Test - XPPen Artist 12 3rd : précision mobile à petit prix
Un écran-stylet portable de 11,9 pouces qui mise sur un stylet X4 précis, un écran fidèle et des raccourcis X-Dial pour séduire les créatifs nomades sans exploser le budget.
Le marché des tablettes graphiques avec écran connaît depuis quelques années une évolution notable. Wacom, longtemps seul maître à bord, fait désormais face à une concurrence sérieuse qui parvient à proposer des solutions techniquement convaincantes à des tarifs plus accessibles. XPPen fait partie de ces constructeurs qui ont su écouter les retours des utilisateurs et affiner leurs produits génération après génération pour atteindre un niveau de qualité professionnelle.
L'Artist 12 3rd représente la troisième itération de cette gamme compacte et s'adresse aux illustrateurs, dessinateurs et créatifs qui recherchent un outil de dessin portable sans compromis sur la précision. Avec ses 719 grammes sur la balance et son écran de 12 pouces, cette tablette graphique vise à convaincre aussi bien les étudiants en art numérique que les professionnels cherchant un second écran nomade pour leurs projets en déplacement. XPPen introduit avec ce modèle son nouveau stylet X4 Smart Chip et peaufine l'ergonomie avec des contrôles X-Dial censés fluidifier le flux de travail. Nous avons testé ce modèle pour vérifier si ces promesses techniques se traduisent réellement par une expérience de dessin convaincante au quotidien.
Ce qu'on a aimé
Un stylet X4 qui rattrape les références du marché
Le stylet X4 Smart Chip constitue la nouveauté majeure de cette troisième génération et représente une réelle avancée technique. XPPen annonce 16 384 niveaux de pression, là où certains concurrents plafonnent encore à 8 192, ce qui permet une détection beaucoup plus fine des variations d'appui. La force d'activation initiale de 2 grammes signifie que le stylet réagit au moindre effleurement, capturant les traits les plus légers sans nécessiter d'appuyer fortement, ce qui réduit considérablement la fatigue lors de sessions prolongées. Les tests ont confirmé une latence mesurée entre 28 et 32 millisecondes, conforme aux 30 ms annoncées par le constructeur, un chiffre qui place ce stylet au niveau des solutions professionnelles. La précision de positionnement inférieure à 0,2 millimètre au centre de l'écran garantit que le trait apparaît exactement là où la pointe touche la surface, éliminant le décalage frustrant que l'on trouve encore sur certains modèles d'entrée de gamme.
La reconnaissance d'inclinaison jusqu'à 60 degrés fonctionne de manière fiable et permet de jouer sur l'épaisseur du trait en penchant le stylet, comme on le ferait avec un crayon traditionnel. Les tests menés par un des graphistes de mon entreprise qui s'avère être gaucher (on ne peut pas tous être parfaits) ont relevé une erreur d'angle de seulement 0,8 degré lors de diagonales tracées avec le stylet incliné, ce qui témoigne d'une calibration relativement soignée. Le stylet affiche également une résolution de 5 080 LPI (lignes par pouce) et une hauteur de détection de 10 millimètres, permettant au curseur de suivre le stylet avant même qu'il ne touche l'écran. L'ergonomie a été repensée par rapport à des modèles plus anciens qu'on a pu tester à l'IFA, avec un profil plus fin rappelant davantage un crayon qu'un marqueur épais, ce qui divise les avis mais plaît généralement après adaptation. XPPen fournit dix pointes de rechange et un outil d'extraction, un geste appréciable qui évite d'avoir à commander des consommables immédiatement.
Un écran laminé fidèle en couleurs
L'écran de 11,9 pouces affiche une résolution Full HD de 1920 x 1080 pixels à 60 Hz, ce qui reste standard pour ce segment mais offre une définition suffisante pour du dessin de précision. La dalle est entièrement laminée, éliminant l'espace d'air entre la vitre et la matrice LCD qui pouvait autrefois créer un effet de parallaxe désagréable. Le trait apparaît donc directement sous la pointe du stylet, renforçant l'impression de dessiner sur du papier. Les angles de vision de 170 degrés permettent de regarder l'écran depuis différentes positions sans dégradation notable des couleurs, un point important pour ceux qui ajustent fréquemment leur posture.
