Test - REDMAGIC Astra : la tablette gaming compacte qui frappe fort

L'Astra de REDMAGIC embarque un Snapdragon 8 Elite et un écran OLED 165 Hz dans un format 9 pouces. Une proposition unique sur le marché des tablettes Android compactes orientées gaming.

Le marché des tablettes gaming compactes semblait condamné à une lente agonie, supplanté par les smartphones XXL d'un côté et les ardoises 11-13 pouces de l'autre. REDMAGIC prend le contre-pied avec l'Astra, une tablette de 9,06 pouces qui assume pleinement sa vocation gaming tout en restant suffisamment sobre pour un usage quotidien. Proposée à partir de 499 €, elle se positionne face à l'iPad mini d'Apple mais avec une promesse radicalement différente : un écran OLED à 165 Hz, un Snapdragon 8 Elite refroidi activement, et une connectique USB-C 3.2 Gen2 capable d'alimenter un écran 4K externe. Sur le papier, l'Astra coche toutes les cases du power-user Android en quête d'un format transportable. Dans les faits, cette tablette tient-elle ses promesses sans sacrifier l'essentiel ?

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Ce qu'on a aimé

Un écran OLED qui fait la différence

L'écran constitue indéniablement le premier argument de vente de l'Astra. Cette dalle OLED LTPO de 9,06 pouces affiche une définition de 2 400 × 1 504 pixels (soit 313 ppp), un taux de rafraîchissement culminant à 165 Hz, et une profondeur colorimétrique de 10 bits. Les mesures effectuées par plusieurs laboratoires indépendants confirment une luminosité typique de 1 000 nits en mode automatique (lorsque la luminosité ambiante est élevée) et des pics jusqu'à 1 600 nits en contenu HDR10. En réglage manuel, la dalle plafonne à 682 nits, ce qui reste très confortable pour une tablette. À l'autre bout de l'échelle, le minimum mesuré descend à 2,7 nits, idéal pour la lecture nocturne sans agresser la rétine. REDMAGIC a opté pour un PWM à 5 280 Hz pour gérer la gradation, un seuil suffisamment élevé pour limiter la fatigue oculaire chez les utilisateurs sensibles au scintillement.

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Le format 14,36:9 (légèrement plus large qu'un 16:10 classique) se révèle polyvalent : les contenus 16:9 (YouTube, Netflix) affichent de fines bandes noires qui se fondent dans les bordures noires de la dalle OLED, tandis que les jeux en 4:3 ou en formats plus exotiques ne perdent qu'une fraction marginale de surface utile. Le ratio écran/façade atteint 90,1 %, un chiffre remarquable pour une tablette de cette taille, avec des bordures uniformes de 4,9 mm sur les quatre côtés. Cet équilibre évite les déclenchements tactiles accidentels tout en maximisant l'immersion. Cerise sur le gâteau, la fréquence d'échantillonnage tactile grimpe à 2 000 Hz, ce qui se traduit par une réactivité exemplaire dans les jeux de tir ou les titres de rythme exigeants. Nous avons mesuré cette réactivité dans Call of Duty Mobile et PUBG Mobile : la latence entre le tap et l'action à l'écran est imperceptible, un luxe rare sur Android.

Le mode Auto du taux de rafraîchissement privilégie 120 Hz pour l'interface système et les applications non gaming, bascule à 165 Hz pour les jeux compatibles et les benchmarks, et redescend à 60 Hz pour les images fixes afin de préserver l'autonomie. Le mode 165 Hz forcé maintient ce taux dans l'ensemble du système, mais seule une poignée d'applications tierces en profite réellement (hors jeux). En pratique, le mode Auto offre le meilleur compromis entre fluidité et gestion de la batterie. Notons toutefois que REDMAGIC n'exploite pas la technologie LTPO pour proposer des paliers intermédiaires (90 Hz, 144 Hz) : vous passez directement de 60 à 120, puis à 165 Hz, ce qui peut occasionner des micro-saccades dans certaines transitions. Ce point reste anecdotique au quotidien, mais les puristes noteront l'absence de granularité fine.

