratique indéniable. Le produit se glisse aussi facilement dans un porte-clés que dans une trousse à accessoires, et son poids plume évite toute contrainte lors du transport quotidien.
Une garantie constructeur rassurante
Kingston accompagne ce SSD d'une garantie de cinq ans, un élément qui inspire confiance sur la durabilité à long terme du produit. Cette couverture étendue place le Dual Portable au niveau des SSD internes ou des modèles externes haut de gamme, alors que de nombreuses clés USB classiques se contentent de deux ou trois ans.
La présence de mémoire 3D NAND et d'un contrôleur Silicon Motion éprouvé renforce cette impression de fiabilité, ces composants ayant déjà fait leurs preuves dans d'autres gammes de stockage. Kingston annonce également une plage de températures de fonctionnement allant de 0 à 60 °C et de stockage de -40 à 85 °C, ce qui couvre la plupart des scenarii d'utilisation courants.
Même si le produit ne bénéficie d'aucune certification de résistance aux chocs ou à l'eau, sa construction métallique et son architecture interne SSD (sans pièce mécanique) le rendent nettement plus résilient qu'un disque dur portable traditionnel.
Ce qu'on n'est pas sûrs d'avoir aimé
Une chauffe sensible sous forte sollicitation
Le boîtier en aluminium du Kingston Dual Portable SSD monte rapidement en température lors de transferts prolongés, avec des pics mesurés jusqu'à 75 °C. Cette élévation thermique est palpable au toucher et peut surprendre lors d'une première utilisation intensive, même si elle reste dans les limites de fonctionnement annoncées par le constructeur.
L'absence de système de dissipation actif ou de pad thermique avancé explique en partie ce comportement, la miniaturisation extrême du produit ne laissant que peu de marge pour intégrer des solutions de refroidissement sophistiquées.
Nous avons constaté que la température n'impacte pas différemment le fonctionnement selon le port utilisé (USB-A ou USB-C), ce qui suggère une conception thermique homogène. Pour autant, cette chauffe notable pourrait inquiéter certains utilisateurs soucieux de la longévité de leurs composants électroniques, même si aucun throttling brutal n'a été observé tant que le cache SLC dispose encore de marge.
Un encombrement relatif sur certains ports
Malgré sa compacité globale, l'épaisseur du Kingston Dual (1,09 cm) combinée à la largeur de son boîtier peut bloquer l'accès aux ports adjacents sur des hubs USB serrés ou sur certains ordinateurs portables dotés de connecteurs rapprochés. Ce phénomène se manifeste surtout en position USB-A, où le format perpendiculaire au port occupe davantage d'espace latéral qu'une clé USB traditionnelle fine. Sur un MacBook Pro équipé de deux ports USB-C côte à côte, brancher le SSD peut empêcher l'utilisation simultanée de l'emplacement voisin si celui-ci accueille déjà un accessoire volumineux.
Ce n'est pas systématique et cela dépend évidemment de la configuration de chaque machine, mais les utilisateurs d'ordinateurs ultra-compacts devront parfois jongler avec l'ordre de branchement de leurs périphériques pour éviter tout conflit physique.
Un tarif qui divise
Avec un positionnement tarifaire de 79,99 € pour 512 Go, 109,90 € pour 1 To et 229,90 € pour 2 To, le Kingston Dual Portable SSD se situe légèrement au-dessus de la moyenne du marché des SSD externes équivalents en capacité et en vitesse. À titre de comparaison, plusieurs modèles concurrents avec interface USB 3.2 Gen 2 et câble USB-C fourni se négocient entre 10 et 20 % moins cher à capacité égale. Kingston justifie cet écart par la double connectique intégrée, l'absence de câble à transporter et la miniaturisation poussée du produit.
Pour les utilisateurs qui valorisent réellement cette polyvalence USB-A/USB-C et ce format de poche, le surcoût peut paraître acceptable. En revanche, ceux qui n'ont besoin que d'un SSD externe rapide pour une utilisation mono-plateforme (uniquement sur PC ou uniquement sur Mac) trouveront probablement un meilleur rapport capacité/prix ailleurs.
Ce qu'on a moins aimé
La chute vertigineuse des performances en transfert prolongé
Le principal défaut du Kingston Dual Portable SSD réside dans l'effondrement brutal de ses débits dès que le cache SLC est saturé, un problème directement lié à l'utilisation de mémoire QLC.
Lors de la copie de fichiers volumineux dépassant plusieurs dizaines de gigaoctets, la vitesse d'écriture passe de 950 Mo/s à environ 95 Mo/s, voire 65 Mo/s dans les pires scenarii. Cette dégradation s'observe après environ 20 à 30 secondes de transfert intensif selon la charge initiale du SSD, et elle transforme radicalement l'expérience utilisateur.
Concrètement, un transfert de 100 Go qui devrait théoriquement prendre moins de deux minutes à plein régime s'étire sur plus de quinze minutes une fois le cache épuisé. Ce comportement rend le produit peu adapté aux workflows professionnels impliquant régulièrement de très gros fichiers (montage vidéo 4K, archivage de projets de plusieurs dizaines de gigaoctets, copies de machines virtuelles complètes).
Pour un usage quotidien avec des transferts de quelques gigaoctets par session, le problème reste marginal, mais les créateurs de contenu et les professionnels de l'image seront rapidement frustrés par ces ralentissements. Après, ils sont aussi très vraisemblablement déjà mieux équipés à ce niveau.
Des capuchons de protection trop facilement égarés
Les deux embouts en plastique fournis pour protéger les connecteurs USB-A et USB-C ne tiennent en place que par simple friction, sans système d'attache au boîtier principal.
