Test - UGREEN NASync DH2300, le NAS 2 baies pour le cloud facile
Un NAS compact à deux baies, silencieux et simple à configurer, avec HDMI 4K 60 Hz, RAID et fonctions photo “IA” locales, mais un réseau 1GbE et 4 Go de RAM fixes.
Petit, discret et pensé pour rapatrier ses données à la maison, le NASync DH2300 de Ugreen joue la carte du “brancher, configurer, oublier”. Avec deux baies SATA, un SoC ARM Rockchip RK3576 et UGOS Pro, il promet une sauvegarde domestique simple, un accès à distance et un volet multimédia grâce au HDMI 4K 60 Hz. Son positionnement tarifaire a bougé depuis sa sortie, et il assume aussi des compromis assez visibles, comme un réseau limité au 1GbE et une mémoire figée à 4 Go, ce qui cadre d’emblée la cible.
Pour les gamers et technophiles, un NAS finit souvent par devenir le point de chute de tout ce qui n’a pas vocation à rester sur le SSD du PC : sauvegardes de bibliothèques, captures vidéo, archives de screenshots, mais aussi documents, photos et médias partagés. Nous avons abordé le DH2300 comme une machine 24/7 qui doit rester silencieuse, sobre, et surtout compréhensible au quotidien, sans transformer la maison en petit datacenter. L’ambition n’est pas de rivaliser avec des solutions x86 lourdes, mais de fournir un cloud privé crédible, pilotable depuis une interface claire, avec suffisamment de garde-fous pour éviter les mauvaises surprises.
Ce qu’on a aimé
La base matérielle efficace pour un usage domestique
Attention: nerd moment en approche.
Le DH2300 s’appuie sur un Rockchip RK3576 en architecture big.LITTLE, avec 8 cœurs au total, dont 4 Cortex-A72 pouvant monter jusqu’à 2,2 GHz, et 4 Cortex-A53 pour les tâches de fond. La mémoire est fixée à 4 Go de LPDDR4X, et le système repose sur une eMMC de 32 Go, ce qui évite de réserver une portion d’un disque au système. On profite aussi d’une NPU annoncée à 6 TOPS, utilisée pour des fonctions d’indexation et de classement dans les modules photo.
Traduction? Le résultat est une machine qui démarre vite, répond bien dans l’interface, et reste à l’aise sur les tâches classiques d’un NAS familial.
Le châssis compact et le silence en usage continu
Le format vertical limite l’encombrement, et le design reste assez neutre pour vivre sur une étagère ou un bureau. L’accès aux baies par le haut facilite l’installation des disques, même si l’on reste sur un montage à vis, moins direct que certains concurrents et leurs solutions sans outils.
En fonctionnement, l’ensemble se montre généralement discret : nous avons constaté un bruit mesuré dans une fourchette typique allant d’environ 32 à 35 dBA dans les situations calmes, et pouvant grimper vers 39 à 45 dBA quand le ventilateur s’emballe ou quand les disques travaillent fort. Pour un NAS destiné à tourner en continu, c’est suffisamment contenu pour rester compatible avec une pièce de vie, à condition de ne pas le coller à 30 cm de la tête.
La sobriété énergétique, pratique pour laisser tourner 24/7
Sur ce type de produit, la consommation est un sujet moins sexy que la fiche technique, mais c’est souvent ce qui décide si l’on garde un NAS allumé en permanence.
Ici, l’approche ARM tient ses promesses : on observe généralement des consommations oscillant autour de 9 à 10 W au repos (avec disques installés), et plutôt 12 à 13 W quand on transfère des fichiers ou que l’indexation se met au travail.
Selon la configuration et l’activité, des pointes plus hautes existent, mais la tendance reste celle d’un appareil qui ne ressemble pas à un vieux PC recyclé. Dans la pratique, cela autorise des sauvegardes automatiques et une accessibilité permanente, sans avoir l’impression de chauffer la pièce pour rien.
Le HDMI 4K 60 Hz, la bonne surprise pour le salon
La présence d’un HDMI 4K 60 Hz change la manière d’envisager ce NAS. Ce n’est pas un boîtier TV haut de gamme, et il ne faut pas le confondre avec une box dédiée, mais brancher le DH2300 à un écran permet d’imaginer un usage médiathèque locale plus direct, sans passer par un client sur PC.
C’est aussi un filet de sécurité : si l’on veut accéder rapidement à des médias locaux ou vérifier un contenu sans jongler entre les applications, l’option existe. Dans un foyer où le NAS sert aussi d’entrepôt multimédia, c’est un ajout très concret à ce niveau de gamme, surtout quand on compare avec des modèles qui ne proposent que du réseau.
Après, on ne va pas se leurrer, un coup de Plex ou de Jellyfin sera toujours plus pratique sur le long terme.
Le logiciel UGOS Pro, lisible et assez complet pour débuter
UGOS Pro adopte une interface facon bureau d'OS qui rend les choses moins intimidantes : gestion des comptes, création de partages, surveillance, et centre d’applications.
Nous avons retrouvé l’essentiel attendu : SMB pour les PC, des options de sauvegarde locales et distantes, des modes de volume et de protection comme RAID 0, RAID 1 ou JBOD, ainsi que des fonctions de restauration.
On apprécie aussi la présence de réglages de sécurité, comme la double authentification et des mécanismes de blocage en cas d’échecs répétés. L’écosystème n’a pas la densité d’un mastodonte historique, mais l’ensemble est suffisamment propre pour donner envie de se servir du NAS plutôt que de le laisser prendre la poussière après deux semaines.
Les fonctions d’indexation IA locales, utiles sans cloud
La NPU mise en avant par UGREEN ne transforme pas le DH2300 en station de calcul, et ce n’est pas l’objectif.
En revanche, pour une photothèque familiale, les fonctions de reconnaissance de visages et de classement automatique apportent un confort réel, surtout si l’on cherche à éviter que toute sa vie numérique dépende d’un service en ligne.
Sur de grosses bibliothèques, il faut accepter un temps d’analyse et un NAS plus actif, mais l’idée reste saine : des recherches plus intelligentes, et des albums mieux organisés, en restant sur une logique de stockage local. Pour qui sauvegarde aussi des photos d’événements ou de voyages, retrouver des contenus sans trier à la main est rapidement appréciable.
Ce qu’on n'est pas sûrs d’avoir aimé
Le réseau en 1GbE, suffisant mais plafonné par nature
Le point le plus simple à résumer est aussi le plus structurant : le DH2300 se contente d’un seul port Ethernet 1GbE.
Dans le meilleur des cas, on oscille classiquement entre 111 et 117 MB/s en lecture et écriture séquentielles, ce qui colle au plafond pratique du gigabit. Cela suffit pour des sauvegardes, du partage de fichiers, du streaming, et même pour travailler à petite échelle sur des projets, tant qu’on reste raisonnable.
En revanche, dès que l’on manipule de gros volumes, des rushs vidéo, ou que plusieurs machines tirent dessus en même temps, on sent que le NAS ne pourra logiquement pas faire mieux que ce que propose son port réseau.
Ce n’est pas un défaut caché, c’est une limite assumée.
Le capot supérieur magnétique, pratique mais un peu trop facile à retirer
L’accès aux baies par le haut est agréable et rend l’installation des disques peu stressante. Le mécanisme magnétique évite aussi les clips fragiles ou les trappes qui grincent, et cela participe au côté “produit simple” que UGREEN vise clairement.
Le revers de la médaille est un détail de manipulation : le capot se retire très facilement, parfois trop. Si l’on a le réflexe de saisir l’appareil par le dessus pour le déplacer, on peut se retrouver à tenir le couvercle plutôt que le NAS.
Ce n’est pas une catastrophe, mais c’est typiquement le genre de petit choix de design qui s’apprend, et qu’on n’a pas forcément envie d’apprendre à ses dépens.
Les 2 baies, parfaites pour du RAID 1, moins pour grandir
Deux baies, c’est la configuration la plus simple pour un NAS domestique, et c’est aussi celle qui pousse naturellement vers le RAID 1, avec une redondance facile à comprendre.
UGREEN annonce une capacité maximale de 64 To au total, ce qui est déjà énorme sur le papier, et suffisant pour beaucoup d’usages (et puis, bon, vu les prix du To en ce moment, hein, c'est plus à la portée de tout le monde). La contrepartie, c’est l’évolution : quand on commence à remplir, les stratégies pour étendre deviennent plus limitées que sur un 4 baies, et la migration de volumes peut vite devenir un sujet.
On peut vivre très longtemps avec 2 disques, mais il faut accepter que le produit soit pensé pour rester dans ce cadre, pas pour devenir une plateforme à faire évoluer sur cinq ans de bricolage.
Ce que l’on a moins aimé
La mémoire figée à 4 Go, un verrou dès qu’on veut empiler
LE gros point noir selon nous de ce produit: les 4 Go de RAM sont soudés et non extensibles, et c’est probablement la limite la plus frustrante pour les bidouilleurs comme nous. Dans les faits, qu'ils soient soudés, soit, mais une baie pour accueillir de la mémoire supplémentaire aurait été tout à fait bienvenue.
Tant qu’on reste sur du stockage, de la sauvegarde et du multimédia raisonnable, le NAS fait le travail. Dès qu’on veut multiplier les services, ajouter des applications plus lourdes, ou transformer l’appareil en mini serveur polyvalent, la marge se réduit.
Le DH2300 n’est pas vendu comme une machine à virtualiser ou à faire tourner dix services en parallèle, et cette RAM fixe le rappelle. On peut aimer la cohérence du choix, mais on le paye dès que l’on sort du cadre.
Pas de M.2, pas de cache SSD et moins d’options pour accélérer
Le DH2300 ne propose pas d’emplacement M.2, donc pas de cache NVMe.
Pour un NAS en 1GbE, on pourrait se dire que ce n’est pas grave, puisque le réseau plafonne avant le stockage. Dans la réalité, un cache SSD aide surtout sur les accès aléatoires et sur la réactivité quand on manipule une quantité énorme de petits fichiers, ce qui arrive vite entre jeux, mods, photos, et dossiers de travail.
Ici, on reste sur une approche stockage pure et dure, ce qui simplifie la configuration, mais empêche d’améliorer certains usages sans changer de machine. Si vous savez déjà que votre quotidien, c’est des milliers de petits fichiers, ce point compte.
Un écosystème applicatif plus jeune et des petits accrocs de découverte réseau
UGOS Pro est clair, mais l’écosystème applicatif reste moins dense que celui des marques les plus installées, même le ToS de TerraMaster, sans pousser jusqu'au DSM de Synology.
On a les fonctions de base, des modules multimédia, et de quoi couvrir un usage familial, mais on n’a pas cette impression de magasin infini où chaque besoin trouve son application officielle ou quasi officielle.
Autre point plus pénible : la découverte réseau peut parfois faire des caprices, obligeant à passer par l’adresse IP ou l’application plutôt que par un outil de détection qui tombe immédiatement juste. Une fois configuré, on n’y pense plus, mais les premières minutes comptent, surtout quand on vise précisément les débutants.
Crache ton petit bonhomme vert, Myrhdin
Nous aimons l’idée d’un NAS qui ne cherche pas à impressionner, mais à servir. Le DH2300 coche des cases concrètes : silence, sobriété énergétique, interface accessible, et un HDMI 4K 60 Hz qui donne une vraie option “salon” en plus du réseau.
En même temps, il faut acheter l’ensemble avec ses limites : 1GbE qui plafonne, 4 Go non extensibles, et une évolutivité matérielle réduite. Côté prix, nous avons connu un lancement à 209,99 EUR, et nous constatons aujourd’hui un affichage à 245,99 EUR sur Amazon avec UGREEN comme vendeur, ce qui ressemble à une hausse assumée par la marque, malgré des périodes où on le voit descendre sous 200 EUR.
Si votre objectif est un cloud privé simple et une machine de sauvegarde qui tourne sans bruit, le contrat est rempli. Si vous voulez un terrain de jeu pour empiler les services et préparer un réseau plus rapide, ce n’est pas le bon profil.
Ce test a été réalisé par Myrhdin avec un produit fourni par le constructeur. Sa rédaction n'est le fruit d'aucune transaction financière entre le rédacteur ou JeuxOnLine et le constructeur ou les entreprises le représentant.
| Activités | concepteur de produits électroniques |
|---|---|
| Création |
2012 (Chine) |
| Pays d'origine | Chine |








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