La fidélité colorimétrique constitue un point fort majeur de cette tablette. XPPen annonce une couverture de 99 à 99,2 % de l'espace sRGB, 97 à 97,1 % de l'Adobe RGB et 97 % du DCI-P3, des chiffres qu'on a pu vérifier peu ou prou lors de nos tests, avec des variances inférieur à 0,5%. Le Delta E moyen se situe entre 1,1 et 1,5, ce qui signifie que l'écart entre la couleur affichée et la couleur réelle reste imperceptible à l'œil nu, un niveau de précision que l'on trouve habituellement sur des écrans bien plus onéreux. La dalle affiche 16,7 millions de couleurs, garantissant des dégradés fluides sans effet de bande. Pour l'illustration, la retouche photo légère ou le design graphique, cette précision chromatique évite les mauvaises surprises lors de l'exportation ou de l'impression, réduisant le temps passé en correction colorimétrique.
Le traitement de surface mérite également une mention. XPPen applique un verre nano-gravé anti-reflets (AG nano-etched) combiné à un revêtement oléophobe (AF coating) qui limite les traces de doigts. De manière intéressante, l'observation au microscope révèle des micro-aspérités d'environ 1,2 micron qui reproduisent la structure fibreuse du papier à dessin. Cette texture augmente le coefficient de friction à environ 0,35, offrant une résistance au glissement que les dessinateurs habitués au papier apprécieront particulièrement. La réflectance mesurée à 8,5 % signifie que seulement 8,5 % de la lumière ambiante se réfléchit sur l'écran, ce qui maintient une bonne lisibilité même en environnement lumineux contrôlé. XPPen intègre également un système de DC Dimming qui ajuste la luminosité sans recourir au scintillement PWM, réduisant la fatigue oculaire lors de longues sessions de travail.
Une ergonomie pensée pour le flux créatif
L'intégration de deux molettes X-Dial sur le côté gauche de la tablette constitue un ajout bienvenu pour fluidifier le workflow. Ces molettes rotatives permettent d'ajuster rapidement la taille du pinceau, de faire défiler les calques ou de zoomer dans la zone de travail d'un simple mouvement du pouce, sans quitter la zone de dessin. Le constructeur a travaillé le retour haptique et sonore pour que chaque cran de rotation soit perceptible, donnant une sensation de contrôle précis. Toutefois, nous y reviendrons, le zoom fonctionne par paliers prédéfinis plutôt qu'en continu, ce qui peut parfois nécessiter plusieurs ajustements pour atteindre le niveau souhaité.
Les huit touches de raccourci personnalisables se répartissent de part et d'autre des molettes X-Dial, quatre au-dessus et quatre en dessous. Ces boutons peuvent être pressés depuis le côté ou le dessus de la tablette et offrent un retour tactile net qui confirme l'activation de la commande. Le pilote XPPen permet une personnalisation poussée, allant des actions système (annuler, copier, coller) aux macros spécifiques aux applications (changer de pinceau dans Photoshop, fusionner les calques dans Clip Studio Paint). Cette disposition des contrôles permet également de réduire l'épaisseur des bordures, augmentant le ratio écran/surface totale pour une expérience visuelle plus immersive. Un mode gaucher accessible en un clic inverse la disposition des commandes, ce qui est suffisamment rare pour être souligné.
La fixation magnétique du stylet sur le côté droit de la tablette fonctionne remarquablement bien. Le module magnétique génère une force suffisante pour maintenir le stylet même en secouant vigoureusement l'appareil, il a fallu qu'on mette un objet d'environ trois fois le poids du stylet pour qu'il ne fasse plus effet. Ce système évite de devoir transporter un étui séparé et élimine le risque de perdre le stylet au fond d'un sac. XPPen inclut également un gant de dessin à deux doigts qui évite les activations involontaires de l'écran tactile (bien que l'Artist 12 3rd ne soit pas tactile, le gant reste utile pour la glisse) et un chiffon de nettoyage microfibre. Ce sont les petites attentions qui comptent !
