Test du Razer Nari Ultimate - Let's get ready to rumble!

Le nouveau casque Nari Ultimate de Razer se propose de transformer votre cerveau en compote. Cela vous semble attirant ? Non, pas à nous non plus, mais on a sacrifié quelques neurones pour la communauté JOL.

Il y a un domaine où les joueurs de PC sont constamment négligés par rapport aux joueurs console : l'haptique. Le feedback haptique est un pilier du jeu sur console depuis près de deux décennies maintenant, et pour de bonnes raisons. Une utilisation intelligente peut à la fois augmenter l'immersion et fournir une rétroaction inestimable aux joueurs.

Razer se lance dans l’aventure avec un casque á 200 euros, le Nari Ultimate. On l’a eu sur les oreilles pendant quelques heures, et on partage nos impressions avec vous.

Ce qu’on a aimé

Le design

C’est une question de goût, et ce sera très souvent le cas dans ce test : on aime ou on n’aime pas. Le casque Razer est massif, principalement à cause de la “technologie” qu’il embarque. Il est vraiment gros, comme une très grande majorité des casques de la marque, ce qui le rend tout à fait inadéquat à une utilisation nomade. Il passera difficilement dans un sac normal, il n’est pas fourni avec une housse de transport : seul bon point, ses oreillettes qui tournent à 90° qui vous évitent 1) de vous étouffer quand vous mettez le casque sur vos épaules, 2) de perdre trop de place si vous avez un sac assez large pour le transporter.

Les oreillettes sont de bonne facture, lisses et agréables sur l’oreille. Le gel qu'elles contiennent assure que vos oreilles restent à température ambiante tout au long de votre session. Le serre-tête auto-ajustable est monté sur un élégant cadre en aluminium qui descend sur le plastique qui entoure les oreillettes. Une fois encore, on aime ou on n’aime pas, les trois serpents de la société ont été gravés sur les oreillettes et sont rétro-éclairés par la technologie Chroma, qui n’est pas disponible sur le Nari et le Nari Essential, les autres modèles de la série.

Le casque offre la plupart des boutons qui sont pertinents pour l’utilisateur sur PC : sur l’oreillette gauche, une touche pour couper le son, une roulette à bascule pour équilibrer l'audio du jeu et du chat, le bouton marche/arrêt, une entrée micro USB pour charger le casque, une prise casque de 3,5 mm et un micro rétractable qui est ingénieusement rétro-éclairé pour vous indiquer s’il est en marche ou non. À droite, une roulette de volume standard et une fente prévue pour accueillir l'émetteur-récepteur sans fil USB qui débloque les capacités sans fil du casque.

Seul petit bémol au niveau des boutons, sur lequel on reviendra plus en détail par la suite, il n’y a pas de bouton pour désactiver la fameuse technologie de feedback haptique, l’HyperSense, ou même l’ajuster. Vous devez impérativement passer par le logiciel fourni.

Le software

Comme tout produit Razer, le casque Nari Ultimate est connecté au logiciel Synapse, qui vous permet de personnaliser votre audio (en plus de gérer l’aspect rétro-éclairage, comme de coutume) : vous pourrez y activer le THX Spatial Audio (pour activer ou non le son surround), gérer les paramètres pour certaines applications, et gérer des réglages comme le Bass Boost, Sound Normalization, Voice Clarity ou encore l’Haptic Sensitivity. Vous aurez aussi dans le logiciel un égaliseur complet ainsi que des préréglages pour les différents types de média que vous pourrez lire.

Le microphone est aussi très personnalisable : vous avez des options pour régler son volume, sa sensibilité ou son niveau d’activation, mais aussi des choix plus avancés pour réduire la capture du bruit ambiant ou améliorer la clarté de la voix.
C’est vraiment une interface complète qui nous est livrée avec ce produit, bien loin des deux ou trois options que l’on avait à disposition pour le test du Seiren, le micro de Razer. Un bon point pour lequel on ne peut qu’encourager Razer à continuer ses efforts, même si l’on doit avouer ne pas vraiment apprécier la dépendance à un logiciel tiers.

