Test - G'AIM'E Time Crisis : l'arcade de retour dans vos chez vous
La console G'AIM'E ressuscite Time Crisis et les classiques du pistolet lumineux sur nos TV modernes. Nostalgie garantie, précision au rendez-vous, mais ludothèque limitée.
Trente ans après sa sortie en arcade, Time Crisis revient dans nos salons sous une forme inédite. La console G'AIM'E, développée par Tassei Denki en collaboration avec Bandai Namco, propose de ressusciter l'âge d'or des pistolets lumineux d'arcade sur nos téléviseurs modernes. Un pari audacieux à l'heure où les écrans CRT ont disparu depuis longtemps, emportant avec eux la technologie qui permettait aux light guns de fonctionner.
Cette mini-console plug-and-play promet une expérience fidèle aux bornes d'arcade originales, sans avoir à quitter son canapé ni à aligner les pièces de monnaie. Nous avons passé plusieurs jours à dégainer dans notre salon pour vérifier si cette promesse tient la route, et si la magie opère toujours sur nos écrans plats modernes.
Entre technologie de suivi par caméra dopée à l'intelligence artificielle, pédale pour se mettre à couvert comme dans l'arcade, et une sélection de quatre classiques Namco, la G'AIM'E vise clairement les nostalgiques qui ont usé leurs derniers francs dans les salles de jeux des années 90.
Ce qu'on a aimé
Une installation plug-and-play exemplaire
L'un des atouts majeurs de la G'AIM'E réside dans sa simplicité d'installation. Contrairement aux montages complexes nécessitant capteurs externes, barres lumineuses ou autres artifices, cette console autonome se connecte uniquement via un câble HDMI et son bloc d'alimentation. Une fois branchée, un tutoriel vidéo intégré se lance automatiquement au premier démarrage pour guider l'utilisateur à travers les fonctionnalités de base. La calibration initiale ne requiert que quelques secondes : il suffit de viser et de tirer sur huit cibles à l'écran pour que le système comprenne la géométrie de votre téléviseur. Cette procédure devra certes être répétée à chaque démarrage de la console, mais elle ne prend qu'une vingtaine de secondes et s'avère suffisamment rapide pour ne pas devenir un frein trop important au plaisir de jeu. Le matériel fourni inclut des câbles tressés de qualité, un bloc d'alimentation avec adaptateurs multiples, et l'ensemble respire une finition soignée qui contraste avec certains produits rétro bon marché. En quelques minutes à peine, nous étions opérationnels et prêts à replonger dans les années 90.
Une technologie de suivi précise et moderne
Le véritable exploit technique de la G'AIM'E tient dans son système de suivi par caméra HD intégrée au canon du pistolet, couplé à un gyroscope et à un NPU (Neural Processing Unit) embarqué. Ce processeur dédié a été entraîné, selon les arguments marketing du constructeur, sur des milliers de téléviseurs de 15 à 150 pouces, permettant au pistolet de fonctionner sur pratiquement n'importe quel écran moderne sans nécessiter de bordure visible ou de modification du signal vidéo. Contrairement aux anciens light guns qui détectaient le flash lumineux des tubes cathodiques, cette approche moderne analyse en temps réel la position du canon par rapport à l'image affichée, en s'appuyant sur des algorithmes d'intelligence artificielle.
Le résultat est probant : la visée s'avère précise et la latence imperceptible une fois la calibration effectuée correctement. Nous avons testé le système sur plusieurs écrans et téléviseurs de tailles différentes, et la technologie s'est montrée constante dans ses performances. Les impacts tombent exactement là où nous visons, reproduisant fidèlement les sensations des bornes d'arcade originales. Cette solution élégante contourne brillamment les limitations techniques des écrans plats, prouvant qu'il était possible de faire revivre ce genre sans compromis majeur sur la jouabilité.
Un catalogue rétro limité mais bien choisi
Selon le pack choisi, la G'AIM'E embarque entre un et quatre jeux classiques de Namco.