Des performances au sommet de l'échelle mobile

Le Qualcomm Snapdragon 8 Elite (gravure 3 nm, modèle SM8750-AB) qui anime l'Astra représente ce qui se fait de mieux sur Android en 2025. Cette puce octo-core associe deux cœurs Oryon V2 Phoenix L cadencés à 4,32 GHz et six cœurs Oryon V2 Phoenix M à 3,53 GHz, épaulés par un GPU Adreno 830 tournant autour de 1,2 GHz. La mémoire vive oscille entre 12, 16 ou 24 Go de LPDDR5X, tandis que le stockage s'appuie sur de la UFS 4.1 Pro dans les trois configurations (256 Go, 512 Go, 1 To). Les benchmarks synthétiques confirment cette puissance brute : AnTuTu 10 affiche environ 2 604 000 points, Geekbench 6 CPU enregistre 2 650 en single-core et 8 150 en multi-core, tandis que Geekbench 6 Vulkan culmine à 24 350 points (l'un des meilleurs scores relevés sur tablette Android). Sur 3DMark Wild Life Extreme, nous obtenons 6 390 à 6 700 points selon les configurations, Solar Bay délivre 11 725 points, et Steel Nomad Lite atteint 2 500 points.

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Ces chiffres se traduisent par une expérience utilisateur sans accroc : Genshin Impact tourne de manière fluide en réglages maximums, Fortnite maintient un 90 fps stable même en détails élevés (120 Hz n'étant pas supporté par le jeu sur Android), Fall Guys, Call of Duty Mobile, PUBG Mobile (120 Hz), on en passe et des meilleures. REDMAGIC a toutefois intégré un coprocesseur propriétaire baptisé Redcore R3 Pro, dont la fonction exacte (post-traitement d'image, upscaling ?) n'est pas clairement documentée mais qui contribuerait à l'optimisation graphique.

Le test de stress 3DMark Wild Life Extreme sur 20 boucles révèle un comportement thermique exemplaire : le GPU ne subit aucun throttling et maintient 100 % de ses performances, tandis que le CPU se stabilise à 59 % de sa fréquence maximale. Cette gestion thermique impressionnante s'explique par le système de refroidissement ICE-X, qui combine une chambre à vapeur, du Liquid Metal 2.0 (pâte thermique à base d'alliage métallique liquide), des inserts en cuivre, et un ventilateur RGB intégré tournant jusqu'à 20 000 tr/min.

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Contrairement à ce que l'on pourrait craindre, ce ventilateur reste silencieux en usage normal (inaudible sous 50 % de vitesse) et ne devient perceptible qu'en mode "Rise" (performance maximale) lors de sessions prolongées de ZZZ ou de benchmarks intensifs. L'air est évacué par les grilles des haut-parleurs latéraux, une solution ingénieuse qui évite les perforations disgracieuses sur le dos de la tablette. En pratique, l'Astra reste tiède au toucher même après une heure de jeu exigeant, là où d'autres tablettes Android deviennent franchement inconfortables.

Une construction premium et un format idéal

Le châssis de l'Astra repose sur un unibody en aluminium de grade aéronautique, épais de seulement 7 mm et pesant 370 grammes. Ces dimensions en font l'une des tablettes gaming les plus compactes du marché : 207 × 134,2 mm, soit une surface légèrement supérieure à celle d'un iPad mini (195,4 × 134,8 × 6,3 mm pour 293 g en version Wi-Fi), mais avec un écran sensiblement plus grand (9,06" contre 8,3"). La face avant est protégée par du verre Corning (la génération de Gorilla Glass n'est pas précisée), tandis que le dos arbore une finition mate qui résiste plutôt bien aux traces de doigts et offre une prise en main agréable. L'ensemble inspire une solidité rassurante : nous avons soumis notre exemplaire à des torsions appuyées, des flexions latérales, et des pressions localisées sans constater le moindre grincement ni déformation perceptible.

