Test - Dangbei DBOX02 Pro : le laser 4K "accessible"

Un projecteur laser 4K à moins de 1 400 euros qui marie qualité d'image, facilité d'installation et connectique moderne. Le DBOX02 Pro vise juste pour le home cinema familial.

Dangbei poursuit sa montée en puissance sur le marché des projecteurs domestiques avec le DBOX02 Pro, successeur direct du DBOX02 qui avait marqué les esprits. Cette nouvelle itération fait évoluer la formule en intégrant un support gyroscopique rotatif, la technologie de double laser brevetée LaserVibe et une taille d'écran étendue pouvant atteindre 300 pouces, le tout en réduisant paradoxalement le prix de vente. Nous avons affaire à un projecteur laser 4K basé sur la technologie DLP avec puce DMD 0,47 pouce et pixel shifting XPR, qui promet une expérience home cinema convaincante sans nécessiter une expertise technique poussée. Avec son système Google TV intégré, sa certification Netflix officielle et ses 2 000 ISO lumens, le DBOX02 Pro se positionne comme une solution clé en main pour les cinéphiles et les gamers désireux de transformer leur salon en salle obscure. L'appareil conserve un format compact de 23,6 × 20,1 × 16,3 cm pour environ 4 kg, facilitant ainsi les déplacements d'une pièce à l'autre. La promesse du constructeur chinois est claire : offrir une qualité d'image premium dans un écosystème smart complet, tout en simplifiant radicalement l'installation grâce à des automatismes intelligents.

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Ce qu'on a aimé

Une installation simplifiée grâce au support gyroscopique

Le DBOX02 Pro se distingue d'emblée par son support intégré breveté qui constitue une véritable avancée ergonomique pour cette gamme de prix. Ce pied gyroscopique autorise une rotation horizontale complète de 360 degrés et une inclinaison verticale de 120 degrés, offrant ainsi une liberté de placement rarissime dans cette catégorie. Nous pouvons installer le projecteur sur une étagère basse, une table haute, ou même envisager une fixation au plafond sans recourir à des accessoires supplémentaires. Cette polyvalence tranche avec les contraintes habituelles des projecteurs qui nécessitent un positionnement milllimétré face à l'écran. Le support lui-même impressionne par sa finition soignée et sa stabilité, avec des mécanismes de rotation fluides qui inspirent confiance sur la durée. L'ensemble reste suffisamment compact pour ne pas dénaturer l'esthétique épurée du projecteur, tout en apportant une vraie valeur ajoutée fonctionnelle. Cette solution intégrée évite l'achat d'un trépied ou d'un bras articulé vendu séparément chez la concurrence, ce qui représente une économie non négligeable et un argument de poids pour les utilisateurs recherchant la simplicité.

La technologie LaserVibe pour des couleurs naturelles

Dangbei mise sur sa technologie LaserVibe à double laser pour se démarquer des solutions mono-laser classiques. Ce système promet et tient sa promesse de délivrer une colorimétrie plus riche et des visuels plus nets que les configurations laser standard. Les tests révèlent une couverture de 108 % de l'espace colorimétrique Rec.709, ce qui garantit des couleurs naturelles et saturées sans verser dans l'outrance. Nous avons particulièrement apprécié le rendu fidèle des tons chair lors du visionnage de films contemporains, ainsi que la précision des teintes dans les scènes naturelles où végétation et ciels bénéficient d'une reproduction convaincante. La technologie DLP associée au double laser évite les effets d'arc-en-ciel parfois observés sur les projecteurs DLP mono-roue colorée, rendant l'expérience visuelle plus confortable pour les personnes sensibles. Le piqué de l'image en 4K reste excellent grâce au pixel shifting XPR sur puce 0,47 pouce DMD, même si nous restons techniquement sur une résolution native Full HD améliorée plutôt qu'une vraie 4K native. Pour le contenu HDR10+ et HLG supporté par l'appareil, la gestion des métadonnées dynamiques apporte un vrai bénéfice en termes de profondeur et de relief de l'image.

