Test - Redmagic 11S Pro, une brute épaisse pour gaming mobile

Avec son Snapdragon 8 Elite Gen 5 overclocké, son écran AMOLED 144 Hz et sa batterie de 7 500 mAh, le Redmagic 11S Pro vise les joueurs exigeants, sans oublier les compromis sur la photo et le logiciel.

Avec le Redmagic 11S Pro, la marque poursuit une formule désormais bien installée : un smartphone pensé d’abord pour le jeu, avec tout ce que cela implique en matière de puissance, de refroidissement, d’autonomie et d’ergonomie. Nous sommes face à un appareil de 6,85 pouces, en 2688 x 1216 pixels, animé par une dalle AMOLED jusqu’à 144 Hz, épaulé par un Snapdragon 8 Elite Gen 5 dans sa déclinaison overclockée, par 12 ou 16 Go de RAM LPDDR5X et par 256 ou 512 Go de stockage UFS 4.1. Sur le papier, le message est limpide : ici, tout est organisé pour servir les performances.

Redmagic11SPro- - REDMAGIC11SPro7

Dans les faits, le positionnement reste très lisible, mais pas aussi étroit qu’on pourrait le croire. Un téléphone gaming n’est pas condamné à n’être bon qu’en jeu, et après un usage prolongé nous n’avons pas trouvé de limitation quotidienne réellement bloquante en dehors de la photo pure. Les applications courantes s’ouvrent vite, la navigation est fluide, la réserve de puissance est immense, et l’ensemble se montre parfaitement capable de remplacer un smartphone Android haut de gamme plus conventionnel, à condition d’accepter un design démonstratif, un gabarit massif et une philosophie moins policée.

Ce qu'on a aimé

Un écran vraiment taillé pour jouer

Le 6,85 pouces AMOLED fait partie des meilleurs arguments du Redmagic 11S Pro. Sa définition de 2688 x 1216 pixels assure une image fine, sa fréquence de 144 Hz garantit une excellente fluidité, et surtout l’absence de poinçon visible grâce à la caméra sous l’écran change réellement le confort en jeu. Sur un FPS, un MOBA ou un titre d’émulation, ne pas avoir d’élément noir qui vient grignoter l’affichage reste appréciable.

Redmagic11SPro- - FullScreenwithStunningResolution

La dalle monte en outre jusqu’à 1 800 nits (vérifié à 1730 nits), ce qui suffit à garder une bonne lisibilité en extérieur. À cela s’ajoute un échantillonnage tactile jusqu’à 3 000 Hz, avec 360 Hz en multi-touch, ainsi que des gâchettes d’épaule capables de monter à 520 Hz. En clair, les s aisies sont prises en compte très vite, avec une sensation de réponse immédiate dans les jeux nerveux.

Une puissance qui ne se discute presque pas

Le cœur du sujet est ici. Le Snapdragon 8 Elite Gen 5 Leading Version pousse très haut, et le téléphone le fait savoir.

En bench, nous avons vu 3 587 points en single-core et 10 765 points en multi-core sur Geekbench 6 avec le mode Diablo activé, ainsi que 7 952 points sur 3DMark Wild Life Extreme pour une moyenne de 46,04 images par seconde.

Redmagic11SPro- - REDMAGIC11SPro Nightfreeze9
Redmagic11SPro- - REDMAGIC11SPro Subzero9

Ce type de chiffres ne dit pas tout, mais il raconte déjà quelque chose : le 11S Pro ne manque jamais de souffle. En jeu natif, en émulation et dans les usages lourds, la marge est abondante. Les 12 ou 16 Go de RAM font le reste, et le stockage UFS 4.1 évite les lenteurs au chargement. Pour un joueur mobile qui veut pousser les réglages, enregistrer, streamer ou garder plusieurs titres lourds installés, c’est un terrain très confortable.

Une autonomie qui soulage vraiment au quotidien

La batterie de 7 500 mAh change le rapport au téléphone. Dans un marché où de nombreux modèles haut de gamme restent autour de 5 000 mAh (Galaxy S25/S26 Ultra ou iPhone 16 Pro Max / 17 Pro Max) et des concurrents directs comme le Asus ROG Phone 9 Pro sont à 6 5000 mAh, ce Redmagic joue une autre partition. En usage classique hors gaming, il peut tenir deux jours sans problème, parfois davantage. Même en jeu, la réserve reste très sérieuse. Pour vous donner une idée, on a noté environ 10 % de batterie consommés pour une heure d'émulation Switch, avec ventilateur actif et haute fréquence d’affichage.

Redmagic11SPro- - REDMAGIC11SPro Subzero2

Le tableau est complété par une charge filaire 80 W, une charge sans fil 80 W et même de la charge inversée. Le chargeur 80 W est d'ailleurs fourni, ce qui devient presque une curiosité en 2026. Un chartge de 0 à 80 % se fait en environ 40 minutes, pour une charge complète autour d’une heure.