Le pack Basic à 99,99€ se limite à Time Crisis, le titre phare qui a défini le genre dans les années 90. Pour 149,99€, le pack Premium ajoute la pédale et un pin émaillé commémoratif, tout en débloquant l'accès à Point Blank, Steel Gunner et Steel Gunner 2. Enfin, le pack Ultimate à 199,99€ inclut un second pistolet, le diorama acrylique 3D et permet le jeu à deux joueurs.
Time Crisis demeure l'attraction principale, avec son portage 1080p reconstruit depuis la RoM arcade originale, préservant l'équilibre et les sensations du titre d'origine. La pédale pour se mettre à couvert et recharger fonctionne admirablement, ajoutant une dimension tactile et immersive qui manque cruellement aux conversions sur manette.
Point Blank se révèle être une surprise bienvenue : ses 16 mini-jeux compétitifs sont parfaits pour le multijoueur et offrent une rejouabilité supérieure à celle des rail shooters purs.
Les Steel Gunner 1 et 2, moins connus mais tout aussi accrocheurs, complètent le tableau avec leurs graphismes 2D d'époque bien upscalés. L'ensemble propose suffisamment de variété pour occuper plusieurs soirées, même si nous reviendrons plus loin sur la question de la longévité.
Un pistolet bien conçu et des accessoires premium
Le pistolet G'AIM'E rend un bel hommage au hardware d'arcade tout en modernisant certains aspects. Sa forme ergonomique, sa prise en main confortable et ses organes de visée bien positionnés rappellent les répliques d'époque, tandis que la présence d'un bouton "insert coin" sur le côté constitue un clin d'œil nostalgique savoureux. Appuyer dessus ajoute des crédits virtuels et déclenche le son emblématique de la pièce tombant dans la fente, recréant cette petite dose de dopamine qu'on ressentait en arcade.
Le retour haptique intégré produit une vibration satisfaisante à chaque tir, compensant partiellement l'absence de recul mécanique.
La pédale, bien que construite en plastique, se montre stable et réactive grâce à son large plunger qui couvre toute sa largeur, évitant les ratés dans le feu de l'action.
La console elle-même adopte un format compact rappelant un double boîtier CD, sobre et discret, avec deux ports USB-C en façade pour connecter pistolets et pédale.
Les packs supérieurs incluent des extras collectors appréciables : le pin émaillé célébrant les 30 ans de Time Crisis, le diorama acrylique 3D représentant une scène iconique du jeu. Ces petits détails font toute la différence et donnent une impression de produit pensé pour les fans, pas simplement assemblé à la va-vite.
Ce qu'on n'est pas sûrs d'avoir aimé
Une calibration répétitive au démarrage
Si le processus de calibration s'effectue rapidement, force est de constater qu'il doit être répété à chaque mise sous tension de la console. Impossible de sauvegarder les paramètres entre deux sessions, ce qui devient vite répétitif si vous jouez quotidiennement. Les vingt secondes nécessaires pour viser les huit cibles ne constituent pas un obstacle majeur en soi, mais cette étape systématique casse légèrement l'immersion et l'immédiateté promise par le format plug-and-play.
De même, certains réglages comme l'affichage du réticule ne sont pas conservés d'une session à l'autre, obligeant à replonger dans le menu minimaliste pour les réactiver. Cette limitation logicielle étonne sur un produit moderne et pourrait facilement être corrigée via une mise à jour firmware.
Nous aurions apprécié qu'un profil de calibration soit mémorisé par défaut, avec la possibilité de le recalibrer manuellement en cas de changement de téléviseur ou de position de jeu. En l'état, c'est un petit peu de poil à gratter qui ne gâche pas l'expérience globale, mais qui aurait mérité plus d'attention.
Des options d'affichage et des menus spartiates
L'interface de la G'AIM'E se veut volontairement épurée, presque minimaliste. Si cela facilite la prise en main, cela se traduit aussi par une absence totale d'options graphiques avancées. Pas de filtre scanlines, pas d'émulation d'effet CRT, pas de réglage fin de l'affichage au-delà du choix de la résolution. Les puristes qui aiment recréer l'apparence exacte des écrans cathodiques d'époque resteront sur leur faim.