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Une luminosité de 2 000 ISO lumens adaptée aux pièces lumineuses

Avec ses 2 000 ISO lumens certifiés selon la norme ISO 21118, le DBOX02 Pro affiche une luminosité suffisante pour s'affranchir partiellement de l'obscurité totale. Nous avons pu visionner du contenu en fin d'après-midi avec des volets semi-fermés sans que l'image ne devienne fantomatique, ce qui représente un avantage indéniable pour une utilisation familiale quotidienne. Les matchs sportifs en journée ou les sessions gaming l'après-midi restent ainsi pleinement exploitables sans nécessiter un black-out complet. Cette luminosité place le DBOX02 Pro dans une catégorie intermédiaire appréciable : suffisamment puissant pour supporter un éclairage d'ambiance modéré, mais pas au point de rivaliser avec les modèles haut de gamme qui dépassent les 3 000 lumens. Il faut noter que cette valeur de 2 000 lumens représente une baisse par rapport aux 2 450 ISO lumens du DBOX02 original, mais les testeurs s'accordent pour dire que cette différence reste imperceptible à l'usage, notamment grâce à la meilleure efficacité du système LaserVibe. Le laser conserve par ailleurs ses avantages intrinsèques : durée de vie prolongée d'au moins 15 ans à raison de 4 heures par jour (soit environ 22 000 heures minimum), stabilité de la luminosité dans le temps, et absence de période de préchauffage.

Un écosystème smart complet avec Google TV

Le DBOX02 Pro embarque Google TV dans sa version complète, ce qui en fait bien plus qu'un simple projecteur. Nous disposons ainsi d'un accès direct à Netflix certifié officiellement, YouTube, Prime Video, Disney+, et l'ensemble du catalogue du Google Play Store sans nécessiter de boîtier externe. Cette certification Netflix constitue un point important car elle garantit la compatibilité native avec le service de streaming, là où de nombreux projecteurs Android obligent à passer par des solutions de contournement. L'interface Google TV se révèle fluide et intuitive grâce aux 2 Go de RAM DDR3 et 32 Go de stockage eMMC 5.1, avec des temps de chargement tout à fait acceptables. La télécommande Bluetooth fournie intègre un micro pour la commande vocale Google Assistant, permettant de lancer une recherche ou de contrôler la lecture sans naviguer dans les menus. Le support du Chromecast intégré facilite également le partage de contenu depuis un smartphone ou une tablette. Nous avons apprécié la possibilité de personnaliser l'interface avec nos applications favorites et de bénéficier des mises à jour OTA régulières du système. Seul bémol côté streaming : l'absence de BBC iPlayer pour les utilisateurs britanniques, une limitation classique sur les appareils Google TV vendus hors du Royaume-Uni.

Une connectique moderne et complète

Le DBOX02 Pro n'a pas lésiné sur la connectivité, proposant un arsenal complet qui satisfera aussi bien les puristes du câble que les adeptes du sans-fil. On retrouve à l'arrière deux ports HDMI 2.1 dont un avec support eARC, permettant de connecter simultanément une console de jeu et un lecteur Blu-ray tout en renvoyant le son vers une barre de son ou un ampli via eARC. Les deux ports USB 2.0 acceptent la lecture directe de contenus multimédia sur clés USB ou disques durs externes, une fonctionnalité pratique pour consulter sa bibliothèque personnelle sans passer par le réseau. La sortie S/PDIF optique côtoie une prise jack 3,5 mm pour les sorties audio alternatives, offrant ainsi trois options distinctes pour externaliser le son. Le port Ethernet RJ45 complète le Wi-Fi 6 bi-bande 2,4/5 GHz conforme aux normes 802.11ax pour garantir un streaming stable même en 4K HDR. Enfin, le Bluetooth 5.2 autorise aussi bien la connexion d'enceintes sans fil que de casques audio pour une écoute nocturne discrète. Cette richesse en connectique filaire distingue le DBOX02 Pro de nombreux concurrents qui sacrifient les ports au profit d'un design minimaliste, et nous permet de l'intégrer facilement dans une installation home cinema existante.