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Le dos de la tablette intègre une fenêtre en verre sur le tiers supérieur, qui dévoile un circuit imprimé stylisé, le ventilateur illuminé par des LED RGB contrôlables, et une série de mentions techniques dorées (Snapdragon, chambre à vapeur, etc.). Cet élément esthétique reprend les codes du "gaming" sans tomber dans la caricature : le reste du dos demeure sobre, et les RGB peuvent être désactivés ou réglés sur une teinte fixe discrète. Le module photo 13 MP et le flash LED sont totalement affleurants, permettant à la tablette de reposer à plat sur une table sans basculer. REDMAGIC a également obtenu une certification IP54 (résistance aux projections d'eau et à la poussière), une rareté dans l'univers des tablettes et un atout non négligeable pour un appareil destiné à voyager.

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Les tranches accueillent des éléments fonctionnels judicieusement répartis. Sur le côté long gauche (en orientation paysage), on trouve le bouton volume et un switch physique rouge (la fameuse "Magic Key") qui active par défaut le Game Space mais peut être remappé vers d'autres fonctions : appareil photo, lampe torche, enregistreur vocal, ou profil sonore. Les options restent limitées à ces présélections, et nous aurions apprécié la possibilité de lancer une application tierce (un émulateur, par exemple) ou de basculer entre plusieurs lanceurs d'interface.

Sur les côtés courts, REDMAGIC a placé les deux gros haut-parleurs stéréo, le bouton Power/Lock intégrant un capteur d'empreintes digitales, et le port USB-C 3.2 Gen2 (10 Gb/s). Ce dernier est légèrement décentré — un choix délibéré pour faciliter la recharge en jeu sans que le câble ne gêne les pouces, mais qui rend incompatible l'usage de certains grips USB-C comme le Razer Kishi Ultra, dont le connecteur central ne s'aligne pas avec le port. En contrepartie, ce décalage autorise une prise en main plus naturelle en mode paysage, les paumes reposant en dessous des haut-parleurs sans les obstruer complètement.

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Une connectique USB-C qui change la donne

Le port USB-C 3.2 Gen2 de l'Astra n'est pas un simple connecteur de charge : il supporte le DisplayPort Alt Mode et peut alimenter un écran externe jusqu'à 4K à 144 Hz ou 2K à 240 Hz. Nous avons testé cette fonctionnalité avec un hub USB-C Anker à 7 ports (HDMI 2.1, Ethernet Gigabit, 3× USB-A 3.0, lecteur SD/microSD, USB-C Power Delivery 100 W) : la tablette a détecté instantanément le moniteur externe, affiché l'interface Android à la résolution native sans latence perceptible, et nous a permis de jouer à Dead Cells avec un contrôleur Xbox Series X appairé en Bluetooth. Le débit USB 3.2 autorise également le transfert de fichiers volumineux à plus de 800 Mo/s en lecture (mesuré avec un SSD externe NVMe via adaptateur USB-C), un gain de temps précieux pour synchroniser une ludothèque d'émulateurs ou des captures 4K.

Cette polyvalence transforme l'Astra en station de travail/gaming mobile : connectée à un dock, la tablette peut piloter un clavier mécanique, une souris, un écran 27 pouces, et se recharger simultanément, tout en gardant un accès aux ports USB-A pour des périphériques complémentaires. Pour les amateurs de cloud gaming (Xbox Game Pass Ultimate, GeForce Now, Amazon Luna), ce setup permet de jouer en 1440p/120 fps ou 4K/60 fps avec une latence inférieure à 30 ms sur une connexion Wi-Fi 6 stable (nous y reviendrons). C'est une proposition (on pense) unique dans le segment des tablettes compactes Android : aucun concurrent direct (Samsung Galaxy Tab, Xiaomi Pad, Lenovo Tab) n'offre cette combinaison de puissance brute, d'OLED haute fréquence, et de sortie vidéo haute résolution dans un format inférieur à 10 pouces.

