Test - CRKD Gibson Les Paul : le retour des guitares plastiques
Avec ses frettes mécaniques et sa strum bar haptique, le contrôleur CRKD Gibson Les Paul Pro Edition ravive la flamme des rhythm games tout en corrigeant les défauts des périphériques d'antan.
Nous n'aurions jamais imaginé écrire encore un test de contrôleur guitare en 2025. Pourtant, le CRKD Gibson Les Paul Pro Edition nous ramène directement à l'âge d'or de Rock Band, ce jeu qui occupe une place particulière dans notre cœur de joueur et que nos lecteurs connaissent bien, notamment grâce à nos streams de Noël sur la chaîne Twitch de JeuxOnLine où vous définissiez la playlist que nous jouions toute la nuit. C'était aussi l'un des tout premiers jeux auxquels nous avons joué sur Xbox, et bien que nous n'ayons plus vraiment la place de sortir la batterie ou tous les instruments, ni franchement les amis disponibles pour des sessions complètes, nous y revenons toujours avec un plaisir intact. Ce nouveau périphérique nous a fait un véritable effet madeleine de Proust.
Le marché des guitares plastiques connaît une renaissance inattendue grâce à Fortnite Festival et à la scène communautaire toujours vivace de Clone Hero et YARG. CRKD, fondé par d'anciens membres de RedOctane qui ont conçu les contrôleurs originaux de Guitar Hero, propose aujourd'hui deux versions de sa Gibson Les Paul : l'Encore Edition à 129,99 € avec boutons membrane et strum bar mécanique clicky, et la Pro Edition à 139,99 € en version multiplateforme (ou 149,99 € en version Xbox comme celle que nous avons testée) qui intègre des frettes mécaniques et une strum bar Hall Effect avec retour haptique.
Les deux guitares arborent un design officiel Gibson, la version Encore en finition Black Tribal rappelant les contrôleurs Guitar Hero III, tandis que la Pro affiche un magnifique coloris Blueberry Burst typique des véritables Les Paul. La compatibilité s'étend du PC à la Nintendo Switch en passant par les PlayStation 3, 4 et 5, ainsi qu'Android, tandis que la version Xbox spécifique permet de jouer à Rock Band 4 sur Xbox One et Series X|S.
Note du rédacteur: Depuis la rédaction de notre test, une nouvelle version, baptisée Sunburst a elle aussi été annoncée pour 209.99€.
Ce qu'on a aimé
Une construction pensée pour durer
La CRKD Gibson Les Paul impressionne d'emblée par sa solidité. Mesurant environ 75 cm de long et seulement 3,5 cm d'épaisseur à son point le plus épais, cette guitare entièrement en plastique parvient à se montrer à la fois robuste et étonnamment légère, ce qui la rend parfaite pour les longues sessions de jeu sans jamais fatiguer le cou ou les bras. Contrairement aux anciens contrôleurs Guitar Hero dont le joint de manche avait tendance à se dégrader avec le temps, nécessitant parfois de chatouiller la tige avec une gomme pour faire reconnaître certains boutons, celui-ci se verrouille solidement et inspire confiance même lors de repositionnements énergiques.
Le manche se détache et se rattache facilement grâce à un simple bouton de verrouillage, certes un peu dur lors des premières utilisations mais c'est rassurant puisque cela évite tout détachement accidentel en pleine action. Cette modularité permet également d'échanger les manches entre versions Encore et Pro, une option particulièrement intéressante si vous souhaitez upgrader vos frettes membrane vers des mécaniques ultérieurement. La guitare résiste bien mieux aux empreintes digitales et aux traces que la concurrente PDP Riffmaster, et sa finition lisse au toucher complète une sensation générale de qualité pour un produit qui reste abordable.
