Test - Dangbei DBOX02 : un laser 4K accessible et performant

Le projecteur laser Dangbei DBOX02 propose une expérience 4K HDR à 2450 lumens avec Google TV intégré, pour un tarif qui le positionne en alternative sérieuse aux téléviseurs.

Le Dangbei DBOX02, vénérable ancêtre du Dangbei DBOX02 Pro que nous avons pu tester, s'inscrit dans une catégorie de projecteurs laser domestiques qui cherchent à démocratiser l'accès à la grande image 4K.

Lancé il y a maintenant plus de deux ans, ce modèle chinois mise sur une source laser phosphore bleue associée à une puce DLP 0.47" pour afficher une résolution native de 3840 x 2160 pixels. Avec ses 2450 lumens ISO annoncés et son système d'exploitation Google TV préinstallé avec Netflix, l'appareil vise les utilisateurs souhaitant remplacer leur téléviseur par une solution de projection grand format sans multiplier les périphériques externes. La machine intègre également un système audio stéréo de 2 x 12W compatible Dolby Digital et DTS:X, promettant une solution tout-en-un pour le salon.

Disponible autour de 1.300€ en France, le DBOX02 se positionne dans un segment tarifaire compétitif face aux alternatives de marques établies comme XGIMI ou Hisense.

DBOX02 03

Ce qu'on a aimé

La luminosité exploitable en journée

Le projecteur délivre une luminosité mesurée à 2750 lumens ANSI, dépassant les 2450 lumens ISO annoncés par le constructeur. Cette puissance lumineuse autorise une utilisation en journée avec de la lumière ambiante, même si les conditions idéales restent une pièce semi-obscurcie. Nous avons pu visionner des contenus avec des stores partiellement ouverts sans que l'image ne devienne complètement délavée, ce qui contraste avec de nombreux projecteurs d'entrée de gamme limités aux séances nocturnes.

La source laser offre également l'avantage d'une durée de vie annoncée de 25.000 heures sans dégradation significative de la luminosité, contrairement aux lampes traditionnelles. Pour autant, l'utilisation en plein jour avec toutes les fenêtres ouvertes reste problématique et nécessite des rideaux occultants pour conserver un niveau de contraste acceptable.

Une calibration colorimétrique remarquable d'usine

La précision des couleurs constitue l'un des points forts majeurs du DBOX02.

Nous avons mesuré un Delta E moyen de 1.7 en SDR et 1.5 en HDR, des valeurs qui placent ce projecteur au niveau des modèles bien plus onéreux en termes de fidélité colorimétrique. Cette calibration d'usine signifie que l'appareil affiche des couleurs vibrantes sans dérive notable vers le rouge, le bleu ou le vert, et ce sans nécessiter d'intervention manuelle dans les réglages avancés. L

es contenus animés et les films aux palettes saturées bénéficient particulièrement de cette précision, avec des teintes chair naturelles et des ciels bleus qui ne versent pas dans l'artificiel. La technologie DLP combinée à la source laser phosphore garantit une uniformité colorimétrique sur toute la surface projetée, sans les variations de teinte parfois observées sur les dalles LCD des projecteurs à lampe.

Le rendu HDR10+ convaincant

Le support du HDR10+ apporte un gain visible dans la gestion des métadonnées dynamiques scène par scène. Contrairement au HDR10 classique qui applique un mappage global pour l'ensemble du contenu, le HDR10+ ajuste la luminosité et le contraste pour chaque séquence, ce qui se traduit par des détails préservés dans les zones sombres et des hautes lumières moins écrêtées.

DBOX02 06

Nous avons constaté que le rendu HDR surpasse celui du SDR sur ce projecteur, avec une meilleure exploitation de la plage dynamique disponible malgré les limites inhérentes à la technologie DLP monochromatique. Les scènes de nuit dans les films d'action révèlent des détails dans les ombres que le mode SDR écrase complètement, tandis que les explosions et les sources lumineuses conservent leur impact sans devenir des taches blanches informes. Le HLG est également pris en charge pour les contenus diffusés.

Le système audio stéréo performant

Les haut-parleurs intégrés de 2 x 12W délivrent une qualité sonore surprenante pour un projecteur dans cette gamme de prix. La réponse des basses se révèle particulièrement efficace, avec suffisamment de corps pour ne pas donner l'impression d'un son plat et nasillard typique des petits transducteurs. L'image stéréo offre une séparation gauche-droite perceptible, créant une spatialisation qui renforce l'immersion dans les scènes d'action ou les passages musicaux.