De même, les menus sont fonctionnels mais très basiques, proposant juste ce qu'il faut pour sélectionner un jeu, calibrer le pistolet et ajuster le volume. Nous ne sommes pas face à un produit qui permet de bidouiller dans tous les sens, mais plutôt à une expérience guidée et cadenassée.
Cela pourra séduire ceux qui recherchent la simplicité, mais frustrera les amateurs de personnalisation fine. L'approche "console fermée" adoptée par Tassei Denki a le mérite de la clarté, mais limite aussi la richesse de l'expérience à long terme.
Un multijoueur conditionné par le matériel
La possibilité de jouer à deux constitue l'un des atouts majeurs de la G'AIM'E, notamment sur Point Blank où la compétition fait partie intégrante du plaisir. Malheureusement, cette fonctionnalité n'est accessible qu'avec le pack Ultimate à 199,99€ incluant deux pistolets, ou en achetant un second pistolet séparément pour 69,99€.
Mais la contrainte ne s'arrête pas là : la console ne dispose que de deux ports USB-C, ce qui signifie qu'en mode deux joueurs, impossible de brancher deux pédales simultanément. Sur Time Crisis, un des deux joueurs devra obligatoirement utiliser le bouton dédié sur le pistolet pour se mettre à couvert, solution fonctionnelle mais moins immersive que la pédale.
Cette limitation matérielle semble découler d'un choix de design destiné à contenir les coûts, mais elle pénalise l'expérience coopérative sur le titre phare. On aurait aimé voir au minimum trois ports USB-C, voire quatre pour permettre à chaque joueur de profiter de sa pédale. En l'état, le multijoueur fonctionne bien sur Point Blank (qui ne nécessite pas de pédale), mais perd de son cachet sur Time Crisis.
Ce qu'on a moins aimé
L'absence de véritable recul mécanique
C'est probablement notre plus grande déception pour ce produit : le pistolet ne reproduit pas le recul mécanique iconique des bornes d'arcade originales. Les pistolets d'époque utilisaient un mécanisme de chariot coulissant dans le canon, produisant ce fameux "clack-clack-clack" si satisfaisant à chaque tir.
Ici, seul un retour haptique sous forme de vibration tente de simuler le recul, et même s'il est correctement dosé et réactif, il ne parvient pas à égaler la sensation physique et sonore de l'original. Cette absence de recul mécanique s'explique sans doute par des contraintes de coût de fabrication et de conception : intégrer un tel système dans un pistolet moderne aurait considérablement alourdi et complexifié le produit.
Néanmoins, c'est un élément qui faisait partie intégrante de l'expérience arcade, et son absence se fait cruellement sentir après quelques heures de jeu. Le pistolet reste léger, presque trop, là où les répliques d'arcade avaient un certain poids qui renforçait la sensation de tenir une arme.
Nous comprenons les compromis nécessaires pour proposer un produit grand public à prix abordable, mais nous ne pouvons pas nous empêcher de regretter cette concession sur l'une des sensations les plus marquantes du genre.
Une ludothèque fermée et limitée (pour l'instant ?)
Même en optant pour le pack le plus complet, la G'AIM'E ne propose que quatre jeux, ce qui constitue une bibliothèque extrêmement restreinte pour une console dédiée. Certes, ces titres ont été choisis parmi les classiques les plus emblématiques du genre, et leur rejouabilité reste élevée grâce aux mécaniques de score, aux modes de difficulté et aux mini-jeux de Point Blank. Mais les rail shooters d'arcade ont été conçus pour des sessions courtes de 10 à 20 minutes destinées à avaler un maximum de pièces, pas pour occuper des dizaines d'heures.
Une fois les quatre jeux terminés plusieurs fois, l'intérêt risque de retomber, surtout si vous jouez seul. Le plus frustrant reste l'impossibilité d'étendre cette ludothèque : pas de slot pour cartouches, et pour l'instant pas de boutique en ligne, pas de promesse de DLC ou de mises à jour futures. Le système est complètement fermé, vous êtes limité à ce qui est fourni d'origine.
Pourtant, le catalogue Namco regorge d'autres classiques du pistolet lumineux — Crisis Zone, Gunblade NY, Vampire Night — qui auraient trouvé naturellement leur place ici. Nous espérons vivement que Tassei Denki et Namco envisagent une forme d'extension (et pitié, pas une seconde itération de la console) intégrant davantage de titres, car l'infrastructure technique fonctionne parfaitement et ne demande qu'à accueillir plus de contenu.
