Test - Acer Connect M4 : un routeur 5G pour les nomades

Compact, robuste et endurant, l’Acer Connect M4 cible les déplacements, les séjours en zone mal couverte et les logements où internet fait encore défaut. Nous l’avons testé en Bretagne, en SIM, eSIM et relais Wi-Fi.

Nous avions presque fini par croire que le petit monde du routeur mobile nous boudait. (edit: le troll numéro 1 a marché, on parle à des gens de l'agence de Netgear, youhou !), TP-Link juge visiblement que notre colonne Hardware ne mérite pas qu’on lui prête un appareil, et c’est donc Acer qui a relancé la machine avec ce Connect M4. Tant mieux, parce que ce type de produit répond à un besoin très concret dans notre entourage direct.

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Entre la France, l’Allemagne et l’Espagne, plus quelques escapades dans des endroits où l’on ne peut jamais considérer l’accès au net comme acquis, disposer d’une connexion mobile autonome relève moins du caprice technophile que du matériel de survie domestique.

Nous avons donc embarqué ce routeur en Bretagne, dans un hameau d’une cinquantaine d’habitants où la fibre passe bien dans la rue, mais pas dans le logement où nous séjournions. Le Connect M4 a servi avec une carte SIM, avec Simo, puis en mode relais sur la box d’un voisin. Autrement dit, pas dans une salle de presse climatisée, mais dans le genre d’environnement où l’on attend d’un tel appareil qu’il travaille au lieu de poser.

Ce qu’on a aimé

La robustesse qui retire vite une source d’angoisse

Le premier bon point, et ce n’est pas un petit détail sur un appareil de voyage, tient à sa résistance. Le Connect M4 est certifié IP68, ce qui lui donne déjà une assise sérieuse sur le papier, mais nous avons surtout apprécié qu’il se comporte comme un objet qu’on peut utiliser sans le traiter comme une relique de laboratoire. Dans notre cas, il a subi deux chutes de plus de deux mètres, sans rayure notable, sans faiblesse au niveau du châssis et sans comportement étrange par la suite.

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Quand on essaie de gagner une barre de réseau en le posant sur un rebord, un mur bas ou le coin d’une fenêtre, on finit fatalement par lui faire prendre des risques un peu stupides. Le Connect M4 a encaissé cela sans broncher. Son format compact, son poids contenu, inférieur à 300 grammes selon les caractéristiques annoncées, et sa coque qui ne donne jamais l’impression d’être au bord de la rupture en font un vrai compagnon de sac, pas un appareil qu’on hésite à sortir de peur de l’abîmer.

La polyvalence réseau qui correspond vraiment à la vie mobile

C’est le cœur du produit, et c’est aussi ce qui lui permet de sortir du simple gadget de dépannage. Le Connect M4 accepte une SIM physique, une eSIM et un accès via vSIM, avec en plus un Wi-Fi 6 bi-bande capable de gérer jusqu’à 16 appareils. Dit comme cela, la fiche technique semble presque scolaire, mais à l’usage, cette souplesse fait la différence. Nous avons pu le penser comme un outil de continuité, pas seulement comme un hotspot d’appoint. On peut l’utiliser comme point d’accès principal avec une carte locale, le préparer en amont avec une eSIM, ou le transformer en relais Wi-Fi quand un accès existe déjà sur place mais mérite d’être mieux redistribué dans le logement. Acer évite aussi l’erreur consistant à imposer un téléphone pour tout piloter.

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L’écran tactile de 2,4 pouces permet de gérer les principales fonctions directement sur l’appareil, et l’interface web complète le tout sans exiger une application propriétaire devenue introuvable six mois plus tard. À cela s’ajoutent WPA3, pare-feu, VPN, verrouillage SIM et réseau invité. Sur un produit nomade, nous préférons largement cette approche, qui considère la sécurité comme un minimum plutôt que comme un bonus.

Une autonomie qui permet de cesser de regarder la jauge toutes les deux heures

La batterie de 8 000 mAh constitue l’un des arguments les plus faciles à vérifier, parce qu’elle pèse directement sur le confort d’usage. Sur nos différentes charges, nous avons observé une moyenne autour de 30 heures, avec un point bas à 21 heures dans le cadre de l’utilisation la plus lourde, à savoir deux périphériques connectés, du travail en ligne, de la navigation continue et du streaming vidéo. On peut partir la journée, puis une partie de la suivante, sans ressortir le câble à la première occasion.

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Cette endurance donne aussi un peu de marge aux usages moins rationnels, ceux où l’on finit par laisser le routeur allumé plus longtemps que prévu parce qu’on enchaîne une visio, un téléchargement, puis quelques épisodes en streaming.

Le fait qu’il puisse en plus servir de batterie d’appoint pour un smartphone renforce son intérêt de terrain. Nous ne remplacerions pas une vraie power bank dédiée pour partir plusieurs jours, mais dans un sac de voyage, cette fonction additionnelle rend service plus d’une fois.

Ce qu'on n'est pas sûrs d'avoir aimé

Le service SIMO, très pratique pour voyager, moins séduisant pour consommer beaucoup

SIMO fait partie des fonctions qui paraissent anecdotiques tant qu’on ne bouge pas beaucoup, puis deviennent immédiatement compréhensibles dès qu’on saute d’un pays à l’autre. Dans un cadre de voyage fréquent, avec des passages répétés entre plusieurs réseaux et la volonté d’éviter les démarches locales dès l’arrivée, le système a de vrais arguments. Il simplifie la mise en route, réduit le temps perdu et permet d’avoir une connectivité utilisable presque immédiatement. Nous comprenons donc très bien l’intérêt de sa présence sur ce type de routeur.