Le support du Dolby Digital et du DTS:X permet de décoder correctement les pistes multicanaux des Blu-ray et des services de streaming, même si l'appareil ne peut évidemment pas recréer une véritable ambiance surround. Le volume maximal reste suffisant pour une pièce de taille moyenne, bien qu'un gain supplémentaire d'environ 10% aurait été appréciable pour les scènes les plus dynamiques. La possibilité de connecter une barre de son via HDMI ARC ou une enceinte Bluetooth demeure toutefois recommandée pour les audiophiles.

Les fonctions d'ajustement automatique AI

Le système d'autofocus se montre rapide et précis, corrigeant la mise au point en quelques secondes lors de la mise sous tension ou après un déplacement du projecteur. La correction trapézoïdale automatique détecte les angles d'installation et ajuste l'image pour obtenir un rectangle parfait, bien que cette fonction connaisse des ratés occasionnels qui nécessitent une intervention manuelle.

L'évitement d'obstacles représente la fonctionnalité la plus impressionnante : le projecteur détecte les objets présents sur le mur (tableaux, meubles, interrupteurs) et adapte la forme de l'image pour les contourner, évitant ainsi les déformations gênantes. Cette capacité s'avère particulièrement utile lors d'une installation temporaire où l'on ne peut pas garantir un mur parfaitement dégagé. L'ajustement d'écran permet également de redimensionner l'image aux dimensions exactes d'un écran physique, maximisant ainsi l'utilisation de la surface réfléchissante sans débordement.

La plateforme Google TV avec Netflix natif

L'intégration de Google TV avec Netflix préinstallé simplifie considérablement l'expérience utilisateur en éliminant le besoin d'un lecteur externe ou d'un boîtier streaming supplémentaire.

L'interface agrège les contenus de multiples services dans une page d'accueil unifiée, permettant de reprendre une série Amazon Prime Video juste à côté d'un film Disney+ sans jongler entre les applications. La compatibilité avec l'écosystème Google autorise la diffusion de contenus depuis un smartphone Android via Chromecast intégré, ou le contrôle vocal via Google Assistant pour lancer une recherche ou démarrer un contenu.

Les mises à jour du système apportent régulièrement de nouvelles fonctionnalités et corrigent les bugs, comme l'ajout du support 3D Blu-ray qui n'était pas disponible au lancement. La présence d'un port Ethernet RJ45 complète le Wi-Fi 6 pour garantir une connexion stable lors du streaming 4K HDR.

DBOX02 05

Une connectivité HDMI complète

Le projecteur dispose de deux ports HDMI 2.1, dont un compatible eARC pour la transmission du son vers une barre de son ou un amplificateur. Cette configuration autorise la connexion simultanée d'une console de jeu et d'un lecteur Blu-ray sans avoir à débrancher régulièrement les câbles.

Les deux ports USB-A permettent de lire directement des fichiers depuis une clé ou un disque dur externe, offrant une alternative pratique pour les films personnels ou les enregistrements en dehors des services de streaming.

Le Bluetooth 5.0 autorise la connexion d'écouteurs sans fil pour les sessions nocturnes ou d'une enceinte externe pour améliorer le rendu sonore. Nous avons également apprécié la présence d'une sortie audio jack 3.5mm pour les installations qui nécessitent une liaison filaire vers un système audio existant.

Ce qu'on n'est pas sûrs d'avoir aimé

Le châssis en aluminium glossy

La finition en panneaux glossy confère certes un aspect premium au projecteur, mais elle attire immanquablement les traces de doigts et la poussière. Chaque manipulation de l'appareil laisse des marques visibles qui nécessitent un nettoyage régulier avec un chiffon microfibre pour maintenir l'esthétique. Cette problématique devient particulièrement agaçante lors de l'installation initiale qui demande plusieurs ajustements de position et d'angle.

La poussière s'accumule également rapidement sur les surfaces brillantes, créant un contraste inesthétique avec les zones nettoyées. Une finition mate ou texturée aurait mieux convenu à un appareil destiné à rester visible dans un salon, mais le choix du glossy s'inscrit dans une tendance design que certains utilisateurs apprécient pour son apparence luxueuse.

La télécommande sans rétroéclairage

La télécommande fournie manque de rétroéclairage, ce qui complique son utilisation lors des séances de visionnage dans l'obscurité. Nous avons dû tâtonner à plusieurs reprises pour identifier les boutons corrects, particulièrement lors des premières semaines d'utilisation avant que la disposition ne devienne intuitive.