Une portabilité réelle sans sacrifier les accessoires
Avec 719 grammes sur la balance et des dimensions de 327,2 x 189,1 x 12 millimètres, l'Artist 12 3rd tient aisément dans un sac à dos standard et s'approche du gabarit d'un iPad Pro de 12,9 pouces, bien qu'un petit chouille plus épais. Cette légèreté en fait un compagnon de route viable pour les créatifs qui travaillent en déplacement, que ce soit dans les transports, en cafés ou chez des clients. La zone de travail active mesure 264 x 149 millimètres, soit environ 10,4 x 5,9 pouces, une surface plus petite qu'une feuille A4 standard mais suffisante pour le dessin numérique où les fonctions de zoom compensent la taille physique.
XPPen mérite d'être salué pour avoir inclus un support pliable dans la boîte, un accessoire que d'autres constructeurs facturent en option. Ce support en matériau composite rigide permet d'ajuster l'angle de travail entre 0 et 60 degrés. Cette inclinaison améliore considérablement l'ergonomie et réduit la tension cervicale lors de sessions prolongées. Le support reste stable avec une charge supplémentaire allant jusqu'à un peu plus de 500 grammes, ce qui convient pour un usage standard, bien que des mouvements très appuyés puissent provoquer un léger tangage. Une fois replié, le support ajoute environ 15 millimètres d'épaisseur à l'ensemble, soit l'équivalent d'un smartphone, un compromis acceptable pour la polyvalence apportée.
Une connectique simplifiée et une compatibilité étendue
XPPen a fait le choix d'une connectique moderne en équipant l'Artist 12 3rd d'un port USB-C pleine fonction qui gère simultanément l'alimentation, le signal vidéo et le transfert de données. Cette approche "un seul câble" réduit drastiquement l'encombrement par rapport aux anciennes configurations HDMI + USB-A + alimentation séparée, facilitant le transport et l'installation rapide sur différents postes de travail. Le constructeur fournit à la fois un câble USB-C vers USB-C pour les machines récentes et un câble 3-en-1 (USB-C vers HDMI + USB-A + alimentation) pour les ordinateurs plus anciens dépourvus de ports USB-C compatibles DisplayPort, une attention qui évite d'avoir à acheter des adaptateurs supplémentaires.
La tablette se montre compatible avec Windows 7 et ultérieur, macOS 10.13 et ultérieur, Android 10.0 et ultérieur (avec la mention cependant qu'il faut un port USB 3.1 DP1.2), ChromeOS 88 et ultérieur, Linux et Windows ARM. Les tests de terrain confirment une installation des pilotes réussie du premier coup sur Windows 11, MacBook et deux tablettes Android récentes, sans les problèmes classiques de "périphérique non reconnu" ou de touches inopérantes. Le pilote XPPen pour macOS se distingue particulièrement par sa stabilité et sa profondeur de personnalisation, un domaine où de nombreux concurrents restent en retrait avec des pilotes macOS bâclés (alors même que bon.... Apple est souvent le chouchou des professionnels auxquels ce produit s'adresse). L'Artist 12 3rd apparaît comme un deuxième ou troisième moniteur dans les préférences système et s'intègre naturellement dans l'environnement multi-écrans. La compatibilité est confirmée avec les logiciels professionnels majeurs : Adobe Photoshop, Clip Studio Paint, Krita, ArtRage, GIMP, MediBang Paint et autres applications créatives.
Ce qu'on n'est pas sûrs d'avoir aimé
Une luminosité juste suffisante en intérieur
L'écran affiche une luminosité maximale de 260 nits, ce qui représente un niveau correct pour un travail en environnement intérieur contrôlé. Dans un bureau ou un atelier avec un éclairage artificiel standard, la lisibilité reste bonne et les détails de l'image demeurent visibles sans forcer. Cependant, dès que l'on s'approche d'une fenêtre ou que l'on tente de travailler en extérieur, les limites apparaissent rapidement. Les tests menés sur un balcon en pleine journée montrent que l'angle de l'écran doit être ajusté au-delà de 45 degrés pour éviter un effet de "blanchiment" de l'image causé par la lumière ambiante qui submerge le rétroéclairage.