La conception intègre également deux compartiments secrets astucieux. Le premier, situé sous un faux pickup, abrite le dongle sans fil 2,4 GHz dans un logement robuste avec verrou coulissant. Le second, sous la plaque de la whammy bar, contient une batterie rechargeable et remplaçable, garantissant que vous ne serez jamais obligé de racheter une guitare entière lorsque la batterie finira par rendre l'âme après des années d'utilisation intensive. Cette approche réparable et durable contraste agréablement avec l'obsolescence programmée de nombreux périphériques modernes. Nous avons obtenu 19 heures d'autonomie sur une charge complète lors de nos tests, ce qui est largement suffisant pour plusieurs sessions de jeu avant de devoir brancher le câble USB-C inclus.
Des frettes mécaniques qui changent tout
La différence entre les frettes membrane de l'Encore Edition (et le standard historique des anciennes guitares) et les frettes mécaniques de la Pro Edition testée est immédiatement perceptible dès les premières notes jouées. Ces switches low-profile ressemblent fortement aux Cherry MX Red en version plate, conçus pour privilégier la vitesse, la fluidité et la longévité plutôt que le feedback clicky. L'actuation est instantanée et le retour parfaitement fluide, permettant d'enchaîner les hammer-ons et pull-offs agressifs sans la moindre latence, que ce soit en mode sans fil via le dongle ou en connexion filaire USB-C. Le toucher n'est jamais pâteux comme pouvaient l'être certains boutons membrane d'anciens contrôleurs, et la faible course des touches compense largement l'absence de clic audible en offrant une précision chirurgicale. Cette conception silencieuse présente un avantage non négligeable : elle permet de profiter pleinement de la musique du jeu sans avoir à pousser le volume à 11 pour couvrir le bruit des boutons.
Les cinq boutons vert, rouge, jaune, bleu et orange sont accompagnés d'un éclairage RGB intégré dans le manche, pulsant en vagues colorées selon vos performances et la programmation que vous définissez via l'application mobile CRKD. Le finder central, ce petit relief linéaire qui aide à retrouver une position neutre comme les touches J et F sur un clavier, a été aplati par rapport aux anciennes manettes pour éviter tout risque d'ampoule lors de sessions marathons. Pour les joueurs souhaitant un feedback encore plus prononcé, le contrôleur est modérément moddable : en retirant le padding anti-bruit interne avec quelques vis, on peut donner aux frettes un peu plus de travel et un clack mécanique plus marqué, à la manière des claviers gaming haut de gamme. Les plus exigeants apprécieront également que CRKD propose des manches de remplacement à environ 44,99 €, soit un tiers du prix d'une guitare complète, rendant l'upgrade depuis l'Encore Edition plus économique que l'achat direct de la Pro puisque cette dernière ne coûte que 10 € de plus.
Une strum bar haptique étonnamment convaincante
La strum bar Hall Effect de la Pro Edition représente une véritable évolution technologique dans l'univers des contrôleurs guitare. Contrairement aux mécanismes traditionnels où des pièces frottent les unes contre les autres, causant inévitablement usure et dégradation, la technologie Hall Effect repose sur des capteurs magnétiques sans contact physique, garantissant une durée de vie considérablement prolongée. Cette longévité s'accompagne cependant d'un compromis : l'absence du clic mécanique satisfaisant qui caractérisait les strum bars des Guitar Hero d'antan. Pour compenser, CRKD a intégré un système de retour haptique personnalisable via l'application mobile, permettant de régler à la fois le point d'actuation et l'intensité des vibrations.
Dans la pratique, ce feedback haptique se révèle étonnamment efficace une fois qu'on s'y habitue. Certes, il reste plus subtil qu'un vrai clic mécanique, mais cette subtilité devient rapidement naturelle et se fait même oublier lors de morceaux rapides où l'on enchaîne des dizaines de strums par seconde. La barre elle-même est longue et facile à pincer, reprenant le design apprécié du Genericaster de Guitar Hero World Tour et Guitar Hero 5, considéré par beaucoup comme le meilleur contrôleur de la franchise. Nous n'avons jamais connu de raté d'input même lors de sessions particulièrement intenses où nous tapions et claquions la barre avec une certaine violence, ce qui témoigne de la robustesse du système. Le positionnement astucieux du whammy bar juste en dessous, avec une résistance agréable dans la paume et un ressort satisfaisant qui le verrouille en position haute, complète un ensemble parfaitement pensé pour les longues sessions de jeu. Le bouton CTRL situé à proximité permet d'activer l'Overdrive ou le Star Power en le pressant avec le poignet, bien que nous ayons personnellement préféré la méthode traditionnelle consistant à incliner la guitare vers le haut, ce qui fonctionne à merveille grâce à un capteur d'inclinaison dont la sensibilité est elle aussi ajustable dans l'application.