Le poids

C’est sans doute très personnel, et on se doute que ce ne sera pas vraiment un point positif pour tout le monde, mais on a particulièrement apprécié le poids du casque sur nos oreilles. Il émarge à plus de 400 grammes, et si certains pointeront du doigt la fatigue sur le long terme, on leur répondra qu’en plus de 200 heures d’utilisation en mode bureautique et gaming, cela n’a jamais été le cas pour nous. Nos oreilles étaient parfaitement enveloppées, le poids reposait sur le dessus de notre crâne et la structure du casque (on le rappelle, auto-ajustable) a toujours réparti le poids idéalement.

Par contre, si vous êtes un afficionado des coiffures à gel, oubliez, parce que le casque écrasera tout sur son passage.

Ce qu’on a moins aimé

Le son et les vibrations

Le truc du Nari Ultimate, c'est qu'il est propulsé par une technologie haptique, aussi connue sous le nom de Razer HyperSense, qui est conçue pour faire trembler le casque en fonction des signaux audio de tout ce que vous écoutez. Le souci, c’est qu’on a rarement trouvé une situation dans laquelle cela sonnait approprié ou adéquat : on a pourtant testé un peu de tout, du FPS au jeu de stratégie, mais cela semblait rarement approprié. Sur Shadow of the Tomb Raider ou Vermintide 2, par exemple, les dialogues pendant les cutscenes sonnaient déformés, bien trop dans les basses, et les musiques de fond pouvaient vous faire vibrer les tympans jusqu’à saturation. Seule solution, ajuster le son et ne jamais, au grand jamais, jouer avec le son au delà de 75% de puissance. Le souci, c’est que si vous enlevez l’HyperSense, non seulement vous n’avez plus vraiment de raisons d’acheter ce casque, mais en plus le son est étouffé et la directionnalité complètement absurde.

Paradoxalement, l'HyperSense fonctionne très bien avec la musique et amplifie les basses de manière assez agréable et permet de vraiment donner une nouvelle couleur à des morceaux où la basse joue un rôle primordial. Seul souci, c’est là encore une distraction et le reste du son sonne vraiment comme un marasme où se mêlent chant et guitare, surtout quand vous écoutez sans l’HyperSense. Et une fois encore, pourquoi acheter ce casque si ce n’est pas pour utilisez l’HyperSense ? On a fait le test avec des collègues de bureau : leurs réactions à l’écoute de leur morceau favori du moment avec HyperSense activé allait de “Pourquoi je sens ma musique?” à “Mais… Ca sert à rien”, en passant par “Le casque glisse”.

Le Nari Ultimate a une plage de fréquence très basique de 20Hz - 20,000Hz, comme des millions d'autres casques de jeu, et cela signifie qu'il manque de clarté et de détails, ce qui est assez surprenant quand on le compare à un des derniers porte-étendards de la marque, les Threshers prévus pour console, qui sont pourtant dans la même gamme de prix mais proposent un son beaucoup plus complexe et détaillé, avec des haut-parleurs conçus pour une plage de fréquences de 12Hz à 28 000Hz. Le Nari est peut-être aussi un peu lourd en basse, ce qui atténue un peu les sons haut de gamme.

Le manque de stabilité

Le dernier point noté par mes collègues est bien un des principaux soucis qu’on a noté sur ce casque : il glisse en permanence de vos oreilles ou sur vos cheveux dès lors que vous tourner la tête à droite ou à gauche… On n’ose pas imaginer ce que cela donnerait si vous n’en avez pas. Le fait est que tout mouvement un peu brusque de votre tête enverra vraisemblablement le casque loin de vos oreilles : si vous avez deux écrans et passez rapidement de l’un à l’autre, vous aurez vraisemblablement à réajuster la position du casque. Si vous avez tendance à headbang tout en tapant sur un bon morceau de Sabbath, vous devrez en faire de même après quelques mesures, le phénomène est moindre sur les mouvements d'avant en arrière.

Alors attention, on ne parle pas d’un mouvement au point que le casque vous échappera ou tombera, mais il ne sera plus dans cette position optimale que vous aviez auparavant. Le casque bouge simplement autour de vos oreilles, ce qui est particulièrement désagréable sur le long terme.

C’est sans doute lié au poids du casque (qui est un point fort à nos yeux, même si c’est soumis à débat) , mais cela montre que l’armature n’est pas encore optimale pour le gérer.