L'absence de bouton dédié pour accéder directement aux réglages AV ajoute une couche de navigation supplémentaire, obligeant à passer par le menu principal puis à descendre dans les sous-menus pour ajuster des paramètres comme le mode d'image ou les niveaux audio. Certains boutons ne comportent pas d'étiquetage clair, leur fonction n'étant identifiable que par les icônes gravées qui restent difficiles à distinguer dans le noir. Ces choix ergonomiques surprennent sur un projecteur de cette gamme tarifaire.

DBOX02 13

Le mode High Performance bruyant

Le projecteur propose un mode High Performance censé maximiser la luminosité, mais ce réglage rend les ventilateurs excessivement bruyants au point de devenir gênant lors du visionnage de contenus avec des passages calmes. Le bruit de fond constant couvre les dialogues chuchotés et brise l'immersion dans les scènes d'ambiance, transformant l'expérience en séance désagréable.

Le mode standard offre heureusement un équilibre acceptable entre luminosité et nuisance sonore, avec des ventilateurs audibles mais non intrusifs qui se fondent dans le son du film après quelques minutes. Nous avons conservé le mode standard pour l'intégralité de notre période de test après avoir rapidement abandonné le mode High Performance. Cette limitation rappelle que la gestion thermique d'une source laser dans un châssis compact reste un défi technique.

L'installation qui nécessite réflexion

La mise en place optimale du DBOX02 demande une planification préalable que les néophytes de la projection (dont on fait partie, on ne va pas se voiler la face) sous-estiment souvent.

L'appareil doit idéalement être positionné à une distance précise du mur pour obtenir la diagonale d'image souhaitée, avec un ratio de projection qui impose par exemple un recul de plus de 2,5 mètres pour afficher une diagonale de 2,5 mètres. Cette contrainte géométrique peut nécessiter l'achat d'un support de plafond ou d'une étagère dédiée si le mobilier existant ne se trouve pas au bon endroit.

L'utilisation d'un écran de projection plutôt qu'un simple mur blanc améliore significativement le contraste et la luminosité perçue, mais représente un investissement supplémentaire de 150 à 400€ selon la qualité et la taille choisies. Les câbles HDMI longs deviennent également nécessaires si les sources sont éloignées, avec des longueurs de 5 à 10 mètres qui ajoutent une ligne budgétaire rarement anticipée par les futurs acquéreurs.

DBOX02 11

Ce qu'on a moins aimé

Les noirs qui restent gris foncé

Le niveau de noir du DBOX02 propose un gris foncé plutôt qu'un noir profond. Les scènes sombres affichent systématiquement un voile grisâtre qui empêche d'atteindre la profondeur des écrans OLED ou même des projecteurs à trois puces DLP. Cette limitation technologique devient particulièrement visible lors du visionnage de contenus cinématographiques aux esthétiques sombres, comme les films de science-fiction dans l'espace ou les thrillers nocturnes.

Les barres noires du format cinémascope 2.35:1 ne disparaissent jamais complètement dans l'obscurité, créant un halo grisâtre au-dessus et en-dessous de l'image. Si les détails dans les zones sombres restent excellents grâce à la gestion HDR, le contraste absolu ne rivalise pas avec les technologies d'affichage haut de gamme. Les utilisateurs sensibles à cette problématique devront accepter ce compromis inhérent à la catégorie de prix.

Les artefacts arc-en-ciel perceptibles

La technologie DLP monochromatique génère des artefacts arc-en-ciel que les personnes sensibles perçoivent sous forme de flashs colorés fugaces lors des mouvements rapides à l'écran ou des saccades oculaires.

Ces artefacts résultent du fonctionnement séquentiel de la roue chromatique qui affiche successivement les couleurs primaires à haute fréquence pour reconstituer l'image couleur finale. Nous avons constaté ces flashs principalement lors des transitions brusques entre zones claires et sombres, comme les génériques blancs sur fond noir ou les déplacements rapides de curseurs sur interface.

Il n'existe malheureusement aucun réglage logiciel pour atténuer ce phénomène physique, les utilisateurs concernés devant se tourner vers des projecteurs LCD ou LCoS.

DBOX02 01

La RAM limitée qui ralentit l'interface

Le projecteur embarque seulement 2GB de RAM, une quantité limite pour faire fonctionner fluidement Google TV avec ses applications multiples en arrière-plan.