Une personnalisation relativement inédite
C'est vraiment dans le domaine de la personnalisation que le CRKD Gibson Les Paul Pro Edition se distingue radicalement de la concurrence. Le mod dial situé au bas de la guitare, servant également de bouton d'alimentation lorsqu'on le clique comme un joystick, permet de basculer entre neuf profils différents numérotés de 1 à 9. Les quatre premiers arrivent préconfigurés : le mode 1 pour PC et les jeux communautaires comme Clone Hero et YARG, les modes 2 à 4 dédiés aux différentes difficultés de Fortnite Festival sur Switch. Les modes 5 à 8 restent entièrement programmables pour assurer une compatibilité future avec de nouveaux jeux, tandis que le mode 9 active le fameux KeyJam, un système d'émulation clavier et souris qui permet de jouer à Fortnite Festival sur toutes les consoles, y compris PS5, Xbox Series X|S, PS4 et Xbox One, en dehors de la compatibilité native du contrôleur.
L'application mobile CRKD, disponible gratuitement sur iOS et Android, centralise l'ensemble des réglages avancés. L'appairage initial nécessite de taper votre smartphone sur un symbole NFC gravé au dos de la guitare, celle-ci devant être allumée et le NFC activé sur le téléphone, sans quoi il n'existe apparemment aucun autre moyen de faire communiquer les deux appareils. Une fois cette étape franchie, l'application enregistre votre modèle dans votre collection digitale avec son numéro de série unique et même une cote de rareté si ce genre de gamification vous amuse. Le menu CTRL, accessible en maintenant le bouton CTRL de la guitare quelques secondes, déconnecte temporairement le contrôleur de la plateforme en cours pour le relier au smartphone et offre un accès complet aux réglages : remapping des touches, intensité des vibrations du strum bar qu'il faut absolument monter au maximum selon nos tests, sensibilité du tilt pour activer le Star Power, comportement des lumières RGB, et vérification du niveau de batterie. Nous aurions apprécié l'existence d'une application PC pour éviter de sortir systématiquement notre téléphone alors que la guitare est déjà connectée à l'ordinateur, mais il faut reconnaître que l'approche mobile fonctionne correctement une fois qu'on a compris qu'il suffit de quitter proprement l'application pour que la guitare se reconnecte automatiquement à la dernière plateforme utilisée. Le manuel papier fourni est malheureusement illisible sans loupe, mais heureusement une version zoomable est disponible dans l'application.
Une compatibilité étendue malgré quelques subtilités
Le CRKD Gibson Les Paul Pro Edition brille par sa polyvalence de connexion. En plus du câble USB-C inclus qui offre la latence la plus faible selon nos tests, le contrôleur propose une connexion sans fil via son dongle 2,4 GHz ou par Bluetooth, cette dernière option étant recommandée pour un usage plus casual. Nous avons testé le dongle branché sur un hub USB avec au moins deux autres dongles sans fil actifs simultanément et n'avons rencontré aucun problème de stabilité de connexion durant des sessions prolongées, y compris sur des morceaux techniquement exigeants. La guitare est nativement compatible PC, Nintendo Switch, PlayStation 3, 4 et 5, ainsi qu'Android et iOS, avec un sélecteur de plateforme à quatre positions situé sous la guitare qu'il est crucial de positionner correctement sous peine de dysfonctionnements.