Des automatismes efficaces pour un usage plug & play

L'un des atouts majeurs du DBOX02 Pro réside dans ses fonctions d'installation automatique qui transforment la mise en route en une opération de quelques secondes. Le système d'autofocus basé sur un capteur ToF (Time of Flight) et une caméra analyse en permanence la distance à l'écran et ajuste la netteté sans intervention manuelle. La correction automatique du trapèze (auto keystone) verticale et horizontale compense les angles de projection jusqu'à ±30 degrés, permettant d'installer le projecteur légèrement décentré sans distorsion géométrique visible. Nous avons également testé la fonction Screen Fit qui détecte automatiquement les bords de l'écran ou du mur blanc et recadre l'image en conséquence, ainsi que la détection d'obstacles qui évite de projeter sur des cadres ou des meubles en ajustant les limites de l'image. Un capteur de luminosité ambiante module automatiquement la puissance du laser pour optimiser le rendu selon les conditions d'éclairage de la pièce. Enfin, la protection oculaire détecte une présence devant l'objectif et réduit immédiatement la luminosité pour éviter tout éblouissement, une précaution appréciable dans un foyer avec enfants ou animaux. Ces automatismes se montrent suffisamment fiables au quotidien pour que nous n'ayons quasi jamais eu besoin de replonger dans les menus de réglages manuels.

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Un son intégré étonnamment efficace

Les deux haut-parleurs de 12 W chacun intégrés au châssis du DBOX02 Pro offrent une prestation sonore bien supérieure à ce qu'on attend habituellement d'un projecteur. La configuration stéréo latérale assure une bonne séparation des canaux, et le support des technologies Dolby Audio, Dolby Digital Plus et DTS Virtual:X apporte une certaine spatialisation au son. Nous avons été agréablement surpris par la restitution des dialogues qui restent intelligibles même lors de scènes d'action bruyantes, et par une extension dans le grave correcte pour des transducteurs de cette taille. Le volume maximal se révèle suffisant pour sonoriser une pièce de 25-30 m² sans forcer, même si la dynamique trouve logiquement ses limites face à une vraie enceinte dédiée. Pour une utilisation quotidienne sans prétention audiophile, ce système audio évite l'obligation d'investir immédiatement dans des enceintes externes. Bien entendu, les options eARC, S/PDIF et jack permettent de basculer vers un système plus ambitieux le jour où l'envie se présente, mais la qualité des haut-parleurs intégrés permet de démarrer sereinement sans périphérique supplémentaire.

Des performances gaming convaincantes

Le DBOX02 Pro ne se contente pas d'exceller en visionnage passif, il affiche également des arguments solides pour le gaming sur grand écran. Avec un taux de rafraîchissement pouvant atteindre 60 Hz en 4K et 240 Hz en 1080p, l'appareil s'adapte aussi bien aux jeux cinématiques qu'aux FPS compétitifs. Nous avons mesuré un input lag d'environ 30 millisecondes en mode Gaming, une latence suffisamment faible pour garantir une réactivité satisfaisante dans la majorité des situations de jeu. La technologie MEMC (Motion Estimation Motion Compensation) peut être activée pour réduire le flou de mouvement dans les séquences rapides, même si certains puristes préféreront la désactiver pour éviter les artefacts potentiels sur les mouvements très véloces. Les deux ports HDMI 2.1 permettent de brancher simultanément une PS5 et une Xbox Series X sans jongler avec les câbles, et la luminosité élevée autorise quelques sessions gaming en soirée sans obscurité complète. La taille d'écran ajustable de 40 à 300 pouces offre par ailleurs une immersion difficile à égaler sur un téléviseur classique, transformant chaque partie en expérience sensorielle démesurée. Nous avons apprécié la fluidité générale du rendu et l'absence de ghosting notable, même si les puristes du gaming compétitif préféreront toujours un moniteur 144 Hz+ pour le multiplayer exigeant.