Un équipement de joueur qui ne fait pas semblant

Le Redmagic 11S Pro ne se contente pas d’être puissant, il accumule aussi les éléments pratiques dont un qu'on adore et que beaucoup de concurrents ont abandonné : la prise jack 3,5 mm

Nous retrouvons aussi deux emplacements nano-SIM, le Wi-Fi 7, l’USB 3.2 Gen 2, un capteur d’empreintes ainsi qu’un interrupteur physique pour basculer dans le Game Space. Ce dernier reste utile : réglage du ventilateur, mapping des gâchettes, profils par jeu, priorité aux performances, outils de capture, ajustement des LEDs, tout y est.

Le refroidissement, avec ventilateur actif et circuit liquide visible, donne en plus une identité technique que peu d’appareils proposent encore. Ce n’est pas discret, mais c’est cohérent.

Ce qu'on n'est pas sûrs d'avoir aimé

Une évolution qui parle surtout aux possesseurs de modèles plus anciens

C’est probablement le point le plus délicat à formuler, parce qu’il ne s’agit pas d’un défaut à proprement parler. Le 11S Pro est un bon smartphone gaming, parfois même un excellent smartphone gaming, mais son intérêt dépend énormément du téléphone que l’on possède déjà.

Redmagic11SPro- - REDMAGIC11SPro Subzero5

Si vous venez d’un Redmagic 11 Pro ou même d'un mod_le d'une génération précédente, le saut serait absurde. La marque a pris l’habitude de décliner une même génération en plusieurs références, et ce 11S Pro ressemble davantage à une version peaufinée qu’à une rupture.

En revanche, depuis une génération plus ancienne, par exemple une série 10 ou un flagship Samsung/Apple/Pixel qui aurait quelques années et que vous en auriez marre de faire de belles photos, l’écart devient bien plus tangible. Nous préférons donc présenter ce modèle comme une mise à niveau crédible pour qui commence à dater, pas comme une obligation pour les utilisateurs déjà installés sur la même famille de produits.

Un affichage 144 Hz dont le bénéfice n’est pas constant

Le 144 Hz fait plaisir sur la fiche technique, et il a du sens sur un smartphone orienté gaming, mais le gain face à 120 Hz n’est pas toujours spectaculaire à l’œil nu dans un usage standard.

Plusieurs constats convergent sur ce point : dans la navigation classique, l’interface oscille souvent autour de 120 Hz, et tous les jeux ne tirent pas profit d’une fréquence plus élevée. Cela ne retire rien à la qualité de l’écran, qui reste excellente, mais il faut éviter d’en faire un argument magique.

Le vrai apport se situe davantage dans l’absence de découpe, la réactivité tactile, la surface d’affichage et la cohérence générale de l’expérience en jeu que dans la seule bascule de 120 à 144 Hz.

Redmagic11SPro- - REDMAGIC11SPro Nightfreeze1

Une esthétique qui fait mouche, mais pas chez tout le monde

Le dos transparent, les éclairages RGB, les conduits visibles et la silhouette très anguleuse donnent immédiatement le ton.

Nous trouvons l’objet réussi dans son genre, parce qu’il assume complètement son identité de machine de jeu portable. En revanche, il faut accepter que ce langage visuel soit clivant. Le téléphone est plat, massif, très voyant, et son revêtement attire vite les traces de doigts. Il n’essaie jamais de se faire passer pour un mobile passe-partout.

Certains y verront du caractère, d’autres une surcharge. Dans tous les cas, mieux vaut savoir sur quoi l’on met les mains (surtout si elles sont sales!).

Ce qu'on a moins aimé

Une partie photo clairement secondaire

La photo reste le compromis le plus évident du Redmagic 11S Pro, mais il faut la remettre exactement à sa place.

Redmagic ne vend pas ici un champion de l’image, et la communication de la marque ne laisse jamais penser le contraire.

À l’arrière, nous avons un capteur principal de 50 mégapixels, un ultra grand-angle de 50 mégapixels et un macro de 2 mégapixels. En bonne lumière, le résultat peut suffire largement pour des souvenirs, des réseaux sociaux ou des clichés du quotidien.

En revanche, dès que l’on regarde de près, le traitement peut devenir agressif, certaines images paraissent trop saturées ou trop lissées, le ciel peut être surexposé, et le zoom souffre de l’absence de téléobjectif optique. Quant à la caméra selfie sous l’écran, elle rend service pour préserver la façade intégrale, mais son rendu reste inférieur à celui d’un module frontal classique.

Pour résumer sobrement, cela passe pour des usages simples, beaucoup moins pour qui photographie souvent, recadre beaucoup ou attend un niveau premium en toutes circonstances.

Redmagic11SPro- - REDMAGIC11SPro Nightfreeze4

Un logiciel encore trop brut pour ce niveau de prix

Redmagic OS 11.5, basé sur Android 16, tourne vite, mais il ne donne pas toujours une impression de finition irréprochable.

