Test - Hyperkin Competitor : quand la DualSense s'invite sur Xbox
Un contrôleur filaire qui reproduit le design et les sensations de la manette PS5 sur Xbox ? L'idée paraît loufoque, et pourtant Hyperkin réussit son pari avec une proposition technique solide à prix contenu.
En tant que fervent défenseur de l'écosystème Xbox (bon, on l'avouera, les derniers jours ont été difficiles), on doit avouer que tester une manette imitant la DualSense de Sony avait quelque chose d'ironiquement savoureux.
Cette Hyperkin Competitor ressemble tellement à la manette PS5 qu'on pourrait presque crier au plagiat, si ce n'était un produit officiellement licencié par Microsoft. Un paradoxe qui a immédiatement séduit par son côté décalé, mais qui cache en réalité une proposition technique très sérieuse.
Ce qu'on a aimé
Des sensations dignes de l'original
La Competitor réussit l'exploit de reproduire quasi parfaitement les sensations de la DualSense. Les boutons membranes offrent un retour tactile remarquablement proche de l'original, tandis que le D-pad séparé se révèle particulièrement efficace pour les jeux de combat. La texture du grip, subtilement travaillée, évite l'aspect "cheap" qu'on retrouve parfois sur les manettes tierces. Les vibrations, compatibles avec la technologie Impulse Trigger de Xbox, se montrent à la hauteur des standards first-party, même si leur sonorité est légèrement plus audible que sur une manette officielle.
Une excellence technique indéniable
L'implémentation des sticks analogiques Hall Effect constitue un argument de poids. Avec une dead zone minimale et des anneaux anti-friction métalliques, la précision est au rendez-vous. Les performances sont solides : une latence des boutons de moins de 5 ms et des sticks d'environ 6 ms, pour une fréquence de polling stable à 250 Hz (le maximum autorisé par Microsoft). La stabilité des sticks est particulièrement remarquable, ne présentant aucun "jitter" habituellement associé aux technologies Hall Effect.
Des gâchettes parfaites pour la course
Les gâchettes analogiques représentent peut-être la plus belle réussite de cette manette. Leur course longue et leur résistance progressive en font un choix idéal pour les jeux de course, offrant un contrôle particulièrement fin de l'accélération et du freinage. Le retour de force via Impulse Trigger se montre convaincant, même s'il ne peut égaler les gâchettes adaptatives de la DualSense, technologie exclusive à Sony.
Ce qu'on n'est pas sûrs d'avoir aimé
Un câble qui divise
La connexion filaire, si elle garantit une latence minimale, peut rebuter certains joueurs habitués au sans-fil. Le câble USB-A vers USB-C fourni fait preuve de générosité avec ses 3 mètres de longueur, mais l'absence de tressage pourrait soulever des questions sur sa durabilité à long terme. À 49,99€, on aurait pu espérer cette finition supplémentaire.
Des sticks symétriques qui déstabilisent
La première réaction de l'ami Dunta, autre fan de la manette Xbox, à ka vue de cette manette : "Sacrilège, les sticks ne sont pas à la bonne place !". Bien que ce soit le concept même du produit, le placement symétrique des sticks demande une période d'adaptation pour les joueurs Xbox habitués à la disposition asymétrique. Cette configuration, si elle excelle, dans le cadre de notre utilisation habituelle, dans les jeux de plateforme et les beat'em up, peut se montrer moins intuitive dans les FPS où la disposition Xbox traditionnelle est trop ancrée dans notre mémoire musculaire.
Une personnalisation limitée
Si les deux boutons arrière programmables sont bienvenus, leur configuration reste basique comparée aux solutions plus avancées du marché. L'absence de logiciel dédié limite les possibilités de personnalisation, notamment pour l'ajustement des zones mortes ou la création de profils. Les embouts de stick interchangeables fournis auraient également pu inclure une option "champignon" pour plus de variété.
Ce que l'on a moins aimé
Des gâchettes trop longues pour le FPS
La course généreuse des gâchettes, si appréciable dans les jeux de course, devient un handicap dans les jeux de tir. L'absence de "hair triggers" (gâchettes courtes) oblige à remapper les boutons arrière pour compenser, une solution fonctionnelle mais qui prive le joueur de deux boutons supplémentaires potentiellement utiles.
On aurait aimé avoir des trigger -stops à la manière de ce que propose par exemple Power A sur sa Fusion Pro.
L'absence des fonctionnalités PlayStation
Une critique peut-être injuste compte tenu des limitations techniques de l'écosystème Xbox, mais l'absence du retour haptique avancé et des gâchettes adaptatives de la DualSense se fait sentir. Ces fonctionnalités sont devenues des arguments différenciants de l'expérience PlayStation, et leur absence rappelle qu'il s'agit "seulement" d'une très bonne manette Xbox classique.
En gros, on aurait aimé pouvoir pousser le gag de cette drôle expérience de cross-gaming aussi loin que possible. On sait bien que ce n'est pas possible, chers amis d'Hyperkin, mais ça aurait été vachement drôle, même si on est sûrs qu'il doit y avoir une tonne de vidéos YouTube qui ont déjà fait ça dans un contexte d'exploitation non-commerciale.
Crache ton déguisement, Myrhdin
En tant que joueur Xbox de longue date, on ne peut s'empêcher de sourire en prenant cette manette en main après avoir lancé notre Series X. C'est un peu comme inviter un fan de Pokémon à une soirée Gears of War : ça n'a aucun sens, et c'est justement ce qui en fait tout le sel. Mais au-delà de cette fantaisie visuelle, Hyperkin a créé bien plus qu'un gadget. La Competitor est une manette techniquement aboutie qui, à 49,99€, représente une alternative crédible aux manettes officielles, avec un petit je-ne-sais-quoi qui se voit comme un nez au milieu de la figure.
Les joueurs habitués aux deux écosystèmes apprécieront particulièrement ce pont jeté entre les deux univers. La qualité de fabrication, les performances techniques et les sensations sont au rendez-vous pour cette gamme de prix. Les quelques compromis, notamment l'absence de "hair triggers" ou le câble non tressé, sont largement compensés par la précision des sticks Hall Effect et l'excellence des gâchettes pour les jeux de course.
Si cette manette était un plat, ce serait un fusion food réussi : on reconnaît les ingrédients d'origine, mais le mélange crée quelque chose de nouveau et d'intéressant. Une belle réussite pour Hyperkin qui prouve qu'on peut sortir des sentiers battus tout en restant bon techniquement.
Ce test a été réalisé par Myrhdin avec un produit fourni par le constructeur. Sa rédaction n'est le fruit d'aucune transaction financière entre le rédacteur ou JeuxOnLine et le constructeur ou les entreprises le représentant.
Sur le même sujet :
| Activités | concepteur de produits électroniques |
|---|---|
| Création |
2006 (États-Unis d'Amérique) |
| Pays d'origine | États-Unis d'Amérique |











Réactions (2)
Afficher sur le forumPas de compte JeuxOnLine ?
Créer un compte