Ce qu'on n'est pas sûrs d'avoir aimé

Une luminosité en retrait par rapport au modèle précédent

Le passage de 2 450 à 2 000 ISO lumens entre le DBOX02 original et le DBOX02 Pro peut interroger sur la notion même de "Pro". Dangbei justifie cette baisse par l'optimisation apportée par la technologie LaserVibe qui compenserait le déficit brut par une meilleure efficacité colorimétrique et un meilleur piqué. Les tests pratiques tendent effectivement à valider cette affirmation, puisque la différence de luminosité reste difficilement perceptible à l'œil nu dans des conditions d'éclairage normales. Néanmoins, pour les utilisateurs qui projettent régulièrement en plein jour ou dans des pièces très lumineuses, ces 450 lumens en moins pourraient faire la différence entre une image confortable et une image légèrement voilée. Nous nous interrogeons également sur le positionnement tarifaire : le DBOX02 original se trouve désormais à £1,099 (environ 1 290 €) après réduction, contre £1,149 (environ 1 349 €) pour le Pro, soit un écart de seulement 60 euros qui pourrait justifier l'achat de l'ancien modèle plus lumineux pour ceux qui disposent déjà d'un support et ne recherchent pas forcément la taille d'écran maximale de 300 pouces. Cette question du rapport luminosité/prix reste donc une affaire de priorités personnelles et d'usage spécifique.

La technologie MEMC activable mais perfectible

La présence de la technologie MEMC pour l'interpolation d'images constitue un argument marketing apprécié par certains utilisateurs, notamment pour le sport et les contenus vidéo à 24 ou 30 images par seconde. Dans les faits, nous avons constaté que cette fonction peut effectivement réduire le flou de mouvement et fluidifier les panoramiques, mais au prix de l'apparition d'artefacts dans certaines scènes complexes avec mouvements rapides ou multiples. Le fameux "soap opera effect" caractéristique du MEMC peut également dénaturer l'aspect cinématographique de certains films en leur donnant un rendu trop lisse et artificiel. Dangbei a eu la bonne idée de rendre cette fonction activable/désactivable selon les préférences, ce qui permet à chacun de tester et de se faire sa propre opinion. Nous recommandons toutefois de la laisser désactivée pour le cinéma et de l'activer ponctuellement pour le sport ou les documentaires où la fluidité prime sur le respect de l'intention artistique. Il s'agit moins d'un défaut que d'une fonctionnalité dont l'utilité divise, et dont la mise en œuvre sur le DBOX02 Pro ne nous a pas semblé supérieure à ce que propose la concurrence dans cette gamme de prix.

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Une télécommande dépourvue de rétroéclairage

La télécommande Bluetooth livrée avec le DBOX02 Pro remplit correctement son office avec ses touches dédiées Netflix et YouTube, son micro pour Google Assistant et son ergonomie globalement bien pensée. Néanmoins, nous déplorons l'absence de tout rétroéclairage des touches, une omission surprenante pour un appareil destiné à fonctionner en salle obscure. Chercher à tâtons le bouton pause ou de réglage du volume dans le noir complet relève du parcours du combattant les premiers jours, jusqu'à mémoriser l'emplacement exact de chaque touche. Cette économie de conception semble d'autant plus regrettable que des télécommandes bien moins onéreuses intègrent désormais un rétro-éclairage LED activable par détection de mouvement. Nous aurions également apprécié un revêtement caoutchouté ou texturé pour améliorer la prise en main et différencier tactilement les zones de la télécommande. Certes, la commande vocale compense partiellement ce défaut pour la navigation et la recherche de contenus, mais elle ne remplace pas l'accès tactile immédiat aux commandes de lecture. Il s'agit d'un point de finition qui empêche la télécommande d'atteindre le niveau de qualité qu'on pourrait attendre à ce tarif.