Pour Rock Band 4 sur Xbox, il est impératif d'opter pour la version Xbox officielle à 149,99 € comme celle que nous avons testée, car la version multiplateforme à 139,99 € ne supporte pas nativement ce jeu sur cette console, se limitant à une émulation clavier via le mode KeyJam qui ne fonctionne que dans Fortnite Festival. Cette distinction tarifaire de 10 € supplémentaires pour la licence Xbox est importante à connaître avant l'achat. En jeu, le contrôleur se comporte admirablement bien sur Clone Hero et YARG grâce au mode 1, permettant même de contourner l'implémentation bancale du mode gaucher de Clone Hero grâce au remapping complet des touches. Sur Fortnite Festival développé par Harmonix, les créateurs de Rock Band, l'expérience est globalement solide à condition d'activer manuellement le mode Pro Guitar dans les options sous Always display pro parts, car il est désactivé par défaut. Les stickers KeyJam inclus dans la boîte aident à mémoriser les nouvelles assignations de touches dans ce mode particulier qui demande un certain temps de configuration mais ouvre ensuite un univers de possibilités.
Ce qu'on n'est pas sûrs d'avoir aimé
Un setup initial qui demande de la patience
La première mise en route du CRKD Gibson Les Paul Pro Edition peut s'avérer déroutante, particulièrement pour la connexion sans fil. Le processus complet implique de libérer le dongle de son verrou coulissant particulièrement robuste, de le brancher, de basculer le mod dial sur le mode PC, de maintenir le bouton Sync sur les deux appareils, puis de tourner le dial sur la position 1. Surtout, il n'existe pas de bouton marche/arrêt clairement identifié sur la guitare, ce qui peut mener à une véritable chasse aux boutons lors de la première utilisation. Un collègue a appuyé sur plus de vingt boutons différents avant de découvrir qu'il suffit de cliquer sur le mod dial comme un joystick, le logo CRKD gravé dessus servant d'indice visuel comme sur les manettes PlayStation ou Xbox. Cette absence d'évidence dans l'interface physique contraste avec la promesse de simplicité plug-and-play, et nous recommandons vivement de consulter la vidéo officielle de setup sur YouTube qui dure près de dix minutes, ce qui en dit long sur la complexité relative du processus.
L'appairage NFC avec l'application mobile constitue un autre point de friction potentiel. Le fait que ce soit l'unique méthode pour enregistrer la guitare dans l'application, nécessitant que le NFC soit activé sur le smartphone et la guitare allumée, peut bloquer certains utilisateurs moins technophiles. De plus, lorsqu'on active le mode CTRL pour modifier les paramètres, la guitare se déconnecte automatiquement de la plateforme de jeu en cours, ce qui peut surprendre lors des premières utilisations. Il faut impérativement sortir proprement de l'application via le bouton exit pour que la reconnexion automatique s'effectue, faute de quoi il faudra réappairer manuellement le dongle à chaque session, une expérience frustrante que nous avons vécue avant de comprendre l'astuce. L'ensemble de ces petites subtilités techniques finissent par devenir une seconde nature après quelques jours d'utilisation, mais la courbe d'apprentissage initiale reste plus raide que nécessaire pour un produit grand public.
Des boutons additionnels pas toujours bien placés
Le CRKD Gibson Les Paul Pro Edition intègre absolument tous les boutons d'une manette Xbox standard pour permettre de naviguer dans les menus sans avoir besoin d'un contrôleur séparé, une intention louable sur le papier. Dans la pratique, leur disposition pose quelques problèmes d'ergonomie. Le hub de navigation situé dans le coin supérieur gauche de la guitare rassemble un joystick déguisé en toggle switch blanc flanqué de petits boutons dorés pour les fonctions face, le tout dans un espace réduit. Bien que fonctionnels, ces contrôles semblent un peu contre-nature à utiliser et demandent un temps d'adaptation significatif. Le D-Pad placé au dos du headstock se révèle pratique pour lancer des emotes à la volée dans Fortnite, mais sa forme carrée monobloc manque de précision : si le pouce n'est pas parfaitement centré sur la flèche bas par exemple, le curseur peut dériver vers un autre menu, ce qui devient agaçant lorsqu'on veut simplement choisir une chanson.