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Là où notre enthousiasme retombe un peu, c’est dès qu’on quitte l’usage itinérant ponctuel pour entrer dans une logique plus sédentaire ou plus gourmande en données. Dans ce cas, une SIM locale reste très souvent plus intéressante. Les exemples récents dans notre expérience ne manquent pas, avec 250 Go en France pour 16 euros ou 290 Go en Espagne pour 16 euros. À côté, l’argument pratique de SIMO ne suffit plus toujours à compenser le coût au gigaoctet.

Nous y voyons donc un vrai confort de voyageur, pas une solution économique universelle.

La finition qui privilégie l’outil plutôt que l’objet

Le Connect M4 nous a donné l’impression d’avoir été pensé par des gens qui avaient une liste d’usages concrets sous les yeux, pas une vitrine à remplir. C’est souvent une bonne chose, mais cela produit aussi une machine qui ne cherche jamais vraiment à flatter son propriétaire.

La coque plastique fait le travail, tient bien, inspire davantage confiance qu’un revêtement brillant ou trop décoratif, mais elle ne véhicule aucune sensation de montée en gamme. L’écran tactile, de son côté, remplit sa mission avec sérieux. Nous avons apprécié de ne pas dépendre systématiquement d’une application mobile, sauf qu’on reste sur une diagonale limitée, avec une navigation qui demeure pratique pour les réglages essentiels plutôt que pour de longues sessions d’administration.

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La recharge ne s’est pas révélée particulièrement rapide non plus. Rien de rédhibitoire, rien de raté, mais l’ensemble a davantage la rigueur d’un outil bien conçu que l’agrément luxueux d’un produit technophile un peu démonstratif.

Ce qu’on a moins aimé

Les concessions techniques qu’on remarque forcément à ce tarif

Le Connect M4 n’essaie pas d’être le routeur mobile le plus ambitieux du marché, et cela se voit sur plusieurs points. Nous sommes sur du Wi-Fi 6, pas sur du Wi-Fi 6E, ce qui signifie notamment l’absence de bande 6 GHz. Pour un usage mobile classique, ce n’est pas dramatique, surtout quand on cherche d’abord de la fiabilité en déplacement.

En revanche, à partir du moment où l’on se situe sur un produit souvent affiché à 229,99 euros dans sa version officielle avec 20 Go, même s’il tombe régulièrement sous la barre des 200 euros et a déjà été vu autour de 180 euros, on regarde plus attentivement ce qui manque. Nous aurions aimé un peu plus d’ambition sur certains raffinements matériels, en particulier pour les utilisateurs avancés qui voient ce type d’appareil comme un nœud de connectivité central et pas seulement comme un dépannage nomade.

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Le Connect M4 coche les cases importantes, mais il n’ouvre pas vraiment de perspectives supplémentaires sur le plan technique.

Les performances qui restent très dépendantes du réseau disponible

Il faut résister à la tentation de juger un routeur mobile comme s’il avait le pouvoir d’inventer de la couverture là où elle n’existe pas.

Le Connect M4 peut offrir de très bons résultats en mode SIM ou eSIM quand les conditions suivent, et nous avons relevé des débits tout à fait confortables, avec des pointes autour de 400 Mb/s en téléchargement et 28 Mb/s en envoi dans un cas favorable. Ces chiffres suffisent amplement pour du télétravail, de la vidéo, plusieurs appareils connectés et une utilisation familiale sans crispation immédiate.

Le problème, ou plutôt la limite, tient au fait que le produit reste fortement tributaire de l’environnement radio. Dans une zone médiocre, il ne fera pas de miracle, et son architecture n’a rien d’assez exotique pour changer les lois de la réception mobile.

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C’est un routeur solide et polyvalent, pas une baguette magique posée sur une étagère. Dans notre contexte breton, cela s’est senti très vite, au point de nous pousser à placer parfois l’appareil dans des positions un peu acrobatiques pour aller chercher les meilleures conditions possibles.

Crache ton nomade, Myrhdin

Nous avons passé un bon moment avec l’Acer Connect M4, précisément parce qu’il répond bien à un besoin qui ne relève pas du fantasme de fiche technique, mais de la vie réelle. Quand on voyage souvent, quand on jongle entre plusieurs pays, quand on dort dans un logement où la fibre passe juste à côté sans passer les quatres murs pluri-centennaires, ou quand on a simplement besoin d’un accès de secours sérieux, ce routeur a beaucoup d’arguments.

Sa robustesse, son autonomie, sa souplesse d’usage et son mode relais en font un appareil facile à recommander à celles et ceux qui savent pourquoi ils achètent ce type de produit. Nous avons davantage tiqué sur son positionnement tarifaire quand il remonte au-dessus des 200 euros, ainsi que sur la place de SIMO, pratique à l’usage, mais rarement compétitif face à une bonne SIM locale sur de gros volumes. En dessous de 200 euros, il devient franchement convaincant. Au tarif officiel, nous le trouvons sérieux, utile et bien construit, mais pas au point d’écraser toute concurrence par la seule force de sa fiche.

Ce test a été réalisé par Myrhdin avec un produit fourni par le constructeur. Sa rédaction n'est le fruit d'aucune transaction financière entre le rédacteur ou JeuxOnLine et le constructeur ou les entreprises le représentant.

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