L’absence d’annulation active des sons environnants

C’est sans doute LA fonction qui nous a le plus manqué sur ce casque, parce que c’est sans doute la prochaine amélioration pour améliorer l’immersion du joueur sur les casques Razer : maintenant qu’ils ont mis en place une technologie de feedback actif, il faut vraiment qu’ils travaillent à l’intégration d’une solution qui accompagnera le tout d’une annulation active des sons environnants. Dans les faits, les tremblements liés à l’HyperSense isolent un peu le bruit, mais dans les moments les plus calmes ou avec les musiques d’ambiance les plus douces, vous pouvez tout à fait écouter et participer à des conversations autour de vous si vous utilisez l’appareil à un niveau raisonnable.

Razer a pour cela une solide concurrence que ce soit du côté de SteelSeries ou de Plantronics, mais nous ne doutons pas que c’est dans les plans de la marque aux trois serpents.

La durée de vie (par défaut) de la batterie

Selon le site Web de Razer, le casque Nari Ultimate peut être utilisé jusqu'à 8 heures en charge maximale avec l'éclairage Razer Chroma et HyperSense activé, et jusqu'à 20 heures avec ces fonctions (et d’autres) désactivées via Synapse.

Dans les faits, le modèle auquel on a eu accès n’a jamais dépassé les 7 heures à charge et 18h en mode “économie d’énergie”. C’est possiblement lié au fait que ce n’était pas un appareil neuf et que la batterie avait subi des maltraitances en tout genre dans les mains d’un rédacteur moins regardant. Mais dans les faits, cela reste une performance louable, même si elle est un peu limitée pour des gamers habitués à jouer sur de plus longues sessions le week-end par exemple.

On s’est retrouvé avec un casque déchargé plusieurs fois vers 18h ou 19h un samedi ou un dimanche, alors même que notre journée de jeu n’était pas finie. Utilisation intensive, donc, mais pas vraiment inhabituelle ou extrême. Il y a de la place pour de l’amélioration.

Il peut être important de le mentionner, mais le Razer Nari Ultimate n'a pas besoin d'être alimenté pour se brancher à quoi que ce soit avec une prise audio de 3,5 mm. Vous perdez cependant bon nombre des fonctions de l’appareil se faisant, au premier rang desquelles l'HyperSense.

Crache ton tremblement de terre, Myrhdin

Entre ses problèmes de qualité de vie et le son terne (pour ne pas être plus méchant), le Razer Nari Ultimate est en l’état difficile à recommander : ce qui justifie son existence même et son prix élevé (199€), l’HyperSense, est au final ce qui réduit la qualité du son qu’il fournit.

En l’état, même Razer propose des alternatives de bien meilleure facture en terme de qualité sonore, bien sûr, sans l’HyperSense, qui est encore un peu trop gadget : les Threshers Ultimate sont dans la même gamme de prix et proposent une qualité de son dont le Nari ne peut que rêver en plus d’être un tantinet plus confortable.

Et puis bon, histoire de satisfaire tant ceux qui n’aiment pas Razer par principe que ceux qui crieront encore à l’article sponsorisé, on vous recommandera de regarder du côté de SteelSeries, où les Arctis 7 proposent des performances audio de premier ordre, un confort difficilement égalable et plus passe-partout que le Nari, en plus d’une connectivité très efficace avec un capteur qui est toujours performant, à plus de dix mètres.

En une phrase comme en cent, nous recommandons d'éviter le Razer Nari Ultimate POUR LE MOMENT : l’idée est excellente, mais la technologie n’est pas encore tout à fait au point. Si vous mourez d'envie de vous faire exploser les tempes à chaque fois que vous prenez un tir à la tête dans Battlefield ou Call of Duty, on ne saurait trop vous recommander d’attendre les prochaines itérations de la marque avec cette technologie. On se demande d’ailleurs s’ils n’essaieront pas de l’intégrer d’une manière ou d’une autre dans leurs autres périphériques, comme SteelSeries avait essayé de le faire avec une souris, la Rivals 500, par le passé.

Ce test a été réalisé par Myrhdin grâce à un périphérique fourni par le constructeur et sa rédaction n'est le fruit d'aucune transaction financière que ce soit entre le rédacteur ou JeuxOnLine et le constructeur ou les entreprises le représentant.

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Création 1998
Pays d'origine États-Unis d'Amérique
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