Pour les créatifs qui envisagent de dessiner dans un jardin, l'utilisation d'un pare-soleil amovible devient quasiment indispensable pour maintenir une visibilité acceptable. Cette contrainte limite partiellement la promesse de portabilité de l'appareil, même si le traitement anti-reflets (réflectance de 8,5 %) compense en partie ce déficit en limitant les reflets parasites. Nous aurions apprécié une luminosité poussée à 350 ou 400 nits, comme on le trouve sur certains modèles concurrents, pour garantir une polyvalence d'usage réelle en toutes conditions. Il s'agit néanmoins d'un compromis fréquent sur ce segment tarifaire, où augmenter la luminosité impliquerait une dalle plus coûteuse et une consommation électrique accrue.
Un X-Dial pratique mais perfectible dans son fonctionnement
Les molettes X-Dial représentent un ajout fonctionnel apprécié au quotidien, facilitant l'ajustement rapide de paramètres fréquemment modifiés sans quitter la zone de dessin. Le retour haptique et sonore contribue à une sensation de contrôle satisfaisante, et la personnalisation via le pilote permet d'adapter les fonctions à différents flux de travail. Toutefois, le système de zoom fonctionne par paliers prédéfinis plutôt qu'en variation continue, ce qui peut s'avérer moins intuitif qu'un zoom fluide contrôlé au stylet ou au pincement sur écran tactile (que l'Artist 12 3rd ne possède d'ailleurs pas).
Dans la pratique, zoomer précisément sur une zone spécifique nécessite parfois plusieurs ajustements successifs de la molette pour atteindre le niveau souhaité, là où un contrôle continu permettrait d'arriver directement au résultat voulu. Les boutons de raccourci sont assez "clicky" dans leur actionnement, avec un bruit de clic audible qui peut devenir agaçant lors de longues sessions. Ce retour tactile prononcé plaira à ceux qui privilégient une confirmation claire de l'activation, mais risque de gêner'les utilisateurs préférant des commandes plus silencieuses et feutrées. Ces points restent subjectifs et dépendent largement des habitudes personnelles de chacun.
Un support pratique mais limité en stabilité et rangement
L'inclusion d'un support pliable dans la boîte constitue un geste commercial appréciable qui améliore nettement l'ergonomie par rapport à une tablette posée à plat. La possibilité de régler l'angle entre 0 et 60 degrés permet de trouver une inclinaison adaptée à sa morphologie et à sa position de travail. Cependant, le support affiche une capacité de charge maximale d'environ 500 grammes, ce qui reste juste pour un usage intensif. Lors de traits énergiques ou de mouvements rapides du stylet, certains utilisateurs rapportent un léger tangage de l'ensemble, suffisamment perceptible pour perturber la concentration sur des tracés de précision.
Pour un travail exigeant une stabilité absolue, il peut s'avérer nécessaire d'investir dans un support tiers de bureau plus robuste, ce qui ajoute un coût et un encombrement supplémentaires. Par ailleurs, le support ne se replie pas parfaitement à plat contre la tablette et ajoute environ 15 millimètres d'épaisseur à l'ensemble une fois rangé, soit l'équivalent d'un smartphone de plus dans le sac. Cette surépaisseur reste gérable mais réduit marginalement l'avantage de la finesse de la tablette elle-même (12 mm) lorsqu'il s'agit de glisser l'ensemble dans un compartiment étroit. Nous apprécions l'effort d'XPPen pour fournir cet accessoire, mais une conception plus rigide et mieux intégrée aurait été idéale.
Ce qu'on a moins aimé
Une surface active réduite qui impose des zooms fréquents
La zone de travail active de 264 x 149 millimètres (environ 10,4 x 5,9 pouces) reste sensiblement plus petite qu'une feuille de papier A4 standard (297 x 210 mm) et se rapproche davantage du format A5. Pour les artistes habitués à travailler sur de grandes surfaces ou à visualiser l'ensemble d'une composition d'un seul coup d'œil, cette dimension restreinte peut s'avérer frustrante. Le dessin numérique compense certes grâce aux fonctions de zoom et de rotation de la toile, mais cette approche impose de zoomer et dézoomer fréquemment pour alterner entre le travail de détail et la vision d'ensemble.