Ce qu'on a moins aimé

Des niveaux de noir décevants typiques du DLP

Le principal talon d'Achille du DBOX02 Pro concerne ses performances en contraste natif et ses niveaux de noir, une faiblesse héritée de la technologie DLP et de sa puce DMD 0,47 pouce. Les testeurs spécialisés en home cinema relèvent unanimement que les noirs tirent vers le gris sombre plutôt que vers un noir profond, particulièrement visible dans les scènes d'obscurité totale type cinéma d'horreur ou films de science-fiction spatiaux. Ce contraste qualifié de "seulement correct" pénalise la sensation de profondeur de l'image et réduit l'impact dramatique des scènes sombres qui apparaissent légèrement voilées. Dans une pièce parfaitement noire, cette limitation devient plus flagrante car aucune lumière ambiante ne vient masquer le gris résiduel de la dalle DLP. Les zones noires uniformes comme un ciel nocturne laissent apparaître une luminosité parasite qui rappelle que nous restons sur une technologie DLP d'entrée-milieu de gamme, loin des performances des triplés LCD haut de gamme ou des LCOS JVC/Sony à plusieurs milliers d'euros. Il faut toutefois relativiser cette critique dans le contexte tarifaire du DBOX02 Pro : à moins de 1 400 euros, nous ne pouvions raisonnablement espérer les niveaux de noir d'une solution trois fois plus coûteuse. Les utilisateurs prioritaires sur le contraste et les noirs profonds devront soit accepter ce compromis, soit se tourner vers des technologies LCOS ou LED triple laser nettement plus onéreuses.

L'absence du Dolby Vision

Le DBOX02 Pro supporte les formats HDR10+ et HLG, mais fait l'impasse sur le Dolby Vision, le standard HDR le plus répandu et considéré comme le plus abouti par de nombreux spécialistes. Cette absence peut se révéler frustrante pour les abonnés Netflix, Disney+ ou Apple TV+ qui disposent d'un catalogue fourni en Dolby Vision et ne pourront profiter que du HDR10 classique ou du HDR10+ si la source le propose. Le Dolby Vision apporte théoriquement une gestion des métadonnées dynamiques scène par scène plus fine que le HDR10 statique, permettant d'optimiser le rendu lumineux et colorimétrique image par image. En pratique, sur un projecteur à 2 000 lumens sans contraste exceptionnel, l'écart entre HDR10+ et Dolby Vision reste probablement marginal, mais la compatibilité Dolby Vision aurait constitué un argument marketing supplémentaire et rassuré les utilisateurs sur la pérennité de leur achat. On peut supposer que l'absence de Dolby Vision relève d'un choix économique lié aux coûts de licence imposés par Dolby, une stratégie courante chez les constructeurs asiatiques qui privilégient le HDR10+ gratuit. Pour les puristes du HDR, cette limitation pourrait constituer un critère éliminatoire, d'autant que certains concurrents directs intègrent le Dolby Vision dans des gammes tarifaires similaires.

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L'impossibilité de réduire la taille sans perte de qualité

Le DBOX02 Pro propose un zoom numérique de 50 à 100 % mais aucun zoom optique, ce qui signifie que toute réduction de la taille d'image en dessous de 100 % s'accompagne d'une dégradation de la résolution effective et de la netteté. Cette limitation technique propre au système de projection laser fixe oblige à positionner très précisément le projecteur en fonction de la taille d'écran désirée, selon le ratio de projection de 1,27:1. Concrètement, pour obtenir une image de 100 pouces (254 cm de diagonale), il faudra placer le projecteur à environ 2,8 mètres de l'écran, et cette distance devra être respectée au centimètre près si l'on veut exploiter pleinement les 4K sans recourir au zoom numérique dégradant. Les utilisateurs disposant d'un espace contraint ou d'une configuration de pièce atypique pourront se retrouver en difficulté pour caser le projecteur à la bonne distance. La plage de projection optimale de 80 à 120 pouces reste heureusement cohérente avec l'usage domestique standard, mais les amateurs de très grand écran exploitant les 200 à 300 pouces annoncés devront disposer d'un recul conséquent de 5 à 8 mètres. L'absence de zoom optique constitue un compromis technique compréhensible à ce tarif, mais elle exige une réflexion préalable sur l'implantation du projecteur dans la pièce.