Cette conception minimale garantit presque mathématiquement que l'un des capuchons, voire les deux, finiront perdus au fond d'un sac ou d'une poche après quelques semaines d'utilisation nomade. Une fois les connecteurs exposés en permanence, la poussière, les peluches et autres micro-débris s'accumulent dans les ports, ce qui peut à terme nuire à la qualité des contacts électriques et provoquer des déconnexions intempestives.
Kingston aurait pu opter pour un design avec capuchons solidaires du boîtier via une attache souple, ou mieux encore, pour des caches coulissants intégrés comme on en trouve sur certaines clés USB haut de gamme. L'absence de cette réflexion ergonomique force les utilisateurs à faire preuve d'une vigilance constante ou à accepter que leur SSD circulera tôt ou tard sans aucune protection physique.
L'absence totale d'indicateur visuel d'activité
Aucune LED ne signale l'activité du SSD, ce qui rend impossible de savoir si un transfert est en cours ou terminé sans consulter l'interface du système d'exploitation.
Cette lacune peut sembler anecdotique, mais elle devient irritante en pratique : impossible de déterminer visuellement si le SSD est sollicité avant de le débrancher, ce qui augmente le risque de déconnexion prématurée et de corruption de données.
Sur un ordinateur fixe placé sous le bureau ou lors d'une copie lancée en arrière-plan pendant qu'on travaille sur autre chose, l'absence de retour lumineux oblige à revenir manuellement vérifier la progression du transfert.
La plupart des SSD externes concurrents, même économiques, intègrent au minimum une petite LED clignotante pour signaler l'accès au stockage. Kingston a visiblement sacrifié cet élément pour gagner quelques millimètres et simplifier l'électronique interne, mais cette économie se paie au quotidien par une perte de confort d'utilisation.
Aucune fonctionnalité de sécurité ou logiciel dédié
Le Kingston Dual Portable SSD arrive totalement nu d'un point de vue logiciel : pas de chiffrement matériel, pas de logiciel de sauvegarde, pas d'utilitaire de gestion ni de protection par mot de passe. L'utilisateur reçoit un simple volume de stockage formaté, point final.
Pour les particuliers qui stockent des données sensibles (documents administratifs, fichiers professionnels confidentiels, sauvegardes personnelles), cette absence de couche de sécurité intégrée constitue une vraie limitation. Il faut se tourner vers des solutions tierces comme VeraCrypt ou BitLocker pour chiffrer manuellement le contenu, une démarche qui décourage souvent les utilisateurs moins à l'aise techniquement.
Plusieurs fabricants concurrents proposent sur des gammes similaires des applications dédiées permettant au minimum de créer un coffre-fort chiffré ou de programmer des sauvegardes automatiques. Kingston mise ici sur la simplicité brute, mais prive du même coup son produit d'arguments différenciants face à une concurrence de plus en plus soucieuse de la protection des données.
Une absence de résistance environnementale
Le SSD ne bénéficie d'aucune certification IP contre l'eau, la poussière ou les chocs, contrairement à certains modèles baroudeurs du marché. Si le boîtier en aluminium offre une certaine rigidité et protège mieux qu'un plastique fragile, il ne garantit rien en cas de chute depuis une hauteur significative ou d'exposition accidentelle à l'humidité.
Les connecteurs USB-A et USB-C restent directement exposés une fois les capuchons perdus (ce qui arrive statistiquement vite), laissant les contacts électriques vulnérables aux projections liquides et à l'infiltration de particules.
Pour un usage strictement sédentaire ou dans des environnements contrôlés, ce n'est pas rédhibitoire. En revanche, les photographes en reportage, les vidéastes en extérieur ou les professionnels travaillant en extérieur auraient apprécié un minimum de résistance certifiée IP54 ou IP67, quitte à accepter un boîtier légèrement plus volumineux.
Crache ton bouche-trou, Myrhdin
Le Kingston Dual Portable SSD réussit son pari de polyvalence nomade grâce à sa double connectique USB-A/USB-C intégrée et son format de poche réellement pratique.
Les performances initiales impressionnent et la compatibilité multi-plateformes fonctionne sans accroc, ce qui en fait un compagnon idéal pour les déplacements légers et les transferts quotidiens de quelques gigaoctets. La garantie de cinq ans et la construction métallique rassurent sur la durabilité à moyen terme, même si l'absence de LED et les capuchons vite égarés agacent au quotidien.
Le vrai problème survient lors de transferts massifs : l'effondrement des débits passé le cache SLC transforme le SSD en tortue numérique, une limite qui disqualifie le produit pour les usages professionnels intensifs ou les workflows créatifs impliquant de gros volumes.
Ajoutez à cela un tarif légèrement premium et l'absence totale de fonctionnalités de sécurité, et nous obtenons un produit de niche : excellent pour l'utilisateur mobile qui jongle entre plusieurs machines avec des fichiers moyennement volumineux, beaucoup moins pertinent pour qui recherche avant tout le meilleur rapport capacité/prix ou des performances soutenues sur la durée.
À 109,90 € pour 1 To, le Kingston Dual se paie le luxe de la simplicité universelle, mais refuse obstinément de devenir un outil polyvalent complet.
Ce test a été réalisé par Myrhdin avec un produit fourni par le constructeur. Sa rédaction n'est le fruit d'aucune transaction financière entre le rédacteur ou JeuxOnLine et le constructeur ou les entreprises le représentant.
| Activités | concepteur de produits électroniques |
|---|---|
| Création |
1987 (États-Unis d'Amérique) |
| Pays d'origine | États-Unis d'Amérique |





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