Lors de sessions de dessin prolongées de plusieurs heures, cette gymnastique répétée de navigation sur le canevas peut devenir fastidieuse et ralentir le rythme de travail. Les tests réalisés avec la coopération des graphistes de mon taff montrent que pour des projets d'illustration complexes nécessitant de passer d'une zone à l'autre de la composition, le temps passé à ajuster la vue finit par s'accumuler sensiblement. Nous comprenons que la compacité de 11,9 pouces constitue le compromis choisi pour garantir la portabilité de 719 grammes, mais les utilisateurs qui privilégient le confort de travail à la mobilité pourraient se sentir à l'étroit. Pour un usage nomade occasionnel ou des esquisses rapides, le format convient parfaitement, mais ceux qui envisagent d'en faire leur outil principal de production devront s'adapter à cette contrainte.
Une lisibilité de l'interface parfois problématique
Travailler sur un écran de 12 pouces en résolution Full HD (1920 x 1080 pixels) signifie une densité de pixels d'environ 185 ppi. Si cette densité garantit une bonne définition du trait et une image nette, elle entraîne également un affichage très réduit des textes d'interface dans les logiciels professionnels comme Photoshop, inDesign ou Illustrator. Les menus, les palettes d'outils et les panneaux de calques peuvent apparaître minuscules, particulièrement si l'utilisateur a des soucis de vision.
Malgré notre 10/10, on a dû augmenter systématiquement la taille des polices dans les préférences système et dans chaque application pour réduire la fatigue oculaire. Cette manipulation, bien que possible, ajoute une étape de configuration et peut parfois déséquilibrer l'agencement des interfaces prévues pour des résolutions plus standard. Pour les créatifs souffrant de troubles visuels ou simplement d'une vue fatiguée après plusieurs heures de travail, ce point peut devenir un facteur de gêne significatif. Nous aurions préféré qu'XPPen propose une option d'interface simplifiée ou une fonction de mise à l'échelle optimisée directement dans le pilote, plutôt que de laisser chaque utilisateur bidouiller dans les paramètres système.
Un châssis plastique qui manque de prestance
L'ensemble de la tablette est construit en plastique, un choix de matériau qui permet de maintenir le poids à environ 700 grammes mais qui se traduit par un ressenti assez fragile au toucher. Comparé aux rivaux haut de gamme (mais donc plus coûteux) dotés de châssis en aluminium anodisé, l'Artist 12 3rd donne une impression de fragilité qui peut inquiéter lors du transport quotidien. Les boutons de raccourci et les molettes X-Dial, bien que fonctionnels, affichent une tactilité "clicky" avec un léger jeu mécanique qui ne respire pas non plus la solidité à toute épreuve.
Nous ne remettons pas en cause la durabilité effective du produit, qui devrait tenir le coup dans des conditions d'usage normales, mais le ressenti premium fait défaut lorsqu'on manipule l'appareil. Pour un produit commercialisé à 209,99 euros, ce compromis reste acceptable et participe à contenir le prix, mais les utilisateurs qui accordent de l'importance à la qualité perçue et à la robustesse physique pourront être déçus. XPPen aurait pu envisager un cadre hybride avec des renforts métalliques aux points de contrainte pour améliorer la rigidité sans alourdir excessivement l'ensemble. Dans la pratique quotidienne, tant que la tablette reste dans un sac rembourré et n'est pas malmenée, cette construction plastique remplit son rôle, mais elle appelle à une manipulation soigneuse.
Un léger drift et des problèmes de latence aux bords de l'écran
Si la précision du stylet au centre de l'écran est exemplaire (< 0,2 mm), on a constaté une légère dérive (drift) et une augmentation de la latence lorsque le stylet s'approche des bords et des coins de la zone active. Ce phénomène se manifeste par un décalage mineur entre la pointe du stylet et le curseur à l'écran, ainsi qu'un léger retard dans l'apparition du trait. Dans des applications où la palette d'outils se trouve en périphérie de la toile, ce décalage peut perturber la sélection précise des couleur, des outils ou des pinceaux.