Les boutons de connectivité, Sync, Start, Select, le port USB-C et le sélecteur de plateforme à quatre positions sont tous regroupés sous la guitare, à la base du corps. Cette localisation vise à éviter les pressions accidentelles pendant le jeu, objectif atteint, mais elle complique considérablement l'accès lorsqu'on en a réellement besoin. Pour un joueur droitier, ces boutons restent relativement accessibles, mais pour un gaucher qui retourne la guitare, la manipulation devient franchement pénible et a causé l'essentiel des difficultés de configuration initiale. Le bouton Start intégré au dial cliquable n'est pas non plus l'emplacement le plus intuitif pour mettre le jeu en pause, et nous aurions préféré le trouver sur la face avant de la guitare comme sur les anciens contrôleurs. Enfin, bien que le câble USB-C fourni soit de qualité correcte et suffisamment long, on pourrait préférer un câble plus léger de type souris gaming qui serait moins susceptible de tirer sur le contrôleur lors des mouvements énergiques.
L'absence des frettes supérieures à l'achat
Un point qui divise clairement les joueurs concerne l'absence de mini frettes supérieures sur le CRKD Gibson Les Paul Pro Edition. Ces petits boutons additionnels, popularisés par les contrôleurs Rock Band et présents de série sur le PDP Riffmaster, permettent d'effectuer des slides rapides vers le haut du manche dans certains passages techniques, une fonctionnalité que les joueurs les plus exigeants considèrent comme indispensable. CRKD a fait le choix de proposer un manche "solo fret" séparé prévu pour fin septembre incluant des frettes principales mécaniques pleine taille et un cluster de petites frettes membrane en haut du manche, similaire au design Rock Band original. Ce manche de remplacement coûte environ 39,99 € selon les sources, soit le même prix qu'un manche mécanique standard, ce qui en fait un upgrade relativement abordable.
Néanmoins, cette segmentation de l'offre pose question. Les joueurs qui savent d'emblée qu'ils veulent ces frettes supérieures doivent débourser 10 € de plus pour la Pro Edition puis encore 40 € pour le manche adapté, portant l'investissement total à environ 190 € pour la version Xbox, alors que le PDP Riffmaster inclut ces boutons d'office et se trouve régulièrement en promotion à des tarifs inférieurs près d'un an après son lancement. Pour les néophytes ou ceux qui reviennent aux rhythm games après une longue pause, l'absence de ces frettes ne sera probablement jamais un problème puisqu'on ne peut pas regretter ce qu'on n'a jamais connu. Mais pour les vétérans de Rock Band habitués à cette mécanique de jeu, c'est un désavantage objectif face à la concurrence, même si la qualité globale supérieure du CRKD compense en partie ce manque.
Il ne serait pas idiot d'ailleurs d'attendre une éventuelle mise à jour de la Pro Edition incluant directement le manche solo fret dans le package de base pour éviter la dépense supplémentaire, un conseil qui nous semble sensé pour les joueurs qui savent avoir besoin de cette fonctionnalité. Mais CRKD misant sur la rareté et les séries limitées, on doute que cela se produise un jour.
Ce qu'on a moins aimé
Une navigation de menus problématique sur Fortnite Festival
Alors que le CRKD Gibson Les Paul Pro Edition se comporte de manière exemplaire durant les chansons sur Clone Hero et YARG, l'expérience se dégrade significativement dans les menus de Fortnite Festival (et OK, full disclosure, on n'est cliarement pas lesplus grands utilisateurs du jeu). Même en basculant le mod dial sur les modes dédiés (2, 3 ou 4 selon la difficulté), nous n'avons jamais réussi à naviguer naturellement dans les menus avec les frettes et la strum bar comme c'est possible sur le PDP Riffmaster. À la place, nous avons systématiquement dû utiliser les joysticks et les petits boutons face regroupés autour du pseudo toggle switch, une méthode qui fonctionne mais ne procure aucune sensation de naturel pour un contrôleur guitare.