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Une autonomie solide et une charge ultra-rapide

La batterie de 8 200 mAh peut sembler modeste face aux 10 000+ mAh des tablettes 12-13 pouces, mais elle représente un excellent compromis pour un châssis de 370 grammes. Les tests d'autonomie réalisés dans des conditions standardisées (luminosité à 200 nits, connexion Wi-Fi active, Bluetooth désactivé sauf mention contraire) donnent les résultats suivants : environ 5 heures de gaming intensif (ZZZ en Ultra/60 fps, ventilateur actif), 6 heures et 45 minutes sur PCMark Work 3.0, 8 heures et 30 minutes de navigation web (défilement continu de pages), 11 heures et 45 minutes de streaming vidéo (YouTube en 1080p), et 8 heures et 45 minutes de jeu plus léger (puzzles, tower defense - Bloons <3). On a consommé 70 % de la batterie lors d'un trajet en train de 10 heures en regardant des films via Bluetooth. En usage mixte quotidien (mails, Reddit, 1 ou 2 heures de jeu mobile), l'Astra tient facilement une semaine entre deux charges.

La charge rapide 80 W constitue un atout majeur, mais attention : le chargeur n'est pas inclus dans la boîte européenne (seul un câble USB-C vers USB-C est fourni). Vous devrez utiliser un adaptateur compatible USB Power Delivery, mais tous ne se valent pas. Avec un chargeur REDMAGIC 80 W officiel (proposé en option avec remise de 20 % en bundle), nous avons mesuré les performances suivantes : 50 % de charge atteints en 22 minutes, 69 % en 30 minutes, et 100 % en 63 minutes (charge complète). En revanche, avec un chargeur générique Baseus 120 W (PD 3.0 + PPS), les temps se dégradent sensiblement : 19 % en 15 minutes, 41 % en 30 minutes, et 100 % en 82 minutes. Il semble que le protocole propriétaire TurboCharge de REDMAGIC nécessite un handshake spécifique que tous les chargeurs PD ne respectent pas. Si vous souhaitez bénéficier des vitesses annoncées, l'investissement dans le chargeur officiel (environ 30 €) s'impose.

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La tablette propose également deux fonctionnalités avancées : le bypass charging (appelé "Charge separation" dans les paramètres), qui alimente directement la carte mère sans passer par la batterie lors des sessions gaming prolongées sur secteur (réduction de la chaleur et préservation des cycles de charge), et un plafond de charge à 80 % pour ceux qui laissent l'Astra branchée en permanence sur un dock. Ces options bien connues des habitués des téléphones de la marque sont accessibles via les réglages système et ne nécessitent pas de passer par le Game Space.

Un écosystème logiciel gaming complet

L'Astra embarque Android 15 avec la surcouche REDMAGIC OS 10.5, une interface proche du stock Google mais enrichie de quelques ajustements. Contrairement aux versions précédentes de la marque, le bloatware est réduit au minimum (une poignée d'applications préinstallées comme des jeux free-to-play ou des utilitaires REDMAGIC) et entièrement désinstallable en quelques minutes. Les erreurs de traductions sont toujours présentes, malgré tout. L'interface d'accueil par défaut affiche une barre de favoris intelligente en bas d'écran, qui s'étend automatiquement pour accueillir un nombre illimité d'icônes et sépare visuellement les applications ouvertes de celles épinglées. C'est pratique, mais la grille de widgets/icônes au-dessus est limitée à 4 colonnes × 6 rangées en mode portrait, laissant d'immenses zones vides sur un écran de cette taille. Nous avons fini par installer directement notre bon vieux Nova Launcher.

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Le Game Space Center constitue le cœur de l'expérience gaming. Accessible via le switch physique rouge (ou depuis l'icône dédiée), il centralise tous vos jeux, affiche des statistiques détaillées (temps de jeu, FPS moyens, température), et débloque une batterie d'options : trois profils de performance (Balance, Auto, Rise), contrôle manuel du ventilateur (0 à 100 %), ajustement du touch sampling (120 Hz à 2 000 Hz), mappage de boutons virtuels (overlay transparent pour simuler des touches physiques), enregistrement d'écran avec overlay FPS/température, et cast vers PC/moniteur/TV via Wi-Fi Direct ou USB. L'interface du Game Space elle-même reste visuellement datée (esthétique "cybergamer" des années 2010, polices anguleuses, tickers d'infos inutiles), mais elle fonctionne sans accroc. L'overlay "Energy Cube" que vous pouvez afficher en jeu (swipe depuis le bord droit) donne accès à des raccourcis sans quitter le titre : capture d'écran, enregistrement, basculement du profil de performance, consultation du framerate en temps réel, activation du mode Ne pas déranger.