Un manque d'options de calibration avancées

Les utilisateurs exigeants ou les professionnels habitués à calibrer finement leurs projecteurs avec une sonde colorimétrique seront déçus par les options de réglages limitées proposées dans les menus du DBOX02 Pro. Si les modes d'image prédéfinis (Cinéma, Sport, Jeu, Utilisateur) offrent une base correcte, l'accès aux réglages avancés de balance des blancs, de gamma ou de système de gestion des couleurs (CMS) reste restreint voire absent selon les menus explorés. Cette limitation empêche d'affiner manuellement la colorimétrie pour compenser les dérives éventuelles ou adapter le rendu à des conditions de projection spécifiques (écran gris, mur blanc, toile haute réflectance). Les paramètres d'image par défaut produisent certes un résultat visuellement plaisant directement sorti de la boîte, avec une colorimétrie naturelle et une température de couleur proche des 6 500 K ciblés, mais les perfectionnistes frustrés de ne pouvoir pousser plus loin l'optimisation. Dangbei assume clairement un positionnement grand public plug & play plutôt que passionné expert, ce qui explique cette simplification de l'interface. Pour 99 % des utilisateurs, les réglages proposés suffiront amplement, mais le 1 % restant regrettera cette approche minimaliste qui tranche avec certains modèles concurrents proposant des menus de calibration étoffés.

L'absence de housse de transport

Alors que le format compact et le poids de 4 kg du DBOX02 Pro se prêteraient volontiers au transport occasionnel vers une résidence secondaire ou chez des amis, Dangbei n'inclut aucune housse de protection dans le bundle de vente. Cette omission surprend d'autant plus que le modèle haut de gamme de la marque, le MP1 Max portable, bénéficie lui d'un sac de transport dédié. La surface brillante sensible aux traces de doigts et aux rayures du DBOX02 Pro aurait pourtant mérité une protection lors des déplacements. Les utilisateurs nomades devront donc investir dans un sac générique aux dimensions appropriées (23,6 × 20,1 × 16,3 cm) ou bricoler une solution avec du tissu microfibre et du papier bulle. Cette économie de quelques euros sur une housse basique fait figure de choix contestable pour un produit facturé près de 1 400 euros. On peut supposer que Dangbei a préféré maintenir le tarif sous la barre psychologique des 1 200 livres sterling plutôt que d'ajouter un accessoire que tous les utilisateurs n'exploiteront pas forcément. Il n'en demeure pas moins qu'une housse en néoprène avec poignée aurait valorisé le package global et souligné la dimension semi-portable de l'appareil.

Crache ton Dangbei DBOX02 Pro, Myrhdin

Le DBOX02 Pro confirme la trajectoire prometteuse de Dangbei sur le segment des projecteurs laser 4K domestiques accessibles. Pour moins de 1 400 euros, on obtient un ensemble cohérent qui coche presque toutes les cases du home cinema familial moderne : qualité d'image convaincante en 4K HDR, luminosité suffisante pour un usage en pièce semi-obscure, écosystème Google TV complet avec Netflix certifié, connectique exhaustive et automatismes d'installation efficaces. Le support gyroscopique intégré constitue une vraie valeur ajoutée qui simplifie radicalement le placement de l'appareil, tandis que la technologie LaserVibe tient ses promesses en termes de colorimétrie naturelle et de netteté.

Nous ne cachons pas les compromis inhérents à cette catégorie tarifaire : les noirs grisâtres typiques du DLP, l'absence de Dolby Vision, le manque de zoom optique et les options de calibration sommaires rappellent qu'il ne s'agit pas d'un projecteur home cinema haut de gamme. Mais replacés dans leur contexte, ces défauts deviennent des concessions acceptables face à l'ensemble des prestations offertes. Le DBOX02 Pro vise juste en proposant une expérience plug & play réussie qui conviendra parfaitement aux néophytes comme aux technophiles recherchant un grand écran domestique sans se ruiner ni sombrer dans la complexité technique.

La comparaison avec le DBOX02 original à 1 290 euros mérite réflexion : pour 60 euros de plus, on gagne le support intégré, la technologie LaserVibe et 100 pouces d'écran supplémentaires, mais on perd 450 lumens et quelques années d'espérance de vie laser. À vous de juger selon vos priorités. Dans l'absolu, nous recommandons chaudement le DBOX02 Pro pour quiconque recherche un projecteur laser 4K polyvalent et simple d'usage à un tarif contenu, en gardant à l'esprit que la perfection absolue nécessiterait un budget au moins doublé.

Ce test a été réalisé par Myrhdin avec un produit fourni par le constructeur. Sa rédaction n'est le fruit d'aucune transaction financière entre le rédacteur ou JeuxOnLine et le constructeur ou les entreprises le représentant.

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