Ce problème semble lié à l'algorithme de calibration du pilote plutôt qu'à un défaut matériel, ce qui laisse espérer une correction via une mise à jour logicielle future. Nous recommandons aux utilisateurs de procéder à une calibration régulière via le pilote XPPen pour minimiser cet effet, bien qu'il ne disparaisse pas totalement. Pour la majorité du travail de dessin qui se concentre au centre de la toile, cet inconvénient reste mineur et ne gêne pas le flux créatif. Toutefois, pour les utilisateurs qui organisent leurs palettes en bordure d'écran ou qui dessinent fréquemment jusqu'aux extrémités de la zone active, cette limitation peut devenir irritante. XPPen devra surveiller les retours utilisateurs et affiner ses pilotes pour résoudre ce point sur les prochaines révisions.
Une pointe d'origine trop glissante qui nécessite un remplacement
Le stylet X4 est livré avec une pointe standard "bullet" (en forme de balle) dont la surface lisse se révèle trop glissante pour de nombreux utilisateurs lors des premières utilisations. Ce manque de friction donne une sensation de glisse excessive qui peut rendre difficile le contrôle précis du trait, particulièrement lors de tracés lents et mesurés. Certains dessinateurs habitués au frottement naturel du crayon sur papier trouvent cette expérience déstabilisante et doivent forcer leur geste pour compenser.
Heureusement, XPPen inclut dans la boîte dix pointes de rechange et propose notamment une pointe mate (matte nib) dont la surface rugueuse augmente le coefficient de friction d'environ 40 % selon les mesures. Une fois cette pointe installée, l'expérience de dessin se rapproche nettement de la sensation de crayon sur papier à dessin 80 grammes, avec une résistance agréable qui améliore la maîtrise du trait. Le remplacement de la pointe s'effectue facilement grâce à l'outil d'extraction fourni et prend moins d'une minute. Nous regrettons cependant qu'XPPen n'ait pas choisi de monter directement la pointe mate ou de proposer au moins les deux types pré-installés pour permettre un choix immédiat.
Crache tes gribouillages, Myrhdin
L'Artist 12 3rd remplit son cahier des charges avec cohérence. XPPen a concentré ses efforts là où cela compte vraiment pour un écran-stylet nomade : un stylet précis et réactif, un écran fidèle en couleurs et une ergonomie fonctionnelle. Nous apprécions la maturité technique du constructeur qui parvient désormais à rivaliser avec Wacom sur les fondamentaux, tout en proposant un tarif de 209,99 euros qui reste accessible pour un particulier ou un étudiant.
Les compromis existent, bien sûr. La luminosité limitée confine l'usage aux espaces intérieurs, la surface active réduite impose une gymnastique de zoom, et le châssis plastique ne respire pas le premium. Mais ces concessions permettent justement de contenir le prix et le poids, deux paramètres essentiels pour une tablette qui se veut portable. Le léger drift aux bords et les pointes d'origine glissantes sont des détails perfectibles, mais qui ne gâchent pas l'expérience globale dès lors qu'on y remédie (calibration, changement de pointe).
Pour qui envisage un second écran nomade ou une première incursion sérieuse dans le dessin numérique sans investir 500 euros et plus, l'Artist 12 3rd constitue une option rationnelle. Nous la recommandons chaudement aux illustrateurs débutants, aux étudiants en art numérique et aux créatifs en déplacement qui privilégient la mobilité réelle. Les professionnels aguerris y verront un compagnon d'appoint pratique pour les esquisses en clientèle ou les retouches en voyage, même si leur setup principal restera probablement un modèle plus grand. XPPen prouve avec cette troisième génération qu'il ne suffit plus de sous-coter Wacom : il faut aussi livrer une expérience technique solide. Pari tenu.
Ce test a été réalisé par Myrhdin avec un produit fourni par le constructeur. Sa rédaction n'est le fruit d'aucune transaction financière entre le rédacteur ou JeuxOnLine et le constructeur ou les entreprises le représentant.
| Activités | concepteur de produits électroniques |
|---|---|
| Création |
2005 (Japon) |
| Pays d'origine | Chine |









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