Ce qu'on n'est pas sûrs d'avoir aimé

Un port USB-C décentré qui divise

REDMAGIC justifie le positionnement asymétrique du port USB-C par une volonté d'optimiser l'ergonomie en jeu : brancher un câble de charge ou un accessoire USB ne gêne pas la prise en main en mode paysage, contrairement à un connecteur centré qui viendrait buter contre la paume. Cette logique se défend pour les sessions de gaming prolongées sur secteur. En pratique, nous avons effectivement constaté qu'il était plus confortable de recharger la tablette tout en jouant avec ce décalage. Les haut-parleurs, situés exactement au centre des tranches courtes, bénéficient également de cette disposition : nos mains reposent légèrement en dessous, libérant les grilles audio.

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Revers de la médaille, ce décalage rend l'Astra incompatible avec les contrôleurs de type grip à connexion USB-C centrée, comme le Razer Kishi Ultra ou le GameSir X2 Pro. Ces accessoires, qui transforment une tablette en "Switch-like" portable, ne peuvent tout simplement pas s'adapter physiquement : le connecteur mâle du grip cherche le port au centre de la tranche, là où il n'y a… rien. Vous devrez donc vous rabattre sur des manettes Bluetooth (Xbox, PlayStation, 8Bitdo) ou sur des grips sans fil (GameSir G8+, Backbone One via adaptateur), ce qui ajoute de la latence (minime mais mesurable : 10-20 ms selon le codec Bluetooth) et nécessite de recharger un périphérique supplémentaire. Pour les joueurs qui envisageaient l'Astra comme une console portable, c'est une contrainte non négligeable. REDMAGIC propose en option une manette dédiée, mais son prix et sa disponibilité restent flous.

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Une politique de mises à jour correcte mais perfectible

Sur le marché européen (et donc français), REDMAGIC s'engage à fournir jusqu'à 5 ans de mises à jour de sécurité — une promesse conforme aux exigences de la directive européenne sur la durabilité des produits électroniques. Les correctifs sont déployés à un rythme régulier de 1 à 2 mois, et la tablette livrée sous Android 15 bénéficiera d'au moins une mise à jour majeure vers Android 16. Cette politique place l'Astra dans une zone intermédiaire : plus généreux que les marques de seconde division (qui plafonnent à 2-3 ans), mais en retrait face à Samsung (4 ans de mises à jour OS + 5 ans de patchs sur les Galaxy Tab S9/S10), Apple (5 à 7 ans de support sur iPad), ou Google (7 ans sur Pixel Tablet).

Pour un appareil vendu entre 499 et 849 € selon la configuration, nous aurions apprécié au moins 2 à 3 mises à jour Android majeures (jusqu'à Android 17 ou 18), qui garantiraient l'accès aux nouvelles API, aux optimisations de performance, et aux fonctionnalités système introduites dans les prochaines versions. Les 5 ans de correctifs de sécurité assurent certes la protection contre les failles critiques, mais l'Astra risque de se sentir "datée" logiciellement dès 2027-2028, même si le matériel reste parfaitement capable. Les utilisateurs qui comptent conserver leur tablette 4 à 5 ans devront peut-être se tourner vers des ROMs custom (LineageOS, si un portage voit le jour) pour prolonger sa vie logicielle. Pour les acheteurs soucieux de pérennité, ce point mérite réflexion avant l'investissement.