Le problème s'aggrave avec un défaut de mapping par défaut : le bouton CTRL est assigné à la fonction Select qui ouvre un menu contextuel dans Fortnite, rendant impossible l'activation de l'Overdrive sans passer par le tilt de la guitare ou reconfigurer manuellement les touches. Il faut obligatoirement basculer sur le profil 2 via le mod dial pour corriger ce mapping, une information qui n'est pas immédiatement évidente et que nous n'avons découverte qu'après consultation de forums et tests répétés. Cette incohérence entre les modes pose la question de l'efficacité réelle du système de profils préprogrammés censés justement éviter ce genre de friction. Pour un jeu aussi populaire et central dans la renaissance des rhythm games que Fortnite Festival, développé qui plus est par Harmonix dont CRKD connaît forcément l'expertise, on aurait attendu une intégration beaucoup plus fluide et intuitive dès la sortie de boîte.
Une whammy bar qui manque de tenue
Notre unité de test, ainsi que celles de plusieurs early adopters selon les retours partagés en ligne, présentait une whammy bar légèrement lâche au niveau de son point de fixation. Concrètement, la gravité suffit parfois à le faire pivoter hors de portée lorsque la guitare est tenue dans certaines positions, nous obligeant à le repositionner manuellement entre les passages où son utilisation est nécessaire. Ce n'est clairement pas un dealbreaker puisque la barre reste fonctionnelle et offre même une résistance agréable lorsqu'on l'actionne, avec un ressort satisfaisant qui la ramène en position haute. Mais cette légère instabilité suffit à créer une sensation de finition imparfaite sur un produit qui se veut premium et coûte près de 150 € en version Xbox.
Nous ne savons pas s'il s'agit d'un défaut de fabrication affectant un certain pourcentage d'unités ou d'un compromis de conception volontaire pour faciliter le mouvement de la barre. Dans tous les cas, c'est le genre de petit défaut qui saute aux yeux dès qu'on commence à jouer sérieusement et qui ternit légèrement l'impression générale d'excellence. Pour un contrôleur qui met en avant sa durabilité et sa conception robuste avec batterie remplaçable et manches interchangeables, ce type de problème mécanique sur une pièce aussi sollicitée que la whammy bar déçoit. Un système de serrage ajustable ou un point de fixation renforcé aurait résolu ce souci sans surcoût significatif.
Le mode KeyJam exige beaucoup de volonté
Le mode KeyJam, qui émule clavier et souris pour permettre de jouer à Fortnite Festival sur absolument toutes les consoles y compris PS5 et Xbox Series X|S en dehors de la compatibilité native, représente sur le papier une fonctionnalité fantastique qui étend considérablement la polyvalence du contrôleur. Dans la réalité, sa configuration demande une patience et une volonté considérables. Il faut remappe manuellement chaque bouton via l'application mobile, mémoriser les nouvelles assignations à l'aide des stickers fournis, tester in-game pour vérifier que tout fonctionne, puis ajuster de nouveau car certains conflits d'inputs apparaissent uniquement en situation réelle. Le processus complet peut facilement prendre une heure ou plus selon votre aisance avec ce type de manipulation technique.
Une fois correctement configuré, le mode KeyJam fonctionne admirablement bien et ouvre effectivement des possibilités de jeu là où la compatibilité native fait défaut. Mais franchement, combien d'utilisateurs iront jusqu'au bout de cette configuration fastidieuse plutôt que de simplement jouer sur une plateforme nativement supportée ? Cette barrière à l'entrée transforme ce qui devrait être un argument de vente majeur en fonctionnalité réservée aux joueurs les plus déterminés et technophiles. Un assistant de configuration pas-à-pas directement intégré à l'application, avec des profils KeyJam préconfigurés pour les jeux les plus populaires téléchargeables en un clic, aurait rendu cette fonctionnalité accessible au plus grand nombre au lieu d'en faire un parcours du combattant réservé à une minorité de passionnés.