Note du Rédacteur: On a contacté l'agence en charge de la communication du produit sur le marché français pour leur demander si une communication officielle avait été faite au sujet d'une potentielle future extension, que ce soit par DLC ou autre, ou s'il était prévu de lancer de nouvelles consoles à chaque extension (ce qui nous semblait contre-productif). Notre mail est resté sans réponse depuis 48h, nous mettrons à jour cet encart en cas de retour de leur part !
Un matériel perfectible sur certains détails
Au-delà des qualités indéniables du pistolet et de la pédale, certains détails de fabrication laissent entrevoir des économies de bout de chandelle. La pédale, bien que fonctionnelle et stable, est entièrement construite en plastique et manque du poids et de la robustesse que procurerait une base métallique. Le bouton d'alimentation de la console est un peu "mou" et peu satisfaisant au toucher, donnant une impression de finition bon marché. Les pistolets sont très légers, ce qui facilite la maniabilité mais nuit à la sensation de tenir une réplique authentique. Enfin, comme évoqué précédemment, le nombre limité de ports USB-C (seulement deux) restreint les possibilités d'extension et force à faire des choix en configuration multijoueur.
Ces petits défauts n'empêchent pas le produit de remplir sa mission première, mais ils témoignent d'un positionnement tarifaire serré qui a imposé certains compromis. Pour un pack Ultimate facturé 199,99€, nous aurions apprécié ou pu attendre une finition un cran au-dessus, avec des matériaux plus nobles sur certains composants clés comme la pédale et le châssis du pistolet.
Crache ta crise temporelle, Myrhdin
La console G'AIM'E réussit son pari principal : ramener l'expérience des pistolets lumineux d'arcade dans nos salons sans compromis majeur sur la jouabilité. La technologie de suivi par caméra fonctionne remarquablement bien, l'installation est d'une simplicité désarmante, et le plaisir de rejouer à Time Crisis avec une pédale physique reste intact trente ans après. Mais nous ne sommes pas face à un produit parfait. L'absence de recul mécanique, la ludothèque fermée et limitée (pour l'instant, oui, on espère que ça changera) à quatre jeux, les options minimalistes et certains détails de fabrication perfectibles rappellent qu'il s'agit d'un produit de niche positionné sur un équilibre délicat entre nostalgie et contraintes budgétaires.
À 99,99€ pour le pack Basic avec Time Crisis seul, le rapport qualité-prix semble correct pour les fans purs et durs du titre. À 149,99€ avec la pédale et trois jeux supplémentaires, le pack Premium devient plus intéressant et représente sans doute le meilleur compromis. Le pack Ultimate à 199,99€ s'adresse quant à lui aux collectionneurs et aux amateurs de jeu à deux, mais la facture grimpe vite.
Nous recommandons cette console aux nostalgiques qui ont usé leurs dernières pièces dans les salles d'arcade des années 90 et qui souhaitent revivre ces moments sans quitter leur salon? Cela peut représenter un très bon cadeau de Noel si vous êtes encore en contact avec un ami de l'époque avec qui vous jouiez au jeu original sur borne d'arcade.
Les nouveaux venus au genre risquent de trouver le contenu un peu maigre pour le prix, surtout face à la richesse des catalogues des autres mini-consoles rétro du marché. Si Tassei Denki parvient à proposer des extensions ou une version 2.0 avec plus de titres, la G'AIM'E pourrait devenir une référence incontournable. En l'état, c'est un bel objet nostalgique qui remplit sa promesse, mais qui aurait mérité un peu plus d'ambition sur la durée de vie.
Ce test a été réalisé par Myrhdin avec un produit fourni par le constructeur. Sa rédaction n'est le fruit d'aucune transaction financière entre le rédacteur ou JeuxOnLine et le constructeur ou les entreprises le représentant.
| Activités | concepteur de produits électroniques |
|---|---|
| Création |
2006 (Japon) |
| Pays d'origine | Japon |









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