Des accessoires en option et un écosystème limité

Contrairement à certains concurrents (Lenovo Légion Tab, qui inclut étui et protection d'écran dans la boîte), l'Astra arrive dans un emballage minimaliste contenant uniquement la tablette et un câble USB-C vers USB-C. Pas de chargeur (nous l'avons mentionné, mais cela vaut la peine de le répéter), pas d'étui folio, pas de protection d'écran préappliquée. REDMAGIC commercialise ces éléments en option : l'étui folio officiel, un film de protection d'écran et un chargeur 80 W à environ 30 €

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Le vrai problème réside dans la rareté des accessoires tiers. REDMAGIC reste une marque de niche, et les fabricants d'étuis/coques/supports ne produisent pas (encore ?) de références dédiées à ce format spécifique de 9,06 pouces. Les housses universelles pour tablettes 9-10 pouces fonctionnent pour le transport, mais ne proposent pas de système de maintien en mode chevalet ni de découpes précises pour les boutons et le port USB-C décentré. Si vous recherchez un écosystème riche (claviers magnétiques, stylets, coques rigides design), l'iPad mini reste imbattable. Pour l'Astra, vous devrez composer avec l'offre officielle ou bricoler vos propres solutions.

Ce qu'on a moins aimé

Un audio correct mais sans relief

Les deux haut-parleurs stéréo de l'Astra, logés dans les tranches courtes, délivrent un volume maximum confortable et une restitution vocale claire, appréciable pour les dialogues de films, les podcasts, et les communications en visio. Malheureusement, la qualité audio ne suit pas au-delà de ces basiques. Les basses sont quasi-absentes, les aigus saturent légèrement au-delà de 75 % du volume maximal, et la scène sonore manque de profondeur. Le rendu global est plat, sans la richesse ni la spatialisation qu'offrent les systèmes quad-speaker des tablettes haut de gamme (Samsung Galaxy Tab S9+, Huawei MatePad Pro 12.2, Honor MagicPad 2).

En pratique, cela se traduit par une musique sans punch (les percussions manquent d'impact, les lignes de basse se fondent dans le mix), des effets sonores de jeux vidéo qui sonnent creux (explosions, coups de feu), et une fatigue auditive lors de sessions prolongées à volume élevé. Nous avons également constaté un problème d'obstruction en mode paysage : tenir naturellement la tablette en jouant avec les pouces couvre partiellement les grilles, étouffant le son. Il faut adopter une prise en main moins confortable (mains plus basses) pour libérer totalement les haut-parleurs. Ce défaut est inhérent au placement central des HP sur les tranches courtes, mais d'autres constructeurs ont résolu le problème en multipliant les transducteurs (un système 4 HP aurait permis de placer deux grilles sur les tranches longues, hors de portée des paumes).

L'absence de prise jack 3,5 mm aggrave la situation : vous devrez obligatoirement passer par le Bluetooth 5.4 (avec les codecs AAC, aptX, aptX HD, LDAC selon vos écouteurs) ou par un adaptateur USB-C vers jack. Le Bluetooth introduit une latence de 100 à 200 ms selon le codec (AAC ~150 ms, aptX HD ~40 ms, LDAC ~60 ms), perceptible dans les jeux de rythme ou les FPS compétitifs. L'adaptateur USB-C élimine cette latence mais monopolise le port, interdisant la charge simultanée à moins d'utiliser un hub. Pour une tablette gaming vendue 499 € et plus, l'impasse sur le jack constitue un choix discutable, d'autant que l'épaisseur de 6,9 mm aurait techniquement permis son intégration (l'iPad mini 7, à 6,3 mm, propose toujours un jack… ah non, pardon, Apple l'a supprimé aussi depuis 2021. Bref, tout le monde fait pareil, mais ça reste une régression).

Un stockage non extensible qui oblige à choisir

L'Astra est proposée en trois configurations : 12 Go RAM / 256 Go (499 €), 16 Go RAM / 512 Go (649 €), et 24 Go RAM / 1 To (849 €, uniquement en coloris Eclipse Black). Aucune ne dispose de lecteur microSD, ce qui vous contraint à anticiper vos besoins au moment de l'achat. Pour un usage multimédia et gaming occasionnel, 256 Go peuvent suffire (une dizaine de jeux mobiles gourmands + applications système + films hors ligne), mais les amateurs d'émulation, de cloud gaming avec téléchargements locaux, ou de création de contenu (enregistrement 4K) se sentiront vite à l'étroit. La version 512 Go représente le meilleur compromis rapport capacité/prix, et c'est également notre avis : 150 € de plus pour doubler le stockage et gagner 4 Go de RAM, c'est raisonnable. En revanche, la variante 1 To à 849 € semble moins pertinente : à ce tarif, vous approchez l'iPad mini 7 512 Go (799 €), qui bénéficie d'un écosystème plus mature, d'une politique de support logiciel supérieure, et d'une valeur de revente plus stable.