Nous avons rencontré des lenteurs notables lors du défilement dans les menus, particulièrement après avoir laissé plusieurs applications ouvertes sans les fermer manuellement. Le démarrage du système prend également entre 12 et 22 secondes avant d'afficher l'interface, un délai qui peut frustrer les utilisateurs habitués à l'instantanéité des téléviseurs modernes.

La navigation dans les timelines de lecture 4K provoque des saccades visibles lorsque l'on cherche un passage précis dans un film en faisant défiler la barre de progression.

Autre point noir lié à la RAM : les mises à jour système nécessitent plus de 20 minutes pour installer 1GB de données, un processus anormalement long qui témoigne des limitations du processeur et de la mémoire.

Cette économie sur les composants internes se ressent au quotidien et aurait mérité un investissement supplémentaire pour garantir une expérience logicielle à la hauteur des capacités d'affichage.

DBOX02 12

La correction trapézoïdale parfois capricieuse

Le système de correction trapézoïdale automatique connaît des ratés qui obligent à basculer en mode manuel pour obtenir une image correctement alignée. Nous avons observé des situations où le projecteur détecte incorrectement l'angle d'installation et applique une correction excessive qui déforme inutilement l'image, créant un trapèze inversé alors que le positionnement initial était acceptable.

La fonction d'évitement d'obstacles se révèle également lente à réagir, nécessitant parfois plusieurs minutes avant de recalculer les contours à éviter. Ces défaillances occasionnelles brisent la promesse d'une installation entièrement automatisée et nécessitent une intervention manuelle frustrante.

La correction géométrique, qu'elle soit automatique ou manuelle, provoque également un débordement de lumière autour de l'écran si l'on utilise une toile physique, car le projecteur émet toujours sur une surface rectangulaire complète avant de déformer numériquement l'image active.

L'absence de support orientable en standard

Le DBOX02 ne dispose d'aucun réglage pivotant sans l'achat du support gimbal optionnel vendu séparément. Cette omission oblige à positionner l'appareil parfaitement perpendiculaire au mur ou à activer la correction trapézoïdale qui dégrade légèrement la netteté de l'image par interpolation numérique. Le support gimbal officiel permet certes une orientation omnidirectionnelle du projecteur, mais son tarif s'ajoute à l'investissement initial et devrait logiquement être inclus dans le package de base.

Les vis de réglage de hauteur sous le châssis offrent un ajustement minimal de quelques centimètres, insuffisant pour compenser une installation sur meuble bas lorsque l'écran se trouve en hauteur. Cette économie sur les fonctionnalités mécaniques force les utilisateurs à choisir entre un positionnement contraint ou un achat additionnel pour gagner la flexibilité attendue.

DBOX02 07

Crache ton projo, Myrhdin

Le Dangbei DBOX02 remplit correctement son contrat de projecteur laser 4K accessible, avec une calibration colorimétrique et une luminosité qui surpassent les attentes pour son segment tarifaire. La présence de Google TV avec Netflix natif simplifie l'utilisation quotidienne en éliminant le besoin de périphériques externes, tandis que le système audio intégré se révèle suffisant pour des séances occasionnelles. Les noirs gris typiques du DLP et les artefacts arc-en-ciel limiteront toutefois son attrait auprès des cinéphiles exigeants ou des personnes sensibles à ces défauts technologiques.

Les 2GB de RAM constituent la principale erreur de conception, provoquant des lenteurs qui ternissent l'expérience logicielle alors que le matériel d'affichage offre des performances solides. Pour moins de 1.300€, le projecteur représente une alternative crédible aux téléviseurs pour qui accepte les compromis inhérents à la projection et dispose de l'espace nécessaire à une installation réfléchie. Les utilisateurs devront anticiper des investissements complémentaires dans un écran de projection et potentiellement une barre de son pour exploiter pleinement le potentiel de l'appareil.

Le DBOX02 s'adresse avant tout aux néophytes de la projection domestique souhaitant découvrir les joies de la grande image sans sacrifier un budget à quatre chiffres, en acceptant qu'il ne rivalise pas avec les modèles premium deux à trois fois plus onéreux.

Ce test a été réalisé par Myrhdin avec un produit fourni par le constructeur. Sa rédaction n'est le fruit d'aucune transaction financière entre le rédacteur ou JeuxOnLine et le constructeur ou les entreprises le représentant.

Réactions


Personne n'a encore réagi. Soyez le premier.