Des choix esthétiques discutables
Sur le plan purement visuel, les deux finitions proposées divisent. La version Blueberry Burst de la Pro Edition reprend fidèlement le dégradé bleu emblématique des vraies Gibson Les Paul et plaira certainement aux puristes, mais on a noté que le décalque appliqué sur le plastique montre une qualité moyenne de près, avec des imperfections visibles en inspection rapprochée qui trahissent la nature budget du produit malgré son prix relativement élevé. La version Black Tribal de l'Encore Edition divise encore plus franchement : certes, son design glossy noir avec motifs tribaux correspond parfaitement à l'esthétique mi-2000s de l'époque dorée de Guitar Hero, ce qui procure une dose de nostalgie bienvenue. Mais soyons honnêtes, ces motifs tribaux étaient déjà considérés comme ringards à l'époque et le temps n'a rien arrangé.
La whammy bar et le bridge dorés de l'Encore contrastent joliment avec le fond sombre, mais cela ne suffit pas à racheter un choix artistique objectivement daté. Nous aurions apprécié plus d'options de personnalisation, notamment la possibilité de changer les faceplates comme on peut le faire avec certains contrôleurs modernes, permettant aux joueurs d'adapter l'apparence de leur guitare à leurs goûts personnels ou à leur collection d'instruments virtuels. Le fait que CRKD propose une cote de rareté gamifiée dans l'application pour chaque numéro de série suggère une volonté de créer un aspect collectionnable, mais sans faceplates interchangeables, cette dimension reste purement cosmétique et sans réel intérêt. Pour un produit à 150 €, on aurait aimé un peu plus de flexibilité esthétique au-delà du simple choix binaire entre deux designs dont l'un est magnifique et l'autre... moins.
Crache ta rareté, Myrhdin
Nous n'aurions jamais pensé recommander aussi chaleureusement un contrôleur guitare en 2025, et pourtant le CRKD Gibson Les Paul Pro Edition nous a totalement conquis. Malgré un setup initial déroutant et quelques choix ergonomiques discutables, ce périphérique fait exactement ce qu'on attend de lui une fois correctement configuré : il nous permet de revivre l'âge d'or de Rock Band avec une qualité de construction et une précision d'inputs très supérieures aux contrôleurs d'époque. Les frettes mécaniques et la strum bar Hall Effect haptique représentent une vraie évolution technologique qui corrige les défauts des générations précédentes sans trahir l'esprit des originaux.
Certes, l'absence des mini frettes supérieures à l'achat et le prix de 149,99 € pour la version Xbox testée peuvent faire hésiter, surtout face à une PDP Riffmaster régulièrement en promotion. Mais la batterie remplaçable, les manches interchangeables et la personnalisation poussée via l'application mobile font de ce contrôleur un investissement durable plutôt qu'un simple achat nostalgie. Pour nous qui n'avons plus vraiment la place de sortir toute la panoplie d'instruments Rock Band ni les amis disponibles pour des sessions complètes, cette guitare offre exactement la bonne dose de madeleine de Proust pour retrouver ce plaisir intact que nous procure ce jeu de cœur.
Nous n'hésitons pas une seconde à dire que ce contrôleur ferait un excellent cadeau pour tout fan de Rock Band toujours actif. Et pour ceux qui découvrent l'univers des rhythm games via Fortnite Festival ou Clone Hero, c'est probablement le meilleur point d'entrée disponible sur le marché en 2025, à condition d'accepter de passer une petite heure à apprivoiser ses nombreuses fonctionnalités. La version Pro à 139,99 € en multiplateforme ou 149,99 € en Xbox représente le meilleur rapport qualité-prix, tandis que l'Encore à 129,99 € conviendra aux budgets plus serrés acceptant de faire l'impasse sur les switches mécaniques et le feedback haptique.
Ce test a été réalisé par Myrhdin avec un produit fourni par le constructeur. Sa rédaction n'est le fruit d'aucune transaction financière entre le rédacteur ou JeuxOnLine et le constructeur ou les entreprises le représentant.
| Activités | concepteur de produits électroniques |
|---|---|
| Création |
2014 |
| Pays d'origine | États-Unis d'Amérique |












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