L'absence de microSD prive également l'Astra d'une fonction pratique : le transfert rapide de ROMs ou de médias via carte externe. Vous devrez tout passer par USB-C (rapide, certes, à 800+ Mo/s en USB 3.2) ou via le réseau (plus lent), ce qui rallonge les opérations de synchronisation. 

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Un capteur photo anecdotique

Soyons clairs : personne n'achète une tablette gaming pour ses photos, et l'Astra ne déroge pas à la règle. Le capteur arrière de 13 MP (ouverture et taille de pixel non communiquées) et la caméra frontale de 9 MP (f/2.2, pixels de 0,7 µm) produisent des clichés utilisables en dépannage, mais très en deçà de ce que délivre le moindre smartphone milieu de gamme de 2025. Les photos de jour affichent des couleurs ternes, un manque de détails, et une forte compression dès que la scène comporte des zones d'ombre. En basse lumière, le bruit numérique explose et l'absence de stabilisation optique rend le flou de bougé quasi-systématique. Pas de mode portrait, pas de zoom optique (le zoom numérique se contente de recadrer l'image), pas de mode nuit dédié. La vidéo plafonne à 4K 30 fps à l'arrière et 1080p 30 fps à l'avant, sans stabilisation électronique efficace.

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La caméra frontale, placée sur le bord long (orientation paysage), remplit correctement son rôle en visioconférence : la qualité est suffisante pour Teams, Zoom, ou Google Meet en 1080p, et le positionnement évite l'angle "double-menton" typique des webcams en bord court. Pour le reste, considérez ces capteurs comme de simples outils fonctionnels (scanner un QR code, photographier un document) et non comme des arguments d'achat.

Crache ta magie rouge, Myrhdin

L'Astra est une proposition rare : une tablette compacte qui ne sacrifie ni la puissance, ni la qualité d'affichage, ni l'ergonomie. Son écran OLED 165 Hz rivalise avec les meilleures dalles du marché, son Snapdragon 8 Elite avale tous les jeux mobiles et émulateurs sans sourciller, et son châssis aluminium de 370 grammes offre un confort de prise en main que les ardoises 12-13 pouces ne peuvent égaler. La connectique USB-C 3.2 Gen2 capable de piloter un écran 4K externe transforme cette tablette en station gaming/bureautique polyvalente, un atout unique dans ce format.

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Nous regrettons néanmoins quelques compromis évitables : l'audio stéréo manque de corps, l'absence de jack 3,5 mm et de microSD restreint la flexibilité, et le port USB-C décentré complique l'usage de certains grips USB-C. La politique de support logiciel (5 ans de correctifs de sécurité, mais 1 seule mise à jour Android majeure) paraît limitée pour un appareil de cette gamme, même si elle reste correcte pour le marché européen. Enfin, l'écosystème d'accessoires officiels demeure restreint et onéreux, obligeant à composer avec des solutions tierces ou à patienter.

Malgré ces réserves, l'Astra s'impose comme la meilleure tablette Android compacte orientée gaming disponible en 2025, et probablement l'alternative la plus crédible à l'iPad mini pour les utilisateurs Android. À 499 € (12/256 Go) ou 649 € (16/512 Go), elle offre un rapport performances/prix difficile à égaler. Si vous cherchez un écran OLED sublime, une puissance mobile débridée, et un format transportable pour jouer, émuler, ou streamer en déplacement, l'Astra mérite votre attention. Les power-users qui acceptent ses limites logicielles et audio y trouveront un compagnon multimédia de choix. Les autres, plus sensibles à la pérennité logicielle ou à l'écosystème d'accessoires, pencheront vers l'iPad mini ou patienteront jusqu'à la prochaine itération.

Ce test a été réalisé par Myrhdin avec un produit fourni par le constructeur. Sa rédaction n'est le fruit d'aucune transaction financière entre le rédacteur ou JeuxOnLine et le constructeur ou les entreprises le représentant.

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