L’interface propose de nombreux outils utiles aux joueurs, c’est vrai, et le Game Space reste bien pensé. En revanche, nous retrouvons aussi du bloatware préinstallé, quelques choix de design discutables, des menus parfois plus chargés que nécessaire et une présentation qui manque encore d’élégance par rapport aux meilleurs Android du marché.

On a aussi noté des plantages d’applications en fond quand la machine est poussée très fort pour le gaming. Rien qui rende le téléphone inutilisable au quotidien, loin de là, mais à ce niveau de prix nous aimerions un habillage logiciel plus propre (à vrai dire, surtout mieux traduit, parce que c'est une vraie dinguerie que même en anglais, certains menus soient toujours traduits du chinois de manière incorrecte depuis plus de 3 ans maintenant qu'on suit la marque...), plus cohérent et un peu moins démonstratif hors des usages gaming.

Un suivi logiciel trop court et quelques manques de confort moderne

Le support logiciel reste trop limité pour un appareil vendu 799 ou 899 euros en Europe. La promesse relevée tourne autour de deux grandes mises à jour Android et cinq ans de correctifs de sécurité, avec un rythme trimestriel pour ces derniers. En 2026, la concurrence directe fait souvent mieux.

Il faut également composer avec l’absence d’eSIM, alors que de plus en plus d’utilisateurs s’y habituent, et avec l’absence de microSD, ce qui oblige à bien choisir sa capacité dès l’achat. Le téléphone est aussi lourd, avec 230 grammes sur la balance pour 8,9 mm d’épaisseur. À deux mains en jeu, cela passe très bien. À une main, sur de longues sessions de lecture ou de messagerie, le caractère massif se rappelle vite au bon souvenir de nos poignets.

Une gestion thermique efficace, mais pas invincible

Le refroidissement actif et liquide fait partie de l’ADN du produit, mais il n’annule pas les lois de la physique.

Sur des charges prolongées, nous avons relevé un comportement moins flatteur en stress test : 43 % de stabilité sur Wild Life Extreme, avec une température qui peut grimper jusqu’à 45 °C.

Redmagic11SPro- - MicronLaser CutFlowChannelDesign

Ce n’est pas dramatique pour un smartphone de ce type, et cela n’empêche pas l’appareil d’être excellent dans les usages réels, mais cela rappelle une chose simple : le 11S Pro sait délivrer énormément, pas indéfiniment au même niveau sous torture synthétique. Le ventilateur aide, le système AquaCore aide aussi, mais ils ne transforment pas le téléphone en machine impossible à faire chauffer.

Un tarif en hausse, même s’il reste cohérent

Le prix grimpe par rapport au 11 Pro, c’est un fait, mais nous aurions tort de l’isoler du contexte matériel actuel.

Les coûts de composants, notamment sur la RAM et le stockage, ne sont pas neutres, et cela se ressent dans l’ensemble du secteur. En Europe, le Redmagic 11S Pro démarre à 799 euros en 12 Go + 256 Go et monte à 899 euros en 16 Go + 512 Go.

Oui, il y a une hausse par rapport à la génération précédente, mais au regard de la plateforme technique, de la batterie, de la charge 80 W filaire et sans fil, de l’écran sans découpe, des gâchettes et du refroidissement embarqué, la proposition reste raisonnable. Nous ne parlerions pas d’affaire absolue, mais certainement pas non plus d’un produit hors sol.

Redmagic11SPro- - REDMAGIC11SPro8

Crache ton mage rouge, Myrhdin

Le Redmagic 11S Pro sait exactement ce qu’il veut être, et c’est probablement sa meilleure qualité.

Il ne court pas après la respectabilité des flagships photo, il ne cherche pas à singer les smartphones les plus neutres du marché, et il ne dilue pas sa personnalité pour plaire à tout le monde.

En échange, nous obtenons une machine de jeu mobile extrêmement sérieuse, avec un écran impeccable pour cet usage, une autonomie qui enlève une bonne part de l’anxiété habituelle, des performances de tout premier ordre et un équipement pensé pour les joueurs.

Les concessions existent, surtout en photo et sur la partie logicielle, mais elles sont lisibles dès le départ.

Si vous possédez déjà un Redmagic 11 Pro, l’intérêt est mesuré. Si vous venez d’une génération plus ancienne, ou si vous cherchez un smartphone gaming capable d’assumer aussi le quotidien sans s’effondrer hors des sessions de jeu, le 11S Pro est un choix solide, cohérent et très difficile à ignorer dans sa catégorie.

Ce test a été réalisé par Myrhdin avec un produit fourni par le constructeur. Sa rédaction n'est le fruit d'aucune transaction financière entre le rédacteur ou JeuxOnLine et le constructeur ou les entreprises le représentant.

Réactions


Personne n'a encore réagi. Soyez le premier.