Test - Razer DeathAdder V4 Pro : l’ergo FPS passe en 8K
Razer affine sa souris FPS iconique : capteur Focus Pro 45K Gen 2, 8 000 Hz en sans-fil, 56 g et molette optique. Une semaine intensive suffit à voir ce qui progresse… et ce qui agace, en FPS surtout
La Razer DeathAdder V4 Pro s’inscrit dans une catégorie paradoxale : celle des souris « classiques » que l’on n’a pas envie de voir changer… tout en attendant d’elles qu’elles suivent l’escalade technique du moment. Pendant une semaine d’utilisation intense sur la période des fêtes de fin d’année qui vient de s’achever, nous l’avons alternée entre sessions FPS (où l’on traque le moindre accroc), bureautique (où l’on sent vite une molette ou des clics fatigants) et déplacements (où la connectique et le dongle comptent). Le contexte tarifaire ? 179,99 € en prix conseillé maximum, mais on la croise déjà sous 160 €, parfois même autour de 150 €.
Ce qu’on a aimé
La prise en main DeathAdder et le poids plume
La forme DeathAdder est toujours là, et c’est une bonne nouvelle : on retrouve cette ergonomie droitier qui tombe naturellement sous la paume en palm ou en claw, sans phase d’adaptation interminable. Avec environ 56 g, la V4 Pro garde une sensation de légèreté rare pour une souris ergo pleine coque, et notre exemplaire n’a pas montré de flex gênant ni de craquements parasites pendant la semaine. Les boutons latéraux, plus nets et mieux séparés, se repèrent facilement en jeu sans « chercher » au pouce, y compris quand on a les mains un peu sèches (merci l’hiver).
Le capteur Focus Pro 45K Gen 2 et le suivi
Sur le plan du suivi, nous avons eu exactement ce qu’on attend d’une souris orientée FPS : rien qui dépasse, dans le bon sens du terme. Le Focus Pro 45K Gen 2 annonce 45 000 DPI, 900 IPS et 85G, avec une marge absurde par rapport à un usage réel, mais l’intérêt se voit ailleurs : stabilité du tracking, décrochage difficile à provoquer et options fines dans le logiciel (LOD, rotation, ajustements de sensibilité). Sur tapis comme sur surfaces plus capricieuses, le pointeur reste prévisible, sans micro-sauts perceptibles à l’œil nu pendant les flicks et micro-corrections.
Le sans-fil HyperSpeed Gen 2 et le dongle 8K
Le gros marqueur « V4 Pro », c’est le 8 000 Hz en sans-fil (et aussi en filaire). Le nouveau dongle HyperSpeed Gen 2 a un format hémisphérique et surtout un vrai poids (environ 45 g) : posé sur le bureau, il ne se balade pas au moindre câble tiré, et sa base accroche bien. La LED de statut peut afficher batterie, qualité de lien ou polling, pratique pour éviter la surprise d’une batterie basse en pleine partie. Sur notre semaine, la liaison sans-fil est restée stable, sans décrochages notables. En revanche, il faut accepter l’idée que ce dongle n’est pas là pour « unifier » tout un écosystème : l’approche est clairement dédiée à cette souris.
Les clics optiques Gen 4 et la molette optique
Razer pousse ici une logique « tout optique » : switchs optiques Gen 4 et encodeur de molette optique. En jeu, l’avantage le plus concret, c’est l’absence de souci de debounce côté ressenti : les clics partent vite, avec peu de pré/post-travel sur notre exemplaire. La molette, elle, vise surtout la fiabilité (moins d’histoires de scroll fantôme ou d’entrées inversées que l’on a tous déjà vues sur des encodeurs mécaniques fatigués). Le clic molette est ferme et difficile à déclencher par erreur. À noter : les switchs sont conçus pour être remplaçables sans soudure, ce qui n’est pas anodin pour une souris haut de gamme.
L’autonomie annoncée et la gestion intelligente
Entre 150 h annoncées à 1 000 Hz (après mise à jour firmware) et environ 22 h annoncées à 8 000 Hz, la DeathAdder V4 Pro assume un message simple : le 8K est un mode performance, pas un mode « oublier le câble un mois ». Dans notre usage majoritairement réglé sur 1 000 Hz, nous avons bouclé la semaine sans stress de recharge, et l’indicateur de batterie via le dongle aide à garder un œil dessus. Le logiciel propose aussi des options de bascule intelligente du polling selon les jeux, ce qui évite de rester en mode « avion de chasse » sur le bureau.
Ce qu'on n’est pas sûrs d’avoir aimé
Le 8 000 Hz au quotidien
Le 8 000 Hz fait partie des arguments qui se comprennent mieux qu’ils ne se ressentent. Oui, c’est satisfaisant de cocher la case, et l’implémentation est propre en sans-fil comme en filaire. Mais sur une semaine, l’intérêt dépend beaucoup du contexte : machine solide, jeu qui suit, et tolérance à une autonomie qui fond plus vite. Dans certains titres, on peut percevoir une sensation de réactivité un peu plus « tendue », mais ce n’est pas le genre de différence qui saute aux yeux à chaque partie. Et si l’objectif est surtout de jouer confortablement, 1 000 Hz reste la zone de confort.
Le logiciel Synapse 4 entre richesse et lourdeur
Synapse 4 donne énormément de contrôle, parfois trop. On apprécie d’avoir tout sous la main : remapping, profils, polling, LOD, calibration, options avancées de sensibilité, et la possibilité de stocker au moins un profil onboard pour ne pas être nu en déplacement. En contrepartie, l’ensemble garde une réputation de logiciel « chargé », avec une impression de surcouche qui n’a pas besoin d’exister si l’on veut juste régler deux DPI et partir en game. Sur une semaine, on s’en sert, on referme, et on est content que la souris fasse le gros du travail toute seule. Ceux qui aiment les setups minimalistes risquent de grincer des dents.
Le bouton DPI sous la souris
Le choix de placer le bouton DPI sous la souris (souvent couplé à l’alimentation) est un classique : on évite les changements accidentels en jeu, mais on perd l’accès rapide si l’on aime varier les sensibilités à la volée en fonction de l'arme choisie. Dans un usage FPS « stable », ça passe très bien ; dans un usage plus hybride, c’est moins pratique.
Ce qu’on a moins aimé
Le prix en euros et la comparaison interne chez Razer
À 179,99 € en prix conseillé maximum, la DeathAdder V4 Pro se place d’emblée en haut de l’étagère chez votre revendeur, et il faut vraiment vouloir la forme DeathAdder + la dernière plateforme (capteur 45K Gen 2, 8K sans-fil, molette optique, switchs optiques Gen 4) pour l’avaler sans tousser.
La bonne nouvelle, c’est que le marché a déjà calmé l’addition : on la voit régulièrement sous 160 €, parfois vers 150 €, ce qui change radicalement la perception. Et la comparaison est cruelle en interne : une DeathAdder V3 Pro se trouve souvent sous 100 € chez les revendeurs français, et elle reste très compétitive si l’on se moque du 8K.
Le câble fourni et l’expérience filaire
Razer propose du 8K filaire, mais le câble fourni ne donne pas envie de s’y attarder. Nous l’avons trouvé trop rigide pour une souris aussi légère : on sent rapidement une petite contrainte mécanique sur les mouvements rapides, surtout sans bungee. L’absence d’un USB-C légérement anglé/incliné côté souris n’aide pas à garder un chemin de câble discret et stable. C’est dommage, parce que l’option filaire peut servir (latence, batterie, dépannage), et à ce niveau de prix, on attend un câble qui disparaisse complètement dans l’usage. Là, il rappelle qu’il existe.
Les accessoires, les grips et l’absence de patins de rechange
Le contenu « autour » de la souris est moins enthousiasmant. Les grips fournis ne nous ont pas convaincus : l’adhérence et la sensation en main ne sont pas au niveau de la souris elle-même, et l’ensemble manque de générosité. Côté glisse, les patins PTFE d’origine sont très bons sur la majorité des tapis, mais nous regrettons l’absence de patins de rechange dans la boîte, surtout pour un produit pensé pour être trimballé et utilisé intensément. Sur une souris de ce segment, on s’attend à pouvoir rafraîchir la glisse sans repasser à la caisse ou bricoler.
Le son des clics et la cohérence du ressenti
C’est le point le plus irritant parce qu’il touche au quotidien : le son et le “feel” des clics. Les switchs optiques Gen 4 sont rapides, mais ils peuvent produire un rendu métallique / creux selon l’oreille, et la cohérence n’est pas toujours parfaite entre clic gauche et clic droit. Sur notre semaine, ça ne gêne pas la performance pure, mais ça peut agacer à la longue, surtout en bureautique ou en jeu calme. Même chose pour la molette : l’encodeur optique inspire confiance sur la durée, mais le crantage peut paraître un peu léger selon les habitudes, avec de rares scrolls involontaires si l’on effleure.
Crache ta Gorgone, Myrhdin
Nous avons adoré retrouver l’ergonomie DeathAdder dans un châssis ultra-léger (environ 56 g), plus rigide, avec une plateforme technique moderne : capteur Focus Pro 45K Gen 2, molette optique, switchs optiques Gen 4, et 8 000 Hz en sans-fil pour ceux qui veulent aller au bout du concept. Mais nous n’allons pas prétendre que tout le monde “a besoin” de ça : le 8K est exigeant, le logiciel peut fatiguer, et le câble/accessoires ne suivent pas toujours.
À 150–160 €, l’ensemble devient plus cohérent, au prix fort, la V3 Pro moins chère reste un argument difficile à ignorer.
Ce test a été réalisé par Myrhdin avec un produit fourni par le constructeur. Sa rédaction n'est le fruit d'aucune transaction financière entre le rédacteur ou JeuxOnLine et le constructeur ou les